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Une équipe de chercheurs mène une recherche pour en savoir davantage sur l’état, en Alberta, de la population des spermophiles de Franklin, communément appelés écureuils terrestres.
Ces rongeurs se distinguent par leur tête grise et leur longue queue touffue. Ils sont également réputés pour leur très grande discrétion.
Les scientifiques soupçonnent que leur population est en déclin.
C’est pour en avoir le cœur net que des biologistes de l'Université MacEwan et de l’organisme Nature Alberta ont décidé d’en faire un objet d’étude, comme l’explique la directrice du projet, Jess Haines, spécialiste de la faune sauvage.
Le statut du spermophile de Franklin est actuellement classé comme indéterminé par le gouvernement de l’Alberta. Cela signifie qu’il n’y a pas suffisamment de données pour déterminer l’état de l’espèce.
Le projet de recherche vise à prouver que sa population a effectivement diminué, ce qui permettrait de lancer le processus visant à faire reclasser ce rongeur dans la catégorie des espèces en péril.
En Alberta, aucune espèce d’écureuil terrestre n’est actuellement considérée comme menacée. On en dénombre 14 espèces dans la province, dont 5 sont des des écureuils terrestres.

Un spermophile de Franklin en train de se délecter de framboises.
Photo : Fournie par Jess Haines
Jamais sans habitats naturels
Pour s'épanouir et survivre, les spermophiles de Franklin ont strictement besoin d’habitats naturels comportant des broussailles denses et des zones boisées.
Ils diffèrent en cela des spermophiles de Richardson, que les anglophones appellent communément gophers, qui, pour leur part, peuvent prospérer dans des environnements modifiés par l’homme, tels que les pâturages et les terrains de golf.
Selon Jess Haines, la conversion des terres servant d’habitats naturels aux spermophiles de Franklin à des fins d’exploitations agricoles et d’expansion urbaine a directement entraîné le déclin de ce rongeur autrefois très répandu.
D’après ce que nous savons, on les trouvait autrefois partout dans le centre de l’Alberta, jusqu’au sud de la forêt boréale et peut-être même dans les contreforts. Aujourd’hui, ils ne subsistent plus qu’en très peu de populations.

Un spermophile de Franklin photographié en Alberta. Ce rongeur se distingue, entre autres, par sa tête grise et sa longue queue.
Photo : Myrna Pearman
Quelques foyers connus
Parmi les sites connus où l'on peut encore trouver des spermophiles de Franklin, on peut citer le parc provincial du lac Wabamun, les alentours du lac Pigeon, le parc provincial de Dry Island Buffalo Jump, le parc provincial de Rochon Sands et le lac Buffalo.
Certaines populations semblent vraiment robustes et se portent bien, se réjouit Jess Haines. Elle affirme toutefois que la situation d’autres populations fait craindre le pire, soit les voir disparaître dans les deux prochaines années.
Jess Haines note une autre caractéristique qui fragilise les populations de spermophiles de Franklin : ces rongeurs sont moins grégaires contrairement à d’autres qui vivent en grandes colonies. Ainsi, ils sont plus exposés au risque de disparaître d’une zone simplement parce qu’ils sont peu nombreux, affirme-t-elle.

Les spermophiles de Franklin capturés sont munis de puce électronique avant d'être relâchés dans la nature.
Photo : Fournie par Jess Haines
Les chercheurs sollicitent l’aide du public
Dans le cadre de leur étude, les membres du projet consacrent beaucoup de temps à rechercher les spermophiles de Franklin, qu’ils capturent brièvement, recueillent des données telles que leur poids et leur sexe, puis leur implantent une puce électronique, avant de les relâcher dans la nature.
Dans ce même cadre, ils invitent le public à leur faire part de toute observation récente ou antérieure de ces rongeurs, en passant par iNaturalist, une plateforme permettant de partager des photos et des enregistrements audios de la faune sauvage à travers le monde.
Depuis 2022, 188 observations de spermophiles de Franklin ont été transmises à travers iNaturalist.
Grâce à ces contributions, les chercheurs peuvent retracer les lieux où l’espèce vivait autrefois et ceux où elle est encore présente dans la province.
Avec les informations (nouvelle fenêtre) d’Amir Said


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