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REPORTAGE - Après avoir attaqué son voisin cambodgien en 2025, la Thaïlande a annexé une frange de son territoire, contraint des centaines de milliers de civils à l’exode et partiellement détruit des vestiges angkoriens, dont le temple de Preah Vihear, classé au patrimoine mondial de l’Unesco.
« Cambodge , c’est comme Ukraine ! » Chan, tuk-tuk à Phnom Penh, est un artiste du raccourci. Au propre comme au figuré. Oui, des similitudes existent : le nationalisme décomplexé de l’agresseur, sa haine revancharde attisée par le révisionnisme, sa brutalité. Mais la comparaison s’arrête là. Ici, dans les veines engorgées de la capitale cambodgienne, où chacun force son passage par évitement ou intimidation, au gré de ses propres urgences et au mépris de toute règle, le chaos urbain suscite une autre analogie.
Dans le rétroviseur de Chan, c’est la marche du monde qui s’expose en miniature. Un monde où prévaut la loi du plus fort. Où un État peut planter son drapeau chez son voisin, s’y barricader, détruire un monument du patrimoine mondial, sans craindre ni sanction ni mise au ban. Pacta sunt servanda (les accords doivent être respectés), proférait la convention de Vienne en 1969. C’était avant. Le conflit qui oppose Thaïlande et Cambodge ne fait pas les gros titres mais il a…


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