En psychologie, on appelle ça emotional whiplash, «coup du lapin émotionnel» en français. Le fait de passer rapidement d’une émotion à l’autre, de se sentir heureux puis extrêmement triste, en colère ou anxieux l’instant d’après, ou vice versa. Ce terme s’applique parfaitement à la dernière Fashion Week femme de Paris, qui s’est déroulée entre le 28 septembre et le 6 octobre, au moment où le mouvement social des lycéens a connu un pic d’intensité en France. Pour qui logeait près d’une école secondaire – comme l’auteure de ces lignes –, il était troublant de voir une jeunesse désillusionnée et chauffée à blanc à 8h30 du matin, et d’assister au défilé d’une marque de luxe 120 minutes plus tard. De même, en un scroll sur les réseaux sociaux, on passait de la vidéo d’un lycéen convulsant après avoir reçu du gaz lacrymogène à une immersion dans le défilé nocturne de la maison Yves Saint Laurent, organisé sous trois lustres géants et face à la tour Eiffel illuminée.
La question du langage vestimentaire amplifiait cette impression de naviguer entre deux réalités parallèles. Chaque jour sur Instagram, des lycéens recommandaient d’éviter les habits amples offrant des prises faciles lors des mouvements de foule ou des interpellations. Pendant ce temps, des formes aussi majestueuses que la crinoline, la traîne d’empereur ou la manche ballon déferlaient sur les podiums printemps-été 2027, d’Acne Studios à Chanel en passant par Chloé et Rick Owens. La mode occidentale serait-elle à l’ouest? A l’analyse, pas tant que ça.


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