NE LAISSER PAS LE 5G DETRUIRE VOTRE ADN Protéger toute votre famille avec les appareils Quantiques Orgo-Life® Publicité par Adpathway
Une chronique d'Isabelle de Laminne, économiste
La Côte belge a des traditions qui lui sont propres. Entre cuistax et babeluttes, il y en a une qui est très particulière : les magasins de fleurs en papier sur le sable. On ne les trouve en effet que sur nos plages sablonneuses. Les traces les plus anciennes de ces magasins remontent vers les années 1920. La Flandre a même reconnu les strandbloemen comme patrimoine culturel immatériel. "La Flandre a reconnu les "strandbloemen", ces fleurs en papier réalisées et "vendues" par les enfants, durant l'été à la mer, comme patrimoine culturel immatériel, a annoncé l'organisme Kusterfgoed. Les fleurs colorées en papier crépon, trônant sur une tige de bois, sont "vendues" l'été sur des "comptoirs" de sable en échange de quelques coquillages. Cette tradition est pour ainsi dire restée inchangée depuis des décennies" (1).
Va-et-vient d'enfants munis de seaux remplis de coquillages
Ces fleurs sont souvent confectionnées par les mères avec du papier crépon sur des tiges en bois. À noter que certains enfants ne disposent pas d'un stock préalable de fleurs. Ils en achètent pour se créer un magasin grâce aux coquillages ramassés le long de la grève. Ces coquillages doivent être secs et vides. On doit éviter les coquilles de moules ou les coques cassées. Ils sont transportés d'un magasin à l'autre dans des seaux de plage. Les magasins sont souvent aménagés dans un trou décoré de façon à attirer le chaland. On peut ainsi observer sur nos plages le va-et-vient d'enfants munis de seaux remplis de coquillages qui se dirigent vers ces magasins et qui reviennent ravis, délestés d'une partie de leur butin mais munis d'une ou deux fleurs qu'ils s'empressent de planter fièrement dans leur petite échoppe.
Ces coquillages sont bien une monnaie
Les coquillages représentent donc la monnaie d'échange de ces fleurs. Les traditions ont évolué dans le temps et selon les stations balnéaires. Mais, généralement, le prix de chaque fleur est estimé en poignées de coquillages, ailleurs en un certain nombre de couteaux ou de tourelles. Les enfants de la mer du Nord ont donc créé, de façon très poétique, leur propre monnaie qui ne sert qu'à un but précis : l'achat de fleurs en papier. Mais peut-on vraiment considérer ces coquillages comme une monnaie ? Une monnaie est une unité de compte qui permet de comparer des biens et services. Ici, c'est bien le cas puisque les coquillages permettent de comparer le prix de chaque fleur. De plus, les coquillages peuvent aussi être considérés comme un moyen d'épargne. En effet, ils peuvent être stockés pour être utilisés la saison suivante (sans procurer de rendement). L'échange de coquillages est basé sur la confiance. Ils bénéficient de la pleine confiance des enfants sur la plage. Ils sont donc bien une monnaie d'échange.
Payer son voyage sur le tram de la côte avec une fleur en papier
Et cela se vérifiera cet été avec une autre particularité de la côte belge : le Kusttram, le tram de la côte. Avec ses 70 arrêts et 67 kilomètres de long, ce moyen de transport unique au monde permet de parcourir le littoral belge en un peu plus de deux heures. Inaugurée en 1885, il s'agit de la plus longue ligne de tram au monde. Si vous vous installez à l'arrière du tram, vous pourrez découvrir la diversité des stations balnéaires entre Knokke et La Panne comme dans un film. La partie la plus spectaculaire et la plus poétique se situe sans doute le long du domaine de Raversijde lorsque le parcours s'étend entre dunes et plage.
Le tramway de la côte belge : la plus longue ligne au monde en voie métriqueLa compagnie De Lijn qui exploite cette ligne a eu l'idée originale de combiner la particularité du tram de la côte avec la tradition belge des magasins de fleurs en papier. Durant l'été, les enfants de moins de 12 ans peuvent ainsi payer leur voyage avec une fleur en papier. "Le Kusttram est un bel exemple de la manière dont nous connectons nos voyageurs qui comptent vraiment. […] Même nos plus petits voyageurs comptent sur lui pour se rendre à leur château de sable ou à leur boutique de plage. […] Les voyageurs de moins de 12 ans peuvent utiliser une fleur de plage pour payer leur trajet en juillet et août", peut-on lire sur le site de De Lijn et y visionner par la même occasion une vidéo expliquant comment fabriquer une fleur en papier. La compagnie de transport flamande a ainsi réussi à combiner deux aspects originaux et poétiques de notre littoral. Et elle confirme par la même occasion la valeur "monétaire" des fleurs en papier.
=> (1) Source : https://www.lesoir.be/349167/article/2021-01-15/les-fleurs-en-papier-des-plages-belges-reconnues-comme-patrimoine-culturel
Les textes qui paraissent dans la rubrique Débats sont des contributions externes, qui n'engagent pas la rédaction.


1 day_ago
37


























.jpg)






French (CA)