La malice est une résistance. La matière de nos rêveries un royaume irréductible. C’est ce qu’on se dit devant Such a Devoted Bunch, création à quatre mains de la chorégraphe romande Ruth Childs et de la plasticienne française Cécile Bouffard. Le Pavillon ADC à Genève ne pouvait rêver mardi soir lancement de saison plus espiègle et philosophique à la fois que cette échappée pour trois danseuses, Marta Capaccioli, Mona Fellah et Cosima Grand.
A quoi tient le plaisir que procure Such a Devoted Bunch, à l’affiche de La Bâtie-Festival de Genève jusqu’à samedi? A l’éloge de la marotte, de la lubie, comme disent Cécile Bouffard et Ruth Childs. Le jeu comme enjeu esthétique – pour cette pièce – et existentiel – pour vous, pour moi. Voyez cette entame. Concentrées comme dans le grenier de l’enfance, trois femmes, en jupes ou pantalon jean, mocassins et chaussettes blanches. Accroupies devant un puzzle, elles cherchent les pièces d’un paysage perdu. C’est une allégorie de ce qui vient. Car il s’agira bien de cela: accorder des saynètes merveilleusement divagatrices sans jamais expliciter ce qui les relie.


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