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Quelques semaines après les prochaines élections municipales, qui se tiendront les 15 et 22 mars 2026, l’Agglo du Cotentin élira son nouveau bureau communautaire.
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Par Julien Munoz Publié le 7 janv. 2026 à 16h56
Ce jeudi 8 janvier 2025 au soir, Christèle Castelein, présidente de l’Agglo du Cotentin, adressera ses vœux au territoire, à Valognes (Manche). Une première pour elle, quelques semaines avant la fin du mandat. Probable candidate à sa propre succession à la mairie de Saint-Cyr-Bocage, le sera-t-elle aussi pour briguer de nouveau le fauteuil de la présidence de l’intercommunalité ? Elle doit lever le doute sur ses intentions ce mois-ci.
Bien plus qu’un « troisième tour » ?
En mars, après le départ de David Margueritte vers le Sénat, la campagne pour le remplacer a parfois fleuré bon le retour des clivages des débuts : la ruralité et la ville, avec une pincée de politique au milieu. Et ce sentiment, persistant, que l’élection ne s’était pas réellement jouée sur le fond des sujets.
L’Agglo reste une structure jeune, encore fragile. La voilà à un nouveau tournant, alors que la dynamique et les perspectives d’avenir ont été largement renforcées ces dernières années.
L’Agglo est désormais centrale dans la mise en place de grandes politiques publiques et dans le montage de projets structurants sur le territoire. Elle est devenue incontournable, parce qu’elle n’est pas seulement l’addition de ce qui existait auparavant, et parce qu’elle est entrée dans le quotidien des habitants.
Si, au sein du conseil communautaire, on se refuse à parler de majorité et d’opposition, l’incarnation de la présidence est un enjeu majeur, appelée à donner le cap et à assumer des décisions politiques. Alors, ces prochaines semaines, il faudra tout regarder. Les listes des uns et des autres, les alliances possibles.
« Ce serait une victoire illusoire de croire qu’on peut construire l’Agglo contre Cherbourg, Valognes et La Hague », expliquait au printemps Jean-Louis Valentin, premier président du Cotentin, qui avait quitté la vie politique locale en 2020.
Jean-Louis Valentin de retour à Valognes
Surprise. Ce jeudi 7 janvier 2025 au matin, Jacques Coquelin confirmait à La Presse de la Manche la véracité d’une rumeur qui agitait le landerneau politique ces derniers jours. Oui, Jean-Louis Valentin sera sur la liste du maire sortant pour les municipales à Valognes. Il sera également sur la liste communautaire.
C’est à Jean-Louis Valentin de décider, mais personnellement, je souhaite de tout cœur qu’il se présente à la présidence de l’Agglo.
Difficile d’imaginer, en tout cas, que l’intéressé, qui n’avait pas souhaité commenter l’information en début de semaine, revienne sans l’envie de porter une ambition. Homme de droite, il a démontré parfaitement pouvoir travailler avec la gauche lors de son mandat.
« La ficelle est un peu grosse, la veille des vœux… », commentait-on sobrement du côté de l’Agglo ce mercredi.
Un autre ex-président pourrait-il revenir dans la course ? Fin décembre, le sénateur de la Manche David Margueritte ne fermait pas complètement la porte.
Je veux être utile où je suis. Je n’ai pas perdu la connexion avec le terrain, que j’aime tant. Comme je l’ai dit en septembre, être élu local est un mandat magnifique. Je le pense toujours.
« La présidence doit être au service des maires, et non pas au service d’elle-même »
Récemment, Jean-Marie Lejeune, candidat à la mairie de Cherbourg-en-Cotentin, jugeait « indispensable » que le futur maire de la grande commune nouvelle prenne aussi la tête de l’Agglo.
Interrogé sur le sujet mi-décembre, Benoît Arrivé a posé la question autrement.
« Le fait de savoir qui sera le président ou la présidente, ce n’est pas mon sujet, indiquait-il, Ce qui m’importe, c’est que l’Agglo travaille dans le bon sens, qu’elle soit au service des communes, et non pas au service d’elle-même. Je souhaite aussi que la présidence soit au service des maires, et non pas au service d’elle-même. L’Agglo doit revenir aux fondamentaux de sa création. »
À la base, la grande intercommunalité avait été créée par la volonté des communes de mutualiser et faire ensemble ce qui ne pouvait être fait seul. Benoît Arrivé estime que cette idée a été quelque peu dévoyée dans le temps, et appelle à remettre l’Agglo « en bonne ligne ». « L’Agglo doit être capable de dire comment je peux t’aider ? à une commune qui a des difficultés, plutôt que dire à un maire si tu as des difficultés, tu n’as qu’à me transférer ton équipement et ta compétence, argumente l’élu. Ce n’est pas la même philosophie… »
Les nouveaux paradoxes
Au printemps, les noms de Manuela Mahier ou de David Legouet ont parfois été cités. De son côté, Camille Margueritte occupe aujourd’hui l’ancienne vice-présidence de Christèle Castelein, chargée des relations avec les territoires, de la proximité et de la ruralité.
En mars, des maires indiquaient avoir besoin « d’un président qui soit en capacité de comprendre et d’entendre des dizaines de petites villes et villages » du territoire, et qui « ne souhaite pas une idéologie purement urbaine » du développement dans la ruralité. Il reste, ici et là, le sentiment chez certains élus d’être éloignés des prises de décisions.
Et puis, un paradoxe s’installe, au fil des années. Si l’Agglo est riche, les communes sont de plus en plus pauvres, fragilisées par les décisions nationales. Il y a ces maires qui soutiennent les projets à coups de millions de l’Agglo mais qui s’inquiètent de ne plus toujours avoir les moyens de changer la chaudière de l’école et de réparer la salle des fêtes de leur commune.
Trouver de nouvelles réponses quant aux attentes sur le partage financier sera assurément l’un des grands enjeux des prochains mois.
Une passionnante bataille politique s’annonce.
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