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Dans la vallée de Tonquin, qui borde l’arrière-pays du parc national Jasper, en Alberta, une population de caribous frôle l’extinction locale. Or, un centre d’élevage unique en son genre pourrait changer la donne.
Ce printemps, le centre a vu la naissance de sept bébés caribous.
Ils sont tous en bonne santé, explique Jean-François Bisaillon, responsable du programme de rétablissement du caribou de Jasper. Ça a été une année très importante pour le programme.
Mis sur pied entre 2023 et 2024, le Centre d’élevage de conservation du caribou est le fruit d’un investissement de 40 millions de dollars par Parcs Canada, et roule sur un budget annuel de 2 millions.
Le complexe s’étend sur l’équivalent de 95 terrains de football.
Il permet au personnel de déplacer les animaux à travers des ronds-points avec le moins d'interactions humaines possible.
À l’heure actuelle, seuls 50 caribous sauvages, dont 11 femelles reproductrices, peuplent la région de Jasper-Banff, qui englobe la zone située au sud de la route 16, dans le parc national Jasper et dans l’ensemble de celui de Banff.
Le caribou qui parcourt la vallée de Tonquin est le seul dont certains individus vivent encore à l'état sauvage.
L'objectif est donc de repeupler ce troupeau pour atteindre 200 individus, un objectif qui devrait prendre de cinq à dix ans.
Par la suite, le programme entend recentrer ses efforts sur le repeuplement des troupeaux des régions de Brazeau et de Maligne.

La disposition des enclos permet le déplacement des animaux vers d'autres enclos et vers la grange principale pour des soins vétérinaires.
Photo : Radio-Canada / Maggie Kirk
La vie en captivité
En mars dernier, une équipe de 30 employés de Parcs Canada est parvenue à capturer 10 caribous sauvages, dont sept femelles enceintes, pour les amener au centre.
Une fois sur place, les femelles sont placées dans un enclos sécurisé pour pouvoir y mettre bas et allaiter, loin des prédateurs.
À partir du mois de juin, quatre faons mâles seront relâchés dans la vallée de Tonquin, alors que les femelles demeureront sur place pour constituer le troupeau reproducteur.
Ce dernier atteindra sa capacité maximale une fois que le centre comptera 40 femelles reproductrices en captivité. Jean-François Bisaillon prévoit de relâcher entre 26 et 34 petits chaque année.
Un déclin sur plusieurs décennies
Selon Jean-François Bisaillon, le déclin s’explique en partie à cause d’une mauvaise gestion historique de l’espèce.
Au début des années 1920, les équipes du parc national ont voulu réintroduire les wapitis dans la région. Pour en assurer la survie, une lutte intensive contre les loups a eu lieu jusqu’en 1959.
Une fois que nous avons arrêté cette lutte aux loups, ceux-ci se sont retrouvés avec une abondance de proies. La population de loups a donc considérablement augmenté au fil du temps, ce qui a exercé une forte pression sur la population de caribous, explique-t-il.
Or, selon Tara Russell, directrice de programme au chapitre du Nord de l’Alberta de la Société pour la nature et les parcs du Canada, il est impératif que la protection des environnements alpins soit préservée pour assurer la survie des caribous de l’Alberta.
Il ne faut pas laisser nos autres populations de caribous à travers la province en arriver au point où leur seul espoir réside dans cette mesure d’élevage et de conservation, qui est extrême, souligne-t-elle.
Avec les informations de Maggie Kirk


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