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À Gaza, l’impasse persiste. Les Palestiniens n’ont toujours pas les moyens de reconstruire avant l’hiver, ni de retrouver leurs disparus, dont certains pourraient être détenus en Israël ou ensevelis sous les décombres depuis bientôt trois ans.
Publié le 06/09/2026 18:51 Mis à jour le 06/09/2026 21:19
Temps de lecture : 2min
Le 5 septembre 2026, des membres de la Protection civile fouillent les décombres de la tour Al-Muhandisin, détruite lors des frappes israéliennes. (EYAD BABA / AFP)
À Gaza, des milliers de personnes sont toujours portées disparues. Certaines pourraient être mortes sous les décombres, d'autres pourraient avoir été arrêtées. Pour leurs proches, l'attente continue, parfois depuis plus d'un an.
C'est le cas d'Essam Hamad. Ce père de six enfants n'a plus donné signe de vie depuis le 14 août 2025. Ce jour-là, il roulait à vélo sur l'une des principales artères de la bande de Gaza, près de Deir al-Balah, lorsqu'il a disparu.
"Le jour de son départ, une opération militaire israélienne était en cours dans la ville voisine de Qarara. Il a peut-être emprunté un chemin dangereux sans se douter qu'il y avait une opération. Nous avons alors pris contact avec le Comité international de la Croix-Rouge et tous les hôpitaux", raconte son grand-frère.
"Pour le moment, nous n'avons reçu aucune réponse."
Le grand-frère d'un disparu
à franceinfo
Pour la famille d'Essam Hamad, l'hypothèse d'une arrestation est la plus probable. Selon l'ONG israélienne Hamoked, 1 300 Palestiniens originaires de Gaza sont détenus sans charges avérées dans les prisons civiles israéliennes. Ces disparus s'ajoutent aux milliers de personnes qui pourraient être mortes sous les décombres. Le Comité international de la Croix-Rouge estime à 5 000 le nombre de personnes portées disparues à Gaza.
"Nous devons être réalistes par rapport à l'ampleur du chantier qui est devant nous. Il y a encore des milliers de personnes portées disparues. Leurs proches continuent à les chercher. Certaines d'entre elles sont sans doute mortes. Leurs dépouilles n'ont pas été retrouvées. Elles sont sans doute sous les débris à Gaza ou elles n'ont pas été identifiées par les méthodes médico-légales. Ces disparus de Gaza seront retrouvés un jour", explique Patrick Griffiths, l'un des porte-parole du Comité international de la Croix-Rouge.
"Il y a des cas où on apporte une réponse aux familles. Ce n'est pas forcément la réponse espérée. C'est souvent une confirmation que leur proche est mort. Mais ils ont tout de même une réponse et peuvent vivre leur deuil selon leurs traditions. Ils y trouvent un certain réconfort car ils ne vivent plus dans l'incertitude", poursuit Patrick Griffiths.
À Gaza, des corps sont découverts régulièrement, mais les recherches avancent très lentement. Les opérations de déblaiement sont notamment freinées par le manque de matériel lourd, comme les bulldozers. L'entrée de certains équipements nécessaires au dégagement des décombres reste soumise aux restrictions israéliennes.
Cette question des disparus s'inscrit dans un bilan humain qui continue de s'alourdir. La guerre a fait 73 000 morts à Gaza, selon le ministère de la Santé du Hamas, dont 1 200 depuis le cessez-le-feu. L'ONU considère généralement les données de ce ministère comme fiables. Le bilan réel pourrait être plus élevé, puisqu'il ne comprend pas les personnes toujours portées disparues.
Dans le même temps, les négociations restent dans l'impasse. Le Hamas a, selon le Conseil de la paix, accepté de désarmer, tandis qu'Israël refuse de se retirer de certaines zones qu'il contrôle dans l'enclave.
Pour les familles des disparus, ces discussions politiques se déroulent sur fond d'une autre attente : celle de retrouver un proche, vivant ou mort, et de pouvoir enfin mettre un terme à l'incertitude.


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