Invité par le Musée d’art contemporain Helga de Alvear, à Cáceres, à concevoir une anthologie de son parcours, Thomas Hirschhorn a mis sur pied une exploration inspirée par L’Atlas Mnémosyne d’Aby Warburg, exposée actuellement à Coire, au Musée d’art des Grisons. L’Allemand Aby Warburg (1866-1929) avait conçu un système de planches où il organisait des centaines d’images, selon une approche qui rompait avec les lectures traditionnelles de son domaine. Dans son guide de l’exposition, Thomas Hirschhorn dit son admiration pour celui qui a «libéré le domaine académique de l’histoire de l’art de ses catégories rigides et de ses contraintes chronologiques. J’adore le fait qu’il ait donné à son œuvre une forme aussi géniale, puissante, audacieuse et universelle.»
Le travail de Warburg, interrompu par son décès, est resté sans écrit pour l’accompagner. Hirschhorn, lui, a choisi de ne pas ajouter de commentaires à ses planches afin de laisser place notamment «à la dynamique, aux amplifications, aux tensions, aux mouvements pendulaires, aux juxtapositions, aux polarités». Il a recouvert 45 panneaux de cartons (2,40 m de haut, 1,60 m de large et 10 cm d’épaisseur), numérotés de 1 à 43 (deux panneaux sont doubles) de scotch noir pour ressembler aux tableaux où Warburg associait les images tout en restant dans les matériaux pauvres qui lui sont propres. Et il y a aligné documents – images ou écritures – dessins, esquisses, la plupart photocopiés, les originaux étant protégés par un plastique. Une poignée de vitrines et d’installations au sol prolongent certains panneaux.


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