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À ceux qui veulent mettre les retraités à contribution…

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C’est, contraint par une situation économique et financière du pays particulièrement délétère, aggravée par une conjoncture géopolitique préoccupante aux conséquences imprévisibles, que le Premier ministre a présenté les grandes lignes d’un budget 2027 marqué par un effort d’économies budgétaires de 54 Mds €. En fait, c’est un défi gigantesque auquel est confronté, à quelques mois de la prochaine élection présidentielle, le gouvernement qui ne dispose pas de majorité à l’Assemblée nationale, alors que le Parlement aura à trancher certaines mesures. Les seules certitudes, à ce stade, reposent sur le niveau abyssal d’endettement de la France (3 600 Mds €, plus de 119 % du PIB annoncés pour 2026) qui va continuer de se creuser pour atteindre près de 122 % en 2027. Quant au déficit public, après 5,1 % du PIB en 2025 et 5,4 % prévus pour 2026, le gouvernement vise les 5 % en 2027, un objectif qui semble très optimiste. De plus, aucune réforme structurelle visant à baisser les dépenses n’est envisagée par le gouvernement, ce qui obère toute possibilité réelle de réduction des déficits et de redressement du pays et conduit à une fuite en avant à la recherche désordonnée d’économies hypothétiques. C’est dans ce contexte malsain que certains, qui prétendent oeuvrer aux destinées de la France ou qui y ont déjà œuvré, nous expliquent que les retraités sont responsables de l’état des finances publiques et qu’il faut donc les mettre à contribution !

Le procédé est connu. Le but est de dresser les générations les unes contre les autres. C’est devenu une habitude en Macronie. Souvenons-nous de la gestion de la crise sanitaire du Covid-19 avec l’opposition, voire l’animosité, encouragée et entretenue entre « vax » et « anti-vax », sans oublier l’euthanasie de milliers de nos anciens pratiquée dans les EHPADs par l’injection de Rivotril. N’était-ce pas là un premier test, une première étape dans la recherche d’une solution pour le règlement du problème des retraites, la récente « loi sur l’aide à mourir » étant l’étape suivante ? Le résultat est effrayant. Dresser des enfants – qui seront eux-mêmes un jour retraités – contre leurs parents en les tenant responsables de leurs malheurs est simplement odieux et indigne de dirigeants politiques qui cherchent à masquer leur bilan catastrophique ! Mais ce n’est pas la première fois qu’ils s’en prennent lâchement aux retraités en s’attaquant à leur pouvoir d’achat. Les exemples sont, en effet, nombreux. Cependant, en ciblant les retraités, nos dirigeants, qui n’œuvrent manifestement pas pour le bien commun ou l’intérêt général, ignorent souvent ce que leurs prédécesseurs ont déjà accompli dans ce domaine. Rappel :

Dans le régime général, les parents ayant eu ou élevé au moins trois enfants bénéficient d’une majoration de 10 % du montant de la pension de base. Créée en 1945, cette majoration visait à l’origine à encourager la natalité et à compenser le déficit d’épargne des familles nombreuses. Jusqu’en 2013, cette majoration était exonérée d’impôt sur le revenu, mais la loi de finances pour 2014 a abrogé cette exonération. Depuis 2014, avec l’imposition des revenus de 2013, la majoration est entrée dans l’assiette de l’impôt sur le revenu comme le reste de la pension et est soumise aux prélèvements sociaux. Cette mesure, dont le rendement a été estimé à environ 1,2 Md €, devait contribuer au redressement des comptes de la Sécurité sociale et des retraites dans un contexte de déficit déjà manifeste. La mesure a concerné environ 5 millions de retraités avec un impact moyen d’environ 320 € d’impôt supplémentaire par an pour les foyers touchés. Cette mesure est inconvenante et cynique à double titre : elle a amputé le pouvoir d’achat de contribuables retraités et l’Etat a ciblé ceux qui ont élevé trois enfants ou plus, c’est-à-dire ceux qui ont précisément, par ces naissances, alimenté le flux des futurs cotisants dès leur entrée dans la vie active, une espèce fortement recherchée aujourd’hui ! Ils ont donc été punis pour avoir bien travaillé pour la nation.

L’augmentation de la contribution sociale généralisée (CSG), le 1er janvier 2018, dans le cadre de la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2018, constitue une autre mesure prédatrice appliquée aux retraités. Le taux normal de CSG sur les pensions de retraite et d’invalidité était de 6,6 % avant 2018. Ce taux est, depuis 2018, passé à 8,3 % (!). Les autres prélèvements sociaux, CRDS (contribution pour le remboursement de la dette sociale) à 0,5 % et CASA (contribution de solidarité pour l’autonomie) à 0,3 %, sont restés inchangés. Le total des prélèvements sociaux pour les retraités au taux plein est donc passé à environ 9,1 %. Rappelons que l’objectif principal de cette nouvelle mesure touchant les retraités était de financer une baisse des cotisations sociales salariales pour les actifs, afin d’augmenter leur pouvoir d’achat net. Pour les salariés, cette hausse de CSG a été plus que compensée par la réduction des cotisations. Les retraités, eux, non concernés par ces cotisations salariales, n’ont pas bénéficié de compensation directe. Le gouvernement présentait cette mesure comme un effort de solidarité intergénérationnelle. Il n’en demeure pas moins que cette mesure a également amputé une nouvelle fois le revenu des retraités.

S’agissant d’ailleurs de cette CSG, il faut rappeler qu’elle a été instaurée par la loi de finances pour 1991, avec une entrée en vigueur au 1er février 1991. Créée par Michel Rocard, Premier ministre, et devenue une mesure forte de notre système de prélèvement fiscal et social, elle avait pour objectif d’élargir l’assiette de financement de la Sécurité sociale au-delà des seuls revenus du travail sur lesquels sont assises les cotisations sociales. A la différence des cotisations sociales concernant les salariés, la CSG touche, en effet, une très grande partie des revenus, et notamment ceux du patrimoine. Cette mesure n’a cependant pas échappé, comme toute mesure appelée à alimenter les caisses d’un Etat incapable de maîtriser ses dépenses, à une dérive inflationniste dans le temps. D’un taux de 1,1 % entre 1991 et 1993 en passant à 2,4 % entre 1993 et 1996, puis à 3,7 % en 1997, puis à 6,2 % entre 1998 et 2004, puis à 6,6 % entre 2005 et 2017, enfin à 8,3 % en 2018, la CSG n’a cessé d’augmenter. En une trentaine d’années, les retraités ont donc subi une augmentation de 7,2 % de la CSG, amputant régulièrement leur pouvoir d’achat.

Le projet de budget 2027 préconise, par ailleurs, la désindexation des pensions de retraite. Il convient ici, tout d’abord, de rappeler les principes. Depuis la réforme de 2003, les pensions de retraite sont légalement indexées sur l’évolution des prix à la consommation et non plus sur les salaires comme auparavant. L’objectif est, certes, de préserver le pouvoir d’achat, mais ce changement a entraîné un décrochage relatif par rapport aux salaires des actifs. Il y a donc ici, factuellement et mécaniquement, un appauvrissement des retraités par rapport aux actifs, phénomène ignoré, voire caché par nos dirigeants plutôt enclins à favoriser les seconds en période de crise, les premiers n’étant pas des adeptes de la contestation dans la rue. Ce constat établi, il faut bien reconnaître qu’au cours des dernières années, surtout à partir de 2014, les pensions de retraite ont connu plusieurs épisodes de gel, de sous-indexation (revalorisation inférieure à l’inflation) ou de décalage de date, entraînant une érosion progressive du pouvoir d’achat des retraités. Ce n’est donc pas nouveau, cette mesure de désindexation étant régulièrement utilisée par nos dirigeants. En résumé, sur les vingt dernières années, les pensions de retraite ont été revalorisées de 34,6 % contre une inflation d’environ 41,1 % (sources DREES, Assurance retraite, COR) se traduisant par une perte de 6,5 % !

Autre handicap pour les retraités, la mutuelle (complémentaire santé) dont le financement représente une charge financière importante avec des contrats individuels contrairement aux salariés qui bénéficient de contrats collectifs obligatoires. Concrètement, s’agissant des salariés du privé, l’employeur finance au minimum 50 % de la cotisation, en vérité 61 % en moyenne. Le salarié paie donc directement 39 % environ du coût réel. Il bénéficie, en outre, d’avantages fiscaux et sociaux puisque la part de l’employeur peut, sous conditions, être exonérée de cotisations sociales, la part salariale pouvant être déduite dans certains cas. Pour les retraités, la mutuelle n’est pas obligatoire, mais 93 % souscrivent un contrat individuel et ils supportent 100 % de la cotisation avec des tarifs plus élevés, car ces derniers sont basés sur le risque individuel et augmentent fortement avec l’âge. En résumé, les salariés bénéficient d’un cofinancement de l’employeur dans le cadre d’une mutualisation collective des risques favorable, tandis que les retraités paient l’intégralité d’une couverture plus chère et individualisée, avec des revenus amputés au moment du passage à la retraite, ce qui pèse fortement sur leur budget au moment où les besoins de santé augmentent. Cette disparité du financement de la complémentaire santé est habituellement peu évoquée. Elle représente pourtant un lourd handicap pour les retraités par rapport aux actifs.

Quant à l’abattement de 10 % sur les revenus des retraités, vouloir faire croire, comme tentent de le faire certains, qu’il s’agit d’un abattement pour frais professionnels pour justifier sa suppression alors qu’il n’a aucun rapport avec la déduction pour frais professionnels des actifs, relève d’une malhonnêteté perverse. En effet, il s’agit d’une réduction de 10 % du montant des pensions imposables (retraite de base, complémentaire, réversion, etc.) avec un plafond (4 439 €) et instaurée, en 1978, par souci d’équité avec l’abattement de 10 % des salariés pour frais professionnels. Cet abattement vise à tenir compte de la baisse de revenus liée au passage à la retraite et à alléger la charge fiscale des retraités. Modifier aujourd’hui ce dispositif (suppression ou réduction) se traduirait par une augmentation de l’impôt pour les retraités et donc par une amputation supplémentaire de leur pouvoir d’achat.

Enfin, une mesure qui s’applique aux retraités comme aux actifs et qui témoigne de l’imagination débordante de nos gouvernants dès lors qu’il s’agit d’impôts et de taxes : l’établissement d’un revenu net imposable qui est supérieur au revenu net perçu. Cette règle, instaurée par la loi lors de la création de la CSG en 1991, intègre dans le revenu net imposable une fraction des prélèvements sociaux (2,4 %), véritable impôt sur l’impôt ! Que ce soit pour les salariés comme pour les retraités, cette mesure inique, constitue un véritable racket.

Comme chacun peut le constater avec cette présentation des faits, les retraités qui ont pourtant subi une réduction sensible de leurs revenus en quittant l’activité professionnelle, sont régulièrement sollicités et ponctionnés par des gouvernants qui n’ont cessé depuis des années de creuser une dette devenue abyssale. La question lancinante qui se pose est donc la suivante : où passe tout cet argent, ce toujours plus d’argent nécessaire prélevé qui semble disparaître aussitôt dans un puits sans fond, car non seulement les déficits et la dette continuent de s’aggraver, mais l’état de la société se détériore dans tous les domaines dans le pays qui se tiers-mondise ? Notons que si le Premier ministre affiche un projet de budget 2027 avec 54 Mds € d’économies, 39 Mds € de hausse des dépenses sont tout de même prévus et la France empruntera le montant record de 340 Mds € en 2027 ! Incapables de réduire des dépenses qu’il conviendrait de reconsidérer drastiquement, certaines devant même être supprimées, il est commode pour nos gouvernants, dans une société fracturée qu’ils se sont ingéniés à diviser, de prendre les retraités pour des boucs émissaires. Cette démarche est particulièrement cynique et injuste. Cynique, car ces dirigeants cherchent ainsi à occulter leur bilan catastrophique dû à leur renoncement à affronter la réalité et font tout, par des déclarations dont les termes sont soigneusement choisis, pour opposer sinon dresser les actifs contre les retraités. Injuste car accuser ces derniers de disposer d’un revenu ou d’un niveau de vie supérieur à celui des actifs, grâce, notamment pour une partie d’entre eux, à un patrimoine, qu’il soit immobilier ou qu’il repose sur l’épargne, c’est oublier que cela n’est pas tombé du ciel mais est le fruit de toute une vie de travail, de sacrifices consentis, des choix opérés tout au long de leur vie active, patrimoine que les actifs, qui ont leur vie devant eux, peuvent se constituer à leur tour progressivement. Le patrimoine immobilier qui demeure l’actif dominant des retraités devrait d’ailleurs pouvoir être transmis à leurs héritiers exemptés en grande partie (plafond à déterminer) d’un impôt spoliateur appelé, en fait, à alimenter le tonneau des Danaïdes. Il faut également noter que les actifs sont ou seront bien plus nombreux à bénéficier d’un héritage que les boomers. Par conséquent, cessons d’opposer les uns aux autres, ce qui n’est qu’un moyen pervers pour nos gouvernants de cacher leur impuissance, voire leur incompétence (cf. les Mozart de la finance).

Alors, si les retraites représentent un poste important de la dépense publique (25 %), dans le contexte démographique défavorable actuel (baisse de la natalité depuis plusieurs années), force est de constater que nos gouvernements successifs n’ont pas su anticiper ce dernier point, pourtant capital pour un système par répartition. Une large réflexion sur des mesures innovantes en faveur de la natalité (politique familiale) et sur l’instauration d’un système mixte répartition/capitalisation semble donc plus que nécessaire. Toutefois, chacun l’aura compris : si les retraités eux-mêmes sont ciblés aujourd’hui dans ce projet de budget 2027, cela souligne la gravité de la situation financière du pays qui résulte d’un déséquilibre structurel prégnant entre, d’un côté un haut niveau de dépenses (57,3 % PIB), en hausse continue, lié en grande partie à notre modèle social, la France étant, de plus, devenue une ONG mondiale, et, de l’autre des recettes (52,2 % PIB) insuffisantes, avec une croissance trop faible, pour les financer sans recours permanent à l’emprunt. La France s’apprête ainsi à emprunter 340 Mds € en 2027, près de 10 % de plus qu’en 2026 déjà en hausse par rapport à l’année précédente et les taux d’emprunt sur 10 ans frôlent désormais les 5 % ! Alors, à la question posée « où passe tout cet argent prélevé ? », nos dirigeants, et particulièrement le ministère de l’Economie, savent qu’une grande partie est orientée et engloutie par une immigration massive, continue et incontrôlée, mise sous perfusion, provoquant ainsi la tiers-mondisation du pays, la mise en danger de notre système de protection sociale, la destruction de la cohésion nationale, et participe nécessairement à notre dette abyssale. Il est donc temps de réagir à cette dérive de hausse inconsidérée et permanente des dépenses qui se transforme dans divers domaines en véritable gabegie. Il est temps, également, de réagir à ce processus de submersion migratoire, suicidaire sur le plan économique et financier (Coût estimé à 54 Mds €/an – cf. études Contribuables et associés/Jean-Paul Gourévitch 2023) mais surtout sur le plan civilisationnel, cette immigration extra-européenne étant de culture incompatible et hostile à la nôtre. Les émeutes des dernières années et l’actuel épisode des violences avec le blocage des lycées sont suffisamment éclairants. C’est dans ce contexte particulièrement préoccupant sur les plans économique/financier et sociétal que l’Etat doit reprendre impérativement un contrôle trop longtemps délaissé.

Le constat est édifiant s’agissant de la sollicitation des retraités à l’effort constant de la nation. On peut noter que sur les trente dernières années, ils ont été régulièrement sollicités alors que nos dirigeants voudraient faire croire que leur contribution, décidée pour le budget 2027, serait une mesure exceptionnelle. Il n’en est rien et pour la justifier, ils n’ont pas hésité à opposer actifs et retraités. Le plus dur est cependant à venir pour eux, car ils n’ont pas de majorité à l’Assemblée nationale qui aura à trancher sur le projet de budget présenté. La fin de règne de la Macronie risque d’être mouvementée, mais le programme économique des successeurs en 2027, quels qu’ils soient, ne pourra rien changer à la situation très préoccupante de notre pays tant qu’on n’aura pas réglé le problème prioritaire de cette immigration, véritable gouffre financier et destructrice de l’identité de la France et de la cohésion nationale.

Général Antoine Martinez

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