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Alerte rouge pour les agriculteurs de la «Corn Belt», surnom donné à la région agricole des États-Unis qui s'étend de l'Ohio jusqu'au Nebraska et au Kansas. Ils affirment traverser leur pire crise depuis une quarantaine d'années, celle-ci étant due à la flambée des coûts du diesel et des engrais, elle-même déclenchée par la guerre en Iran.
Comme l'explique le Financial Times, le conflit au Moyen-Orient, qui entrera bientôt dans son septième mois, se répercute au cœur même des États-Unis, ce qui pourrait jouer en la défaveur du camp républicain lors des élections de mi-mandat, qui auront lieu début novembre.
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Prix qui flambent, exportations qui plongent
À titre d'exemple, Matt Bailey, producteur de maïs et de soja dans l'est du Nebraska, explique que l'un de ses engrais de prédilection, riche en phosphore, coûte aujourd'hui plus de 900 dollars (environ 770 euros) la tonne, contre 470 il y a dix ans. La plupart des augmentations de prix sont de cet ordre, d'où le sentiment général des agriculteurs d'être des victimes collatérales des guerres commerciales menées par leur président. En outre, ils estiment que ces conflits ont nui aux exportations agricoles américaines, notamment aux ventes de soja vers la Chine.
Une étude récente de l'American Farm Bureau Federation (AFBF), une organisation professionnelle du secteur, révèle qu'en l'absence d'aide publique, les agriculteurs exerçant dans l'une des neuf cultures principales –dont le maïs– accuseront une perte de 31 milliards de dollars (26,6 milliards d'euros) cette année et de 32 milliards (27,5 milliards) en 2027. «Il s'agit de la pire crise financière du secteur depuis les années 1980», affirme John Hansen, président de la Nebraska Farmers Union, un syndicat agricole.
Pas de message positif pour le secteur agricole
Plus largement, un sondage commandé par le média américain a récemment révélé que plus de 53% des électeurs inscrits estimaient que leur situation financière s'était dégradée depuis le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche en janvier 2025. «Il nous reste soixante-et-onze jours [avant les élections de mi-mandat] et, pour l'instant, nous n'avons pas de message positif à transmettre au monde agricole», reconnaissait lundi 24 août le sénateur républicain Thom Tillis.
«Nous ne vous laisserons jamais tomber», avait affirmé Donald Trump en juin à destination des agriculteurs. Ce même mois, son administration a sollicité une enveloppe de 11 milliards de dollars (9,4 milliards d'euros) destinée à fournir une aide d'urgence aux producteurs de grandes cultures et de cultures spécialisées. Mais les organisations agricoles jugent cette somme insuffisante.
Dans le même temps, certaines initiatives voulues par le président américain et son équipe dans le but de contrer la hausse des prix alimentaires ont suscité une levée de boucliers dans le secteur agricole. À la mi-août, la suspension pour quatre-vingt-dix jours des droits de douane sur 300.000 tonnes d'importations de viande bovine a provoqué la colère des éleveurs, qui ont qualifié cette décision de «trahison».
Reste que, pour de nombreux agriculteurs, c'est avant tout la guerre menée par les États-Unis en Iran qui a eu les répercussions les plus importantes sur leurs exploitations. Le net ralentissement du trafic dans le détroit d'Ormuz a fait grimper le prix du diesel et perturbé l'approvisionnement mondial en engrais, dont les coûts avaient déjà explosé en 2022 à la suite de l'invasion de l'Ukraine par la Russie.





























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