Bâle, versant du mois d’avril. Depuis le pont du Milieu (Mittlere Brücke) se distinguent des silhouettes enjouées à l’assaut des quais longeant le Rhin. La frénésie de la douceur printanière s’apparente à l’euphorie de la saison estivale sans que le centre historique de la ville ne frise encore l’hystérie des lourdeurs caniculaires. Bâle est à l’image d’une personnalité tantôt extravertie, tantôt mystérieuse qui regorge de secrets. Il faut progresser à quelques kilomètres au sud-est du cœur névralgique de la cité rhénane pour en prendre la mesure.
La promenade se mue alors en voyage spatiotemporel. La végétation prend ses aises au milieu de rails de trains d’un autre siècle, enfoncés dans le goudron. Les tags ont investi les façades d’entreprises du secteur de la construction. Ces dernières cohabitent entre un temple hindou et des édifices signés du bureau Herzog & de Meuron. Le tout au cœur de rues dont les noms font écho à de grandes villes européennes et à l’époque où les lieux faisaient office de zone de marchandises. Bienvenue dans le quartier du Dreispitz. Ici, rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme.


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