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Saisi par l’Association de sauvegarde du site d’Arcachon (Assa), le tribunal administratif a estimé que le permis de construire accordé en décembre 2022 pour la reconstruction de l’hôtel était entaché de plusieurs infractions.
Passer la publicité Passer la publicitéLe dossier de la reconstruction de l’hôtel 5 étoiles Les Vagues, en bord de mer à Arcachon, sur le boulevard de l’Océan, connaît un nouveau rebondissement judiciaire. Dans un jugement rendu public le 20 janvier 2026, le tribunal administratif a choisi de laisser un délai de quatre mois aux propriétaires de l’hôtel, ainsi qu’à la commune d’Arcachon, pour proposer une mesure de régularisation conforme aux règles d’urbanisme et aux prescriptions de sécurité liées au risque de submersion marine.
En 2018, le groupe Atlas, implanté dans l’hôtellerie haut de gamme, avait fait l’acquisition de l’hôtel Les Vagues, un immeuble des années 1960. La municipalité d’Arcachon avait alors délivré un permis de construire autorisant une vaste rénovation, comprenant la suppression des derniers étages, et l’aménagement d’une terrasse et d’une piscine.
Pendant les travaux, lors d’un accident de chantier, des murs pignons cèdent de part et d’autre du bâtiment. «Une maladresse d’un sous-traitant», explique Christophe de San José, président du groupe Atlas. L’édifice restant, devenu trop instable et dégradé, est alors presque totalement rasé pour permettre la construction d’une structure jugée plus sûre. Une opération que l’Association de sauvegarde du site d’Arcachon (Assa) conteste, considérant qu’elle a conduit à une construction entièrement nouvelle, bien au-delà d’une simple rénovation. Un nouveau projet, beaucoup plus ambitieux, est présenté comme un simple «permis modificatif», délivré par la mairie en 2022.
Infractions répétées
La justice a désormais tranché : ce permis n’est pas un permis modificatif mais bien un nouveau permis de construire. Le projet ne peut pas bénéficier du régime dérogatoire de la «reconstruction à l’identique», le bâtiment sinistré n’ayant jamais été achevé dans sa version autorisée en 2018. Dès lors, la construction devait respecter strictement le plan local d’urbanisme (PLU) en vigueur. Or, les juges constatent des infractions répétées : implantation hors de la marge de recul littorale, dépassement de l’emprise au sol maximale et une hauteur du bâtiment atteignant plus de 22 mètres, bien au-delà des 11,50 mètres autorisés.
«C’est une sage décision du tribunal. Nous devons maintenant présenter une solution. Sur le fond, on n’est pas du tout sur un bâtiment neuf, on travaille aujourd’hui avec notre architecte pour que la régularisation soit admissible par les tribunaux», confie Christophe de San José au Figaro.
«Cette décision constitue la première pierre d’un processus judiciaire que les adhérents de l’Assa ont soutenu, y compris sur leurs propres deniers, tant chacun a pu s’offusquer d’une pareille atteinte au front de mer arcachonnais», a réagi de son côté Jacques Storelli, président de l’Assa.
«Dans ce dossier, la question centrale tient à l’existence du permis de construire délivré en 2018, devenu définitif, et qui autorisait une refonte complète de l’immeuble. Ce permis de construire initial a autorisé d’emblée des travaux colossaux de toutes les façades. À partir du moment où on autorise ce type de travaux, on ne peut plus revenir dessus. Par rapport au permis initial, est-ce que les modifications sont venues bouleverser l’économie générale du second permis ? Je ne pense pas», estime Me Achou-Lepage, avocat de la SARL Les Vagues, qui n’exclut pas de faire appel de la décision. «On va aller jusqu’au bout pour s’expliquer sur les raisons de l’obtention du permis de construire modificatif», conclut-il.


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