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Le premier ministre de la Colombie-Britannique, David Eby, dénonce un traitement préférentiel d’Ottawa envers l’Alberta, alors que les deux ordres de gouvernement prévoient signer une entente sur la tarification du carbone industriel qui s'élèverait à 130 dollars la tonne d’ici 2040.
Selon des sources de Radio-Canada, l’annonce doit avoir lieu vendredi à Edmonton.
Cet accord prévoit des prix planchers qui augmenteront progressivement pour encourager les grands pollueurs à baisser davantage leurs émissions.
En effet, des sources de CBC affirment que le prix grimpera de 95 dollars la tonne à 100 dollars en 2027 et il maintiendra ce niveau jusqu'en 2030. Puis, le prix de la tarification sur le carbone augmentera ensuite par tranches de trois dollars jusqu'à ce qu'il atteigne 130 dollars la tonne en 2040.
Pourtant, les autres provinces doivent atteindre 170 dollars la tonne d’ici 2030. J’ai appris comme vous dans les médias que l’Alberta pourrait avoir un prix fédéral du carbone spécial auquel aucune des provinces n'y a accès, dit David Eby.
Si notre tarification est à 170 dollars et l'Alberta à 130 dollars, cela fait partie des composantes qu'un promoteur de projet prendra en considération pour décider où aller de l'avant. Et nous sommes en compétition directe avec l’Alberta. Ce n’est pas équitable.
S’entendre sur la tarification du carbone industriel est crucial pour l’Alberta, parce qu’elle fait partie des prérequis du protocole d’entente entre Danielle Smith et le premier ministre du Canada, Mark Carney, pour que l’Alberta puisse aller de l’avant avec son projet de pipeline vers la Colombie-Britannique.

Lors de sa rencontre le 8 mai à Ottawa avec le premier ministre du Canada, Mark Carney, la première ministre de l’Alberta, Danielle Smith, avait affirmé avoir réalisé « des progrès significatifs » sur la tarification carbone industrielle et un projet de pipeline vers la Colombie-Britannique.
Photo : La Presse canadienne / Sean Kilpatrick
Comme l’explique Yvan Cliche, chercheur associé et expert en énergie, le Canada veut se positionner comme un exportateur fiable de ressources naturelles et énergétiques.
L’établissement d’une tarification claire vient donc envoyer un signal fort de stabilité pour les entreprises de l’industrie pétrogazière qui souhaitent investir au Canada dans des projets énergétiques.
Autour de ces projets-là, il y a quand même un message qui doit être envoyé à l'Alberta : qu’on a une ouverture à les aider à exporter leur principale ressource qui est le pétrole et le gaz.
C’est aussi, selon l’expert, une façon de répondre à l’aliénation énergétique que ressent l’Alberta et qui a nourri le mouvement indépendantiste de la province.
De plus, un autre signal fort à l’industrie pétrogazière, selon M. Cliche, c’est que Mark Carney a déposé, le 8 mai, son projet de réforme (nouvelle fenêtre) pour accélérer les évaluations gouvernementales des grands projets au Canada.
Questionné au sujet du projet de pipeline, David Eby a rappelé, comme il le fait à chaque fois, que le projet n'a toujours pas de trajet et il n’a pas de promoteur. La proposition de la première ministre de l’Alberta est exactement au même endroit qu’il y a deux ans.
David Eby en a aussi profité pour s'en prendre au mouvement séparatiste en Alberta et à son homologue, Danielle Smith, en affirmant que les projets de la Colombie-Britannique, comme la phase 2 de LNG Canada, méritent autant d’attention du fédéral que ceux de l’Alberta sans menacer de nous séparer.
Avec des informations de Daniel Thibeault


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