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Alors qu’une grande partie des bovins élevés au Québec sont abattus aux États-Unis et en Ontario, le gouvernement provincial octroie une subvention de 870 000 $ à l’abattoir du Groupe ADEL de Sainte-Luce (secteur Luceville) afin de moderniser ses installations et d’élargir son marché.
Cela fait des années que le Groupe ADEL – qui a racheté l’abattoir en 2021 – est en attente d’une telle aide afin de pouvoir rentabiliser ses chaînes de production et d’être plus compétitif.
La copropriétaire et directrice générale de l’entreprise, Manon Cambefort – qui est également attachée politique de la députée Maïté Blanchette-Vézina depuis décembre dernier – déplore depuis plusieurs mois le fait que l’abattoir fonctionne à 50 % de sa capacité, notamment en raison de la compétition de multinationales qui offrent des prix élevés aux producteurs bovins que son entreprise ne peut égaliser.
On n’a pas les mêmes économies d’échelle, faisait-elle valoir l'automne dernier au micro de L’après-midi est à nous et dans le balado Front de bœuf.
Il y a beaucoup de bêtes qui se font abattre aux États-Unis ou en Ontario, convient le ministre de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation, Donald Martel. On souhaite rapatrier ça au Québec, a-t-il dit sur nos ondes, jeudi matin.

Le ministre de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation, Donald Martel. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Sylvain Roy Roussel
Le ministre Martel a précisé que l’aide octroyée par son ministère permettra à l’abattoir d’être plus compétitif, en plus de favoriser la souveraineté alimentaire et les économies d’échelle.
Plus il y a de bêtes abattues au Québec, plus il y a de risques qu’elles soient mangées au Québec, et c’est un peu un des objectifs qu’on a d’autosuffisance alimentaire.
L’aide gouvernementale devrait aussi aider l'entreprise à augmenter son volume de production, et à obtenir une certification de l'Agence canadienne d'inspection des aliments.

Cette subvention était attendue depuis des années à l'abattoir du Groupe ADEL. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Sébastien Ross
Pour le moment, l'abattoir possède un permis du ministère de l'Alimentation, des Pêcheries et de l'Alimentation du Québec (MAPAQ), ce qui lui permet de vendre sa viande uniquement sur le marché provincial. Avec une certification fédérale, l'abattoir pourra avoir accès à l'ensemble du marché canadien.
La viande pourra être vendue partout au Canada, donc on rend l’entreprise plus compétitive, a indiqué le ministre Martel.

Les installations du Groupe ADEL permettent d'abattre des bovins, des agneaux et des porcs. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Sébastien Ross
Avec ce qui se passe aux États-Unis, on essaie d’être plus proactifs dans nos échanges intracanadiens, donc la viande qui va être produite là va pouvoir dorénavant être vendue dans les Maritimes ou en Ontario, ça peut être intéressant, a ajouté le ministre.
La viande abattue à l’abattoir de Groupe ADEL, y compris sa marque maison, Viandes de l’Est, pourra donc être éventuellement vendue à la grandeur du pays. Mais encore faut-il que l'approvisionnement soit au rendez-vous. C'est important que les entreprises du coin continuent ou adoptent l'abattoir, a insisté Donald Martel, en ajoutant qu'il y a 1200 producteurs dans le Bas-Saint-Laurent.
Avec la collaboration d'Éric Gagnon


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