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60 M$ pour les scieries : un coup de pouce apprécié, mais des défis persistent

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Le coup de pouce de 60 millions $ de Québec pour aider l'industrie forestière à traverser la crise est bien accueilli en Abitibi-Témiscamingue.

Le gouvernement souhaite ainsi miser sur la diversification des produits dans les scieries dans un contexte de droits de douane américains de 45 %. Le programme propose une aide sous forme d'un prêt maximal de 5 M$ par scierie.

À Ville-Marie, l'usine LVL Global a profité d'un programme similaire qui lui a permis de moderniser son processus d'assemblage et de développer un nouveau produit.

Le président-directeur général, Étienne Ricard, salue cette initiative pour la région.

C’est un programme qui va aider beaucoup d’entreprises qui nous entourent et qu’on a une synergie avec toutes ces entreprises-là, surtout pour les scieries qui ont plus de misère, souligne M. Ricard.

Le président-directeur général, Étienne Ricard, affirme que cet investissement est nécessaire pour baisser les frais de fonctionnement et maintenir une compétitivité dans le marché nord-américain de LVL.

Étienne Ricard estime qu'une telle aide pourra favoriser des plans de relance. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Bianca Sickini-Joly

Un premier pas dans la bonne direction, un peu comme notre projet. Nous, on a eu l’aide du provincial et du fédéral, donc les aides ensemble se complètent souvent très bien, poursuit-il.

LVL Global vient de finaliser l’installation de son projet de 14,7 M$, qui vise une hausse de la productivité et l’automatisation de certaines tâches. La possibilité d’aller chercher un nouveau produit pour le marché de la construction, du LVL à plis croisés, est aussi devenue réalité avec cette modernisation.

C’est un marché qui est en développement, je vous dirais. Ce n’est pas en si grand essor en Amérique du Nord, mais en Europe, c’est encore très utilisé. On pense que la technologie et les avancements dans la construction de maisons usinées, c’est un élément qui pourrait être utilisé pour faire des murs, des planchers, explique-t-il.

Du brin de scie en amoncellement à l'extérieur de l'usine LVL Global.

Une partie des installations de LVL Global à Ville-Marie. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Bianca Sickini-Joly

Un problème plus urgent à régler

À Barraute, les nouveaux investissements devront attendre pour l'entreprise Les Bois G.L.A, qui fabrique des boîtes d'échantillonnage pour le minerai et des composantes pour les palettes de manutention.

Bien qu'il trouve le programme intéressant, le président Éric Bourque affirme que sa priorité est plutôt de régler ses enjeux de main-d'œuvre.

« J’ai des travailleurs étrangers temporaires dont je ne suis pas capable de renouveler, dû à la nouvelle norme canadienne sur l’immigration. Alors, c’est vraiment une problématique dans notre cas », signale-t-il.

« On veut sécuriser nos travailleurs avant tout et ensuite, quand tout sera sécurisé, peut-être qu’on va regarder pour de l’investissement. Mais à la base, si on n’a pas de travailleurs, même si on mettait beaucoup d’emphase sur la diversification de l’entreprise, ce n’est pas quelque chose qui nous aiderait », fait observer M. Bourque.

Éric Bourque sur le site du futur circuit fermé où aura lieu la Foire du camionneur de Barraute.

La situation est semblable dans d'autres usines, d'après Éric Bourque. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Martin Guindon

Éric Bourque fait référence à la tempête des derniers mois dans les deux paliers de gouvernement concernant les travailleurs étrangers et les personnes immigrantes.

Sur une équipe de 24 travailleurs, il lui manque quatre personnes. Huit de ses employés sont issus du programme de travailleurs étrangers temporaires et deux attendent leur résidence permanente. Il craint de perdre de deux à quatre employés avec les nouvelles normes.

Je vais être obligé de fermer une équipe de travail, se désole le président de Bois G.L.A.

M. Bourque ne serait pas le seul à vivre cette situation en région. Je vous dirais que toutes les entreprises qui sont en secteur isolé, on parle de la région du nord et de régions éloignées. J’ai eu des conversations avec des ressources humaines [à Chibougamau et Senneterre]. Ils ont la même problématique, témoigne-t-il.

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