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Le propriétaire d'une écurie de Saint-Fabien « a profité de son autorité » pour agresser sexuellement une fille d'âge mineur sur une durée de trois ans. Patrick Desgagné a écopé d'une peine d'emprisonnement de 50 mois pour ses gestes commis alors qu'il avait gagné la confiance des parents de la victime.
L'homme de 63 ans a pris le chemin du pénitencier jeudi matin à l'issue du prononcé de la peine lu par le juge Jérôme Simard, au palais de justice de Rimouski. Il a opté pour une peine intermédiaire entre les sept ans réclamés par la poursuite et les deux ans moins un jour dans la collectivité suggérés par la défense.
Patrick Desgagné a plaidé coupable l'été dernier d'accusations de contact sexuel, d'agression sexuelle alors que la victime était mineure en lien avec sa situation d'autorité et de possession de pornographie juvénile.
Les faits
Les événements débutent en 2016 alors que la victime, âgée de 15 ans à l'époque, possédait un cheval à demi-pension au ranch de M. Desgagné. Il commet des attouchements sexuels sur la victime dans une voiture alors qu'ils reviennent d'une compétition équestre, ainsi que lorsqu'elle dort chez lui le soir même.
S'en sont suivies de multiples relations sexuelles échelonnées sur plusieurs mois, au cours desquelles ils ont notamment usé de subterfuges pour cacher leur relation auprès des parents de la victime. À un moment, M. Desgagné a même utilisé son véhicule pour faire des traces dans la neige, simulant ainsi une absence de son domicile, a dit le juge Simard.

Le procès de Patrick Desgagné s'est déroulé au palais de justice de Rimouski. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Francois Gagnon
Au cours de leur relation, il a également conservé des images de la victime nue, en sous-vêtements, de même que durant leurs ébats sexuels. À l'époque, le couple formé de M. Desgagné et de sa conjointe vivote, et il entretient sa relation avec la victime dans le but d'assouvir ses besoins sexuels, a noté le juge Simard. Il a même utilisé la victime à cette fin, a précisé le magistrat.
Les rapports sexuels se sont poursuivis même après que des enquêteurs de la Sûreté du Québec l'ont interrogé concernant de possibles contacts sexuels sur la victime, en 2019. Durant l'entretien, M. Desgagné a menti aux enquêteurs sur la durée des contacts soupçonnés. C'est l'une des amies de l'adolescente qui a alerté ses parents de la situation. L'enquête de la Sûreté du Québec de l'époque a par la suite été fermée.
Ce n'est que trois ans plus tard que la victime raconte avoir pris conscience de la nature abusive de la relation et qu'elle dénonce formellement le propriétaire du ranch. Lors des observations sur la peine, la victime a témoigné vivre de l'anxiété à l'idée de le croiser et être réticente à participer aux événements équestres dans la région. Elle a aussi dit regretter d'avoir menti à ses parents concernant la relation qui s'est étalée sur trois ans.
Le Tribunal a remis en doute la sincérité et la franchise des remords exprimés par Patrick Desgagné, lui qui invoquait précédemment que la plainte déposée contre lui pourrait être le fruit d'une vengeance.
La nature et la gravité de l'infraction, la relation particulière entre l'accusé et la victime, la fréquence et la durée des crimes, de même que la préméditation des gestes font partie des facteurs aggravants soulevés par le juge Jérôme Simard. Parmi les facteurs atténuants, il a entre autres relevé le plaidoyer de culpabilité et le fait qu'il n'a pas nié ses actes.
Me Hugo Caissy représentait Patrick Desgagné, tandis que Me Marie-Pier Chicoine-Côté plaidait pour le ministère public.


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