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En savoir plus- Le China Environment for Network Innovation (CENI), certifié le 18 décembre 2025, est destiné à tester des innovations réseau et à soutenir des exercices de cybersécurité offensifs et défensifs.
- Ce réseau de recherche chinois, fonctionnant indépendamment de l'internet traditionnel, a réalisé un transfert sensationnel de 72 To en seulement 1,6 heure sur 1000 km, démontrant des performances bien supérieures à celles des réseaux actuels.
- Le CENI se veut également une infrastructure clé pour le développement de l'IA, intégrant supercalculateurs et centres de données pour optimiser l'entraînement et l'inférence, déjà exploitée par des géants comme Baidu et Huawei.
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Le 18 décembre 2025, les autorités chinoises ont officiellement certifié le China Environment for Network Innovation (CENI). Ce vaste réseau de recherche, construit en parallèle de l’Internet public, doit servir de banc d’essai pour tester des innovations réseaux, mais aussi « soutenir les exercices offensifs et défensifs » en cybersécurité.
Sans surprise, China Daily est dithyrambique sur les capacités du CENI.
Après une batterie de tests menés sur ce réseau pour certifier ses performances, le média d’État assure le 18 décembre 2025 que ce projet colossal permet de transmettre, « en seulement 1,6 heure », un volume de données qui aurait nécessité « 699 jours de transmission via l’Internet traditionnel ».
Ce transfert record de 72 To aurait été réalisé entre un radiotélescope sphérique situé dans la province du Guizhou, dans le sud-ouest de la Chine, et l’université des sciences et technologies de Huazhong, dans la province du Hubei, en Chine centrale, soit une distance d’environ 1 000 km.
Pourtant, même si le média chinois compare ce débit à celui de l’internet traditionnel que nous utilisons tous, le CENI n’a pas vocation, du moins à moyen terme, à entrer en concurrence avec ce dernier, mais plutôt à marcher dans les pas d’autres réseaux d’expérimentation comme ARPANET ou GENI avant lui.
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À l’image de ses illustres prédécesseurs américains, la raison d’être du CENI est de doter la Chine d’un immense réseau laboratoire, isolé et ultra-performant, pour développer des innovations « 5 à 10 ans en avance sur l’industrie ».

La cyberguerre au cœur des ambitions chinoises
Concrètement, le CENI s’apparente à un immense terrain de jeu pour tester des idées radicales en matière de réseaux : nouveaux protocoles, nouvelles architectures, nouvelles façons de transporter et de sécuriser les données… sans risquer de casser l’internet « normal » des utilisateurs.
Présenté plus en détail en novembre 2025, le CENI affiche clairement ses ambitions et ses axes de travail prioritaires. Parmi eux figurent la cybersécurité et la défense, avec l’objectif de faire de ce réseau un véritable champ de bataille virtuel pour la cyberguerre, en soutenant des exercices « offensifs et défensifs de surveillance de la cybersécurité nationale et des technologies de défense ».
La doctrine offensive chinoise dans ce domaine est explicitement assumée : le CENI doit devenir un atout stratégique afin que « la Chine puisse prendre l’initiative dans la compétition internationale dans le cyberespace ».
Une infrastructure qui vise à faciliter le développement de l’IA
L’IA n’est pas en reste dans ce projet. Le document officiel présente le CENI comme une infrastructure clé pour les grands modèles d’IA, en expliquant que ce réseau relie supercalculateurs, centres de données et grands équipements scientifiques afin d’acheminer très rapidement d’énormes volumes de données pour l’entraînement et l’inférence.
La communication ne se limite pas aux promesses. Bien que sa certification nationale vienne tout juste d’aboutir, le document rappelle que le CENI est actif depuis octobre 2021 et qu’il a déjà été utilisé par plus de 110 entités chinoises, parmi lesquelles des instituts de recherche, des opérateurs télécoms, de grandes entreprises et des universités.
Parmi les cas d’usage cités, le géant chinois Baidu aurait déjà tiré parti du réseau CENI pour améliorer la transmission de corpus d’IA sur plusieurs centaines de kilomètres, avec zéro perte de paquets et des gains significatifs sur les temps de traitement.
Huawei aurait également exploité cette infrastructure pour mener des expérimentations avancées, notamment un système d’optimal multicast sur réseau étendu, destiné à diffuser plus efficacement de gros volumes de données vers plusieurs sites.
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