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365 jours de sidération

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Depuis sa deuxième investiture, Donald Trump a créé un climat lourd fondé sur la sidération continue. Avec lui, l'imprévisibilité et l'outrance deviennent un instrument de pouvoir. Gouverner, pour Trump, ce n'est pas convaincre ni rassembler. C'est désorienter, menacer et – surtout – saturer. La mécanique est redoutable : une annonce chasse l'autre, chaque choc écarte le précédent. Le tumulte permanent dissout toute hiérarchisation. Il devient la condition même d'un régime qui se nourrit de la confusion et prospère sur l'épuisement des contre-pouvoirs.

La scène internationale n'est aucunement épargnée par les obsessions et provocations présidentielles. L'attrait de Trump pour le Groenland en est la caricature parfaite. Exiger l'annexion ou l'achat d'un territoire appartenant à un allié historique relève d'une conception du monde où la souveraineté se négocie comme un bien immobilier. Comme ses attaques inquiétantes et répétées contre les partenaires de l'OTAN le prouvent, la stratégie collective n'a de valeur que si elle rapporte immédiatement.

Groenlandais et Danois dans la rue pour dire "Naamik" à Trump

Et les coups d'éclat se succèdent. Le spectaculaire enlèvement du président vénézuélien Nicolás Maduro, brandi comme un trophée, relève de la démonstration virile et de la soif des matières premières. À l'inverse, le tapis rouge déroulé à Vladimir Poutine et l'ambiguïté constante face à une Ukraine soutenue un jour, et bousculée le lendemain, heurtent les Européens. L'instrumentalisation de la puissance l'emporte sur toute considération juridique ou valeur morale.

Donald Trump joue sur les peurs, gouverne à l'ego, exige l'allégeance, confond critique et trahison, et voit dans les institutions autant d'entraves personnelles. La justice est délégitimée, la presse disqualifiée. Les opérations indignes et inhumaines de l'ICE ne traduisent pas une politique migratoire sévère, mais une volonté d'afficher sa force brutale. Rien n'est laissé au hasard. Même l'obsession pour le prix Nobel de la paix s'inscrit dans cette dramaturgie narcissique d'un mégalomane en manque de reconnaissance.

Qu'est-ce que le "Conseil de paix" de Donald Trump, que la Hongrie a déjà accepté de rejoindre ?

Ces dérives seraient impensables sans la soumission d'un Parti républicain réduit à l'obéissance, ni sans une forme de passivité ou de résignation collective qui interroge. C'est ainsi qu'un an après l'investiture, l'usure par l'outrance se banalise. Trois cent soixante-cinq jours ont suffi pour montrer que la sidération et le cynisme peuvent devenir une méthode de gouvernement. Reste à savoir combien de temps une grande démocratie – dans un ordre mondial fragilisé – peut survivre à un clan qui confond autorité et domination, et gouverne moins pour les Américains que pour son propre intérêt.

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