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La scierie Outardes, à Baie-Comeau, cesse ses activités pour une période indéfinie. Les 186 employés mis à pied ont été rencontrés mardi matin, confirme le directeur des affaires publiques de Domtar, Guillaume Julien.
Cette fermeture affecte également 160 travailleurs aux activités forestières engagés par des entreprises de la région, qui approvisionnent la scierie de Baie-Comeau.
Guillaume Julien mentionne qu'il s'agit d'une « très mauvaise nouvelle », et évoque trois facteurs qui expliquent des conditions économiques défavorables : la faible demande pour le bois d'œuvre, les tarifs douaniers américains de 45 % ainsi que les coûts élevés pour la transformation du bois.

La faible demande pour le bois d'œuvre s’explique par un marché immobilier au ralenti, lui-même causé par des taux d’intérêt trop élevés. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Benoît Jobin
Ce n’est pas une année facile, déplore-t-il. C'est le cumul de trois ans de ralentissements majeurs dans l'industrie du bois-d'œuvre.
Le directeur des affaires publiques explique que Domtar se doit d’ajuster sa production à la demande du marché. On sent un ralentissement de l’économie : les taux d’intérêt sont élevés, il y a peu de maisons qui se bâtissent, les gens ne rénovent pas leur maison, il y a une demande moins forte sur les produits du bois, et ça a un impact sur le prix. On n’a pas le choix pour assurer la pérennité de l’entreprise.
Le cas Côte-Nord
Des changements réglementaires sont nécessaires pour améliorer la performance dans l'industrie, particulièrement sur la Côte-Nord, pense aussi Guillaume Julien.
Domtar identifie un problème structurel dans la région. L'entreprise expose que les coûts des activités forestières y sont plus élevés de près de 10 %, comparativement à une région comme le Lac-Saint-Jean.
C’est donc toute l'organisation du travail qui doit être revue, ainsi que la façon d’y faire de la sylviculture, continue Guillaume Julien. Comment diminuer les temps de transport, le kilométrage, les chemins à bâtir?, se questionne-t-il.

La réforme du régime forestier, abandonnée par Québec, aurait modernisé la façon dont les compagnies forestières opèrent, selon Domtar. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada
La compagnie cesse aussi ses activités temporairement dans deux autres de ses scieries, en Ontario et en Floride. L'arrêt de la production représente une perte de 150 millions de pieds-planches.
On comprend l’impact sur les travailleurs et leurs familles. C’est une décision difficile qu’on ne prend pas à la légère, termine Guillaume Julien.
La reprise des activités dépendra de l’évolution des conditions de marché.

4:31
Face aux difficultés qu'éprouve l'industrie forestière, l'Alliance forêt boréale réclame des mesures d'aide concrètes de la part de Québec pour aider le secteur. Charles Alexandre Tisseyre en a discuté avec le président du regroupement, Yanick Baillargeon.
Photo : Radio-Canada / Annie-Claude Brisson
Les élus veulent des solutions
Les élus de la région ont participé à une rencontre mardi avec les dirigeants de la scierie. Ils tentent de trouver des solutions pour assurer sa réouverture.
C’est un coup de tonnerre, commente le préfet de la MRC de Manicouagan, Guillaume Tremblay. J’assure que la MRC va faire des actions dans le but de redémarrer l’usine le plus rapidement possible, et nous assurer que les travailleurs retrouvent leur emploi.
On est dans une course contre la montre.
Le maire de Baie-Comeau, Michel Desbiens, parle d'une très mauvaise nouvelle pour la région.
Je ne m’attendais pas à cette nouvelle. Nos pensées sont pour les travailleurs, on travaille fort pour que l’usine rouvre.

Guy Simard de ID Manicouagan, Yves Montingy député de René-Lévesque, Michel Desbiens maire de Baie-Comeau, Guillaume Tremblay préfet de Manicouagan et Julien Normand maire de Pointe-aux-Outardes ont rencontrés la direction de la scierie Outardes, mardi.
Photo : Radio-Canada / Benoit Jobin
Sur les réseaux sociaux, la députée bloquiste Marilène Gill réclame des mesures concrètes de la part d'Ottawa, telles qu'une subvention salariale ciblée pour maintenir le lien d'emploi des travailleurs, ainsi que l'accélération des démarches pour mettre fin aux tarifs américains qui fragilisent l'industrie du bois-œuvre.
La ministre provinciale responsable de la Côte-Nord, Kateri Champagne-Jourdain, assure être en lien avec la ministre de l'Emploi pour voir si des mesures d'aide et d'accompagnement peuvent être mises en place pour les personnes touchées.
Finalement, le député de René-Lévesque Yves Montigny rappelle l’importance de diversifier les marchés d’exportation ainsi que les partenaires d’affaires au-delà de la frontière sud.


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