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Le Québec foisonne de festivals de musique. Julien Renaud vient d’en faire la démonstration en battant un record Guinness. En 30 jours, du 17 juillet au 15 août, ce résident de Saguenay a assisté à des spectacles dans 34 festivals aux quatre coins du Québec.
Il bat ainsi un record de 26 festivals, établi en 2011 par un Britannique qui avait visité 13 pays d’Europe pour réussir cette tâche.
« C’est fascinant, le nombre d’événements et le nombre d’artistes qu’on a au Québec. Je trouve ça le fun de mettre ça en lumière et de le faire 100 % ici », explique en entrevue Julien Renaud, qui a fait sa sélection parmi plus d’une centaine de festivals de musique qui ont eu lieu pendant la période visée.
Ce n’est pas la première fois que Julien Renaud profite d’un nombre impressionnant de concerts estivaux. L’été dernier, il en avait vu 170, et l’été précédent, 110. « J’ai toujours tendance à compiler mes passions. Je me mets des objectifs de nombre de livres à lire chaque année, par exemple », raconte celui qui a participé à 47 festivals depuis le début de l’été.
Par ailleurs, Julien Renaud vit avec une affection neuromusculaire qui s’appelle la neuropathie des petites fibres. « J’ai eu besoin d’un fauteuil roulant pendant cinq ans pour me déplacer et je pourrais en avoir besoin à tout moment, comme les symptômes varient de manière cyclique. Disons que ça me motive d’autant plus à y aller all-in pendant que ma santé est favorable », souligne celui qui conseille régulièrement des festivals pour améliorer leur accessibilité.
Cette année, il a décidé d’officialiser son exploit, en demandant à Guinness World Records s’il pouvait défier un record existant. Sa candidature a été acceptée. Son épopée a commencé par le Festival d’été de Québec et s’est terminée avec le Show de la rentrée Desjardins d’Acton Vale. Entre les deux, il a découvert des lieux, des chansons et des gens.
« J’ai capoté sur Ultime, à Shawinigan. Je ne connaissais rien de ce festival-là, admet-il. C’est en plein milieu d’une forêt, au bout d’un chemin de campagne. J’arrive là et je vois toutes les belles lumières, des trucs accrochés partout, des petits chapiteaux. C’était super bohème, hippie. Je me sentais dans un autre monde, un peu circassien. J’avais l’inspiration pour écrire un roman avec tout ce que je voyais. »
C’est à cet événement fascinant qu’il a entendu pour la première fois les groupes Béatitude et Le Grand Carny-Bal, pour lesquels il a eu un coup de cœur. Du côté des vedettes internationales, Lorde et Gwen Stefani, qui ont respectivement chanté à Osheaga et au Festival d’été de Québec, se disputent la palme du meilleur spectacle.
Des moments de partage
Cet ancien journaliste, qui est aujourd’hui codirecteur d’un organisme de solidarité internationale à Alma, a aussi vécu un moment émouvant à La Noce, à Chicoutimi. « Une dame d’Australie est venue expressément pour voir Angine de Poitrine dans leur ville natale. On a passé la journée ensemble. Elle était une musicienne qui se payait le trip d’une vie. Elle avait l’impression d’avoir tout vu de la musique, puis [Angine de Poitrine] est apparu », raconte Julien Renaud, qui arrive toujours trois heures avant les spectacles pour être près de la scène.
Ce dernier aime les festivals pour l’expérience collective. « On est des milliers de personnes suspendues aux lèvres d’un artiste en train de faire une performance. On crie, on chante à tue-tête, on crée de nouvelles amitiés », témoigne Julien Renaud, qui prépare soigneusement ses tenues vestimentaires en fonction de l’ambiance de chaque événement.
Un road trip coûteux
Son défi a nécessité une organisation rigoureuse et une gestion serrée des dépenses. Pas question de manger trop souvent sur les sites des festivals ou de loger à l’hôtel. Quand Julien Renaud ne pouvait pas dormir chez lui, des amis ou des membres de sa famille, il dormait dans sa voiture. Ayant publicisé son projet, il a réussi à obtenir plusieurs billets de faveur. Le plus coûteux, c’était l’essence pour parcourir plus de 12 000 kilomètres.
Malgré tout, il juge qu’un été de festivals a un bon rapport qualité-prix. « C’est quasiment le prix d’un show d’Ariana Grande au Centre Bell », rapporte-t-il.
Il encourage tous les Québécois à profiter de l’offre artistique variée — du country au classique — qui se trouve dans toutes les régions de la province. « Il y en a pour tous les goûts. Vous pouvez vous retrouver dans une foule de 10 000 personnes ou vous asseoir dans un plus petit festival », dit-il.
Julien Renaud a méticuleusement consigné toute trace de son parcours. Il ne lui reste qu’à soumettre les preuves à Guinness World Records, qui lui confirmera d’ici quelques semaines s’il respecte les critères pour être détenteur du record mondial.


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