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C'est le genre d'information qui risque d'être périmée deux heures après sa publication: selon France Info, au 26 octobre 2026, on comptait 34 candidats et candidates à l'élection présidentielle française de 2027, de Jean-Luc Mélenchon à Marine Le Pen en passant par Francis Lalanne et Sylvain Durif. La liste pourrait encore évoluer dans les semaines à venir (Xavier Bertrand, on t'attend).
Certains candidatures modestes finiront sans nul doute par être retirées au nom du réalisme, du manque de moyens et de l'absence de parrainages. Mais dans le même temps, d'autres pourraient encore s'y ajouter –comme lorsque Natacha Polony, persuadée d'être la femme providentielle que la France attendait, s'est officiellement présentée le 14 octobre dernier.
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Quel que soit le nombre de candidatures (qui devrait être sensiblement inférieur à 34) s'offrant à nous le matin du 18 avril 2027, on pourra au choix se réjouir de la variété des propositions, signe d'une démocratie en bonne santé, ou s'agacer du fait que tant d'hommes et de femmes pensent être aptes à diriger le pays malgré leur absence d'expérience, de charisme, de programme et de vision politique. Comme tous les cinq ans (le mandat 1995-2002 fut le dernier septennat), un sentiment de trop-plein dominera de toute façon les débats. Mais cette surcharge-là est-elle particulièrement forte en 2027? Une étude de quelques chiffres peut aider à se faire une idée de la réponse.
2022, un sacré capharnaüm
Pour bien comprendre les différents destins susceptibles de s'offrir aux candidats et candidates à la présidentielle, étudions la dernière élection en date, celle de 2022. Au bout du compte, 12 candidatures avaient été validées par le Conseil constitutionnel grâce à l'obtention des fameuses 500 signatures d'élu·es. Nathalie Arthaud, Nicolas Dupont-Aignan, Anne Hidalgo, Yannick Jadot, Jean Lassalle, Marine Le Pen, Emmanuel Macron, Jean-Luc Mélenchon, Valérie Pécresse, Philippe Poutou, Fabien Roussel et Éric Zemmour avaient ainsi pu s'affronter dans un dodécagone sans règles.
Il existe six catégories d'individus pour lesquels il n'était pas possible de voter lors du premier tour de l'élection 2022 mais dont la candidature a été évoquée ou (au minimum) activement souhaitée:
- 11 n'ayant pas franchi le cap de la primaire de leur parti ou groupe politique (2 au PCF, 1 au PS, 4 au Pôle écologiste, 4 chez Les Républicains, auxquels on pourrait ajouter les noms proposés dans le cadre de la Primaire populaire);
- 43 candidat·es (François Asselineau, Anasse Kazib, Hélène Thouy…) ont fini avec un nombre de parrainages insuffisant (dont 16 qui n'en ont obtenu aucun, comme Éric Drouet ou Jean-Marc Governatori);
- 4 candidat·es se ont annoncé leur retrait avant la fin de la clôture des parrainages et après en avoir obtenu au moins 1 (Florian Philippot et son unique parrainage, Christiane Taubira et ses 181 signatures…);
- 5 ont déclaré forfait alors que leur score était de 0 parrainage (Jacline Mouraud, Eva Son-Forget…);
- 19 personnes ont reçu au moins un parrainage alors qu'elles n'étaient pas candidates, de Thomas Pesquet à Guillaume Meurice (car, comme lors des élections de délégué·es de classe, on peut accorder son vote à quelqu'un qui n'a pas fait vœu de candidature, que ce soit parce qu'on le trouve beau gosse ou qu'on souhaite qu'il se présente).
Joli capharnaüm, non? Il est trop tôt pour réaliser une telle liste à propos de l'élection de 2027, mais à titre de comparaison, on peut donner les chiffres équivalents pour les éditions précédentes:
- candidatures validées: 11 en 2017, 10 en 2012, 12 en 2007, 16 en 2002 (record absolu);
- défaites lors d'une primaire : 12 en 2017, 7 en 2012, 4 en 2007;
- candidat·es n'ayant pas reçu assez de parrainages: 46 (dont 20 à 0 signature) en 2017, 29 en 2012, 27 en 2007;
- retraits de candidatures avant la clôture des parrainages : 13 (dont 8 à 0 signature) en 2017, 13 en 2012, 6 en 2007;
- personnes ayant reçu au moins 1 signature bien que n'ayant pas présenté leur candidature: 18 en 2017.
L'élection de 2002 et les précédentes sont moins riches en statistiques précises, mais au doigt mouillé, on peut affirmer que la pagaille était tout aussi immense. Ces quelques statistiques permettent en tout cas de pouvoir dresser un semblant de comparatif avec le scénario de 2027. On ne connaît pas le nombre de candidatures validées par le Conseil constitutionnel pour le scrutin à venir, puisque la clôture des parrainages est fixée au vendredi 12 mars, soit six semaines avant le premier tour de l'élection.
De nombreux événements peuvent donc encore se produire, dont l'organisation d'une primaire de la droite –c'est peu probable, mais c'est néanmoins ce que demande David Lisnard, qui cette fois n'en a pas «rien à foutre». En revanche, on sait que:
- 4 personnalités (Olivier Faure, Jérôme Guedj, Emmanuel Maurel, Ségolène Royal) ont été défaites par Raphaël Glucksmann lors de la primaire socialiste (ce qui doit être dur à avaler);
- 3 candidatures (Clémentine Autain, Gabriel Lucas-Lundy, Lydie Massard) ont d'ores et déjà été retirées;
- de nombreuses personnalités pressenties ont refusé de se lancer dans la course afin de soutenir une candidature plus favorable ou judicieuse que la leur (Philippe Poutou, François Bayrou, Valérie Pécresse refusent par exemple de rempiler).
À ce stade, il n'est possible que de procéder par projection. Mais quand plusieurs médias annoncent que le morcellement de la classe politique pourrait mener vers un record du nombre de candidatures validées par le Conseil constitutionnel, c'est davantage par sensationnalisme qu'au prix d'une réelle analyse.
L'un des facteurs-clés est la perspective d'un très gros score réalisé par l'extrême droite en 2027, qui pousse la vraie gauche (et une part de l'extrême gauche) à se rassembler dès maintenant derrière la candidature insoumise de Jean-Luc Mélenchon, le seul qui semble actuellement capable d'empêcher Marine Le Pen et ses sbires d'accéder à l'Élysée et de couler définitivement la France.
Dans cette optique, on miserait plutôt sur un nombre final de candidatures relativement réduit, atteignant tout juste le score historiquement bas de 2012 (10 postulant·es). Si cette prédiction est vérifiée, cela entérinera le fait que si chaque élection présidentielle nous semble d'abord plus bordélique que la précédente, c'est parce que nous avons la mémoire courte et que nous oublions aisément que c'était déjà sacrément le foutoir cinq ans auparavant.





























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