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Par Corine Lesnes
Publié aujourd’hui à 18h00Article réservé aux abonnés
Histoire« America 250 » (9/13). Les « folles » années 1920 ont vu croître de concert le consumérisme, le puritanisme et la xénophobie aux Etats-Unis. Sinclair Lewis, originaire de Sauk Centre, bourgade rurale du Minnesota, accède à la célébrité avec ses satires acides du mode de vie américain, qui résonnent aujourd’hui encore.
Sinclair Lewis, à Sauk Centre (Minnesota), en 1948. Pas un, ni deux ni même trois. Dans le salon de Patricia Lewis, à Saint Cloud (Minnesota), ce sont cinq drapeaux confédérés qui accueillent le visiteur. Encadrés par deux portraits tout aussi sulfureux, de Robert E. Lee et de Stonewall Jackson, les chefs militaires du camp sudiste pendant la guerre de Sécession (1861-1865). « Patti », 79 ans, a grandi près d’Orangeburg, en Caroline du Sud, le premier Etat esclavagiste à avoir quitté l’Union en décembre 1860, l’un de ces endroits où les plaies ne se sont jamais refermées. Elégante, accueillante, elle est ce que les Américains appellent une « Southern lady ».
A une époque de batailles mémorielles, ses enfants lui ont conseillé d’envoyer les drapeaux au musée, mais elle n’a pas encore pu s’y résoudre. C’est un hommage aux victimes, un pan d’histoire. Dans sa jeunesse, les anciennes caches des combattants étaient encore visibles à Orangeburg. Elle reste persuadée que la guerre civile aurait pu être évitée. « Si le Nord n’avait pas été aussi brutal, s’ils n’avaient pas cherché à nous rabaisser »…
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