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2025 dans l’œil de Valérian Mazataud

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Les photographes posent un regard très personnel sur l’actualité. Nous avons demandé aux nôtres de choisir leurs images préférées de l’année qui s’achève. Entre tempête hivernale, reportage au Salvador et portraits d’artistes, voici la sélection de Valérian Mazataud. Propos recueillis par Sarah Collardey.

La célèbre robe en viande de Jana Sterbak a été photographiée à l’occasion de l’exposition de cette artiste reconnue mondialement au musée des Hospitalières, à Montréal. Valérian Mazataud trouvait intéressant le contraste «entre cette robe de chair, qui symbolise la domination du patriarcat sur la femme, et la statue religieuse» de saint Jean. Celle-ci est issue de la collection du Musée des Hospitalières de l’Hôtel-Dieu de Montréal.

Photo: Valérian Mazataud Le Devoir La célèbre robe en viande de Jana Sterbak a été photographiée à l’occasion de l’exposition de cette artiste reconnue mondialement au musée des Hospitalières, à Montréal. Valérian Mazataud trouvait intéressant le contraste «entre cette robe de chair, qui symbolise la domination du patriarcat sur la femme, et la statue religieuse» de saint Jean. Celle-ci est issue de la collection du Musée des Hospitalières de l’Hôtel-Dieu de Montréal.

En février 2025, Montréal a reçu plus de 70 cm de neige dans deux tempêtes séparées d’à peine 48 heures. Valérian a passé une bonne partie de la journée du 16 février dehors pour capter ce moment. «C’était vraiment fantomatique», relate-t-il. Sur cette photo, qui rend compte de l’intensité de la tempête, «le bruit semble étouffé, et l’image aussi. Tout le monde a l’air un peu zombie, un peu perdu».

Photo: Valérian Mazataud Le Devoir En février 2025, Montréal a reçu plus de 70 cm de neige dans deux tempêtes séparées d’à peine 48 heures. Valérian a passé une bonne partie de la journée du 16 février dehors pour capter ce moment. «C’était vraiment fantomatique», relate-t-il. Sur cette photo, qui rend compte de l’intensité de la tempête, «le bruit semble étouffé, et l’image aussi. Tout le monde a l’air un peu zombie, un peu perdu».

En décembre 2024, «Le Devoir» a publié un texte sur l’installation artistique «squat de luxe», de l’artiste Marc-Antoine Goyette, nichée au cœur d’un bâtiment à l’abandon de la Ville de Montréal. Puis, au début janvier 2025, des inspecteurs de la Ville sont venus sur les lieux. Valérian Mazataud se souvient que le studio de style victorien était si bien caché que M. Goyette a dû guider les inspecteurs. «Ils ne l’auraient jamais trouvé sinon.» Le photographe remarque le contraste entre la tenue de l’artiste et «les deux agents, qui sont habillés d’une combinaison ultrasanitaire et ultrasécuritaire».

Photo: Valérian Mazataud Le Devoir En décembre 2024, «Le Devoir» a publié un texte sur l’installation artistique «squat de luxe», de l’artiste Marc-Antoine Goyette, nichée au cœur d’un bâtiment à l’abandon de la Ville de Montréal. Puis, au début janvier 2025, des inspecteurs de la Ville sont venus sur les lieux. Valérian Mazataud se souvient que le studio de style victorien était si bien caché que M. Goyette a dû guider les inspecteurs. «Ils ne l’auraient jamais trouvé sinon.» Le photographe remarque le contraste entre la tenue de l’artiste et «les deux agents, qui sont habillés d’une combinaison ultrasanitaire et ultrasécuritaire».

En juin dernier, Valérian Mazataud et la journaliste Lisa-Marie Gervais sont allés au Salvador faire un reportage sur l’hypersécurisation du pays et son fort taux d’emprisonnement. Ils se sont rendus devant le «Penalito», un petit pénitencier de San Salvador qui sert de prison temporaire lors de transferts. Le photographe précise qu’au Salvador, il n’y a aucune communication entre les prisonniers et leur famille. Ainsi, des parents venaient devant cet établissement tous les soirs en espérant croiser leur enfant lors d’un transfert. «Cette scène est assez touchante parce que les deux prisonniers sont enchaînés, en caleçon et en train d’embrasser leur parent en pleurant. Ce sont tous des étrangers les uns pour les autres, mais ils sont obligés de partager ce moment intime parce qu’ils sont menottés ensemble.»

Photo: Valérian Mazataud Le Devoir En juin dernier, Valérian Mazataud et la journaliste Lisa-Marie Gervais sont allés au Salvador faire un reportage sur l’hypersécurisation du pays et son fort taux d’emprisonnement. Ils se sont rendus devant le «Penalito», un petit pénitencier de San Salvador qui sert de prison temporaire lors de transferts. Le photographe précise qu’au Salvador, il n’y a aucune communication entre les prisonniers et leur famille. Ainsi, des parents venaient devant cet établissement tous les soirs en espérant croiser leur enfant lors d’un transfert. «Cette scène est assez touchante parce que les deux prisonniers sont enchaînés, en caleçon et en train d’embrasser leur parent en pleurant. Ce sont tous des étrangers les uns pour les autres, mais ils sont obligés de partager ce moment intime parce qu’ils sont menottés ensemble.»

Valérian Mazataud a réalisé ce portrait de l’autrice-compositrice-interprète Stéphanie Boulay à l’occasion de la sortie de son album «Est-ce que quelqu’un me voit?». Il a souhaité représenter «l’idée de se sentir différent des autres, de grandir en étant différent», parce qu’il aime jouer avec les titres des œuvres. La composition avec les personnes de dos en arrière-plan et le regard de l’artiste sur le côté, «ça marche bien», dit le photographe. Un fait amusant se cache derrière cette photo: les gens de dos sont les membres de l’équipe de communication de Stéphanie Boulay, qui ont accepté de prendre la pose.

Photo: Valérian Mazataud Le Devoir Valérian Mazataud a réalisé ce portrait de l’autrice-compositrice-interprète Stéphanie Boulay à l’occasion de la sortie de son album «Est-ce que quelqu’un me voit?». Il a souhaité représenter «l’idée de se sentir différent des autres, de grandir en étant différent», parce qu’il aime jouer avec les titres des œuvres. La composition avec les personnes de dos en arrière-plan et le regard de l’artiste sur le côté, «ça marche bien», dit le photographe. Un fait amusant se cache derrière cette photo: les gens de dos sont les membres de l’équipe de communication de Stéphanie Boulay, qui ont accepté de prendre la pose.

Passionné d’art, le photographe est toujours ravi lorsqu’il doit rendre visite à des artistes dans leur studio de création et découvrir tout ce qui s’y cache. Il a pris cette photo dans l’atelier de l’artiste pluridisciplinaire Paras Vijan dans le Mile-Ex, à Montréal. Dans ce type de reportage, Valérian ne mise pas sur le portrait posé. Au contraire, il cherche à avoir une photo dynamique pour représenter l’artiste dans son milieu. Le photographe souligne la «composition géométrique très intéressante» que constituent le bras de l’artiste, le rouleau sous son bras, la table et les photos accrochées au mur. «Tout de suite quand je l’ai vue [la photo], je savais que c’était la bonne.»

Photo: Valérian Mazataud Le Devoir Passionné d’art, le photographe est toujours ravi lorsqu’il doit rendre visite à des artistes dans leur studio de création et découvrir tout ce qui s’y cache. Il a pris cette photo dans l’atelier de l’artiste pluridisciplinaire Paras Vijan dans le Mile-Ex, à Montréal. Dans ce type de reportage, Valérian ne mise pas sur le portrait posé. Au contraire, il cherche à avoir une photo dynamique pour représenter l’artiste dans son milieu. Le photographe souligne la «composition géométrique très intéressante» que constituent le bras de l’artiste, le rouleau sous son bras, la table et les photos accrochées au mur. «Tout de suite quand je l’ai vue [la photo], je savais que c’était la bonne.»

«C’est toujours un privilège de rencontrer des légendes culturelles», comme Louise Forestier, affirme Valérian. Il a eu l’occasion de photographier la chanteuse dans le cadre de la sortie de son album «Vieille Corneille». Le photographe se promène toujours avec «un petit kit d’accessoires» dans son sac, et, ce jour-là, une couverture de survie s’y trouvait. Sa première idée était simplement d’envelopper Louise Forestier dans la couverture. «Son assistante est venue l’aider, et tout de suite j’ai commencé à faire des photos, puis j’ai adoré le fait qu’il y ait les mains [de la chanteuse] plus les mains en arrière», raconte-t-il. Cette composition crée «une ambiance disco moderne où les corps se côtoient en dansant». Il ajoute que cette photo vient «renouveler» l’image de cette «légende des années 1970» dans la mémoire du public.

Photo: Valérian Mazataud Le Devoir «C’est toujours un privilège de rencontrer des légendes culturelles», comme Louise Forestier, affirme Valérian. Il a eu l’occasion de photographier la chanteuse dans le cadre de la sortie de son album «Vieille Corneille». Le photographe se promène toujours avec «un petit kit d’accessoires» dans son sac, et, ce jour-là, une couverture de survie s’y trouvait. Sa première idée était simplement d’envelopper Louise Forestier dans la couverture. «Son assistante est venue l’aider, et tout de suite j’ai commencé à faire des photos, puis j’ai adoré le fait qu’il y ait les mains [de la chanteuse] plus les mains en arrière», raconte-t-il. Cette composition crée «une ambiance disco moderne où les corps se côtoient en dansant». Il ajoute que cette photo vient «renouveler» l’image de cette «légende des années 1970» dans la mémoire du public.

Cette photo fait partie de celles qui ont marqué les esprits. Valérian l’a prise pendant une mêlée de presse de Gilbert Rozon, lors de la reprise de son procès à la fin du mois d’août. «J’ai vu le cadre, puis j’ai pensé que je pourrais essayer de le mettre dedans, mais sans plus, parce que c’est un peu un classique, en photo, de créer un cadre dans le cadre», dit-il. Ce n’est qu’en voyant la photo au moment de l’édition qu’il a réalisée qu’elle transmettait également un message. «Il y a un résumé ici du procès de cet homme qui était le roi de l’humour au Québec et qui est accusé d’avoir abusé de son pouvoir, explique-t-il. Il y a aussi les deux chevelures blondes qui pourraient symboliser toutes les femmes concernées par le procès.»

Photo: Valérian Mazataud Le Devoir Cette photo fait partie de celles qui ont marqué les esprits. Valérian l’a prise pendant une mêlée de presse de Gilbert Rozon, lors de la reprise de son procès à la fin du mois d’août. «J’ai vu le cadre, puis j’ai pensé que je pourrais essayer de le mettre dedans, mais sans plus, parce que c’est un peu un classique, en photo, de créer un cadre dans le cadre», dit-il. Ce n’est qu’en voyant la photo au moment de l’édition qu’il a réalisée qu’elle transmettait également un message. «Il y a un résumé ici du procès de cet homme qui était le roi de l’humour au Québec et qui est accusé d’avoir abusé de son pouvoir, explique-t-il. Il y a aussi les deux chevelures blondes qui pourraient symboliser toutes les femmes concernées par le procès.»

Valérian est toujours à la recherche de nouvelles idées ou de nouvelles inspirations pour ses photos. «Je regarde plein de techniques en photo, puis je me fais des catalogues avec des idées en me disant que ça serait intéressant de les essayer un jour.» Comme pour la photo de Stéphanie Boulay, il a souhaité jouer avec un titre, cette fois celui du nouveau roman de Gabrielle Boulianne-Tremblay «La fille de la foudre». Son idée était de mettre le flash de son appareil photo dans les mains de l’autrice québécoise pour projeter la lumière face à la lentille de sa caméra. «On a dû faire pas mal d’essais [et] erreurs», reconnaît-il, car le flash créait des «taches» de lumière sur l’image et le photographe devait faire en sorte que celles-ci soient au bon endroit.

Photo: Valérian Mazataud Le Devoir Valérian est toujours à la recherche de nouvelles idées ou de nouvelles inspirations pour ses photos. «Je regarde plein de techniques en photo, puis je me fais des catalogues avec des idées en me disant que ça serait intéressant de les essayer un jour.» Comme pour la photo de Stéphanie Boulay, il a souhaité jouer avec un titre, cette fois celui du nouveau roman de Gabrielle Boulianne-Tremblay «La fille de la foudre». Son idée était de mettre le flash de son appareil photo dans les mains de l’autrice québécoise pour projeter la lumière face à la lentille de sa caméra. «On a dû faire pas mal d’essais [et] erreurs», reconnaît-il, car le flash créait des «taches» de lumière sur l’image et le photographe devait faire en sorte que celles-ci soient au bon endroit.

Lors de grands événements avec un tapis rouge, comme le Gala de l’ADISQ, Valérian essaie toujours d’avoir des photos originales des artistes, qui ne ressembleront pas à celles de tous les autres photographes présents sur place. «J’essaie d’attraper les artistes avant ou après le tapis rouge. Je trouve que ça vient créer de petits clins d’œil, des moments un peu anodins.» Il a alors capté Lou-Adriane Cassidy, la grande gagnante de la soirée, juste avant son passage sur le tapis rouge. «Je trouve que cette photo fait un peu “backstage”, et les gens aiment voir ça aussi.»

Photo: Valérian Mazataud Le Devoir Lors de grands événements avec un tapis rouge, comme le Gala de l’ADISQ, Valérian essaie toujours d’avoir des photos originales des artistes, qui ne ressembleront pas à celles de tous les autres photographes présents sur place. «J’essaie d’attraper les artistes avant ou après le tapis rouge. Je trouve que ça vient créer de petits clins d’œil, des moments un peu anodins.» Il a alors capté Lou-Adriane Cassidy, la grande gagnante de la soirée, juste avant son passage sur le tapis rouge. «Je trouve que cette photo fait un peu “backstage”, et les gens aiment voir ça aussi.»

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