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Près de 75 personnes, dont une majorité de Rivière-Verte, se sont déplacées au conseil municipal d’Edmundston mardi soir, afin d'assister à la présentation du Groupe Westco sur un projet de poulailler industriel controversé dans leur quartier.
Le Groupe Westco est allé droit au but : il souhaite prendre de l’expansion en dehors du Haut-Madawaska, où se trouve actuellement la majorité de leurs installations.
Une meilleure répartition de leurs poulaillers sur le territoire permettrait entre autres de réduire considérablement les risques de propagation des maladies dans leurs bâtiments, comme la grippe aviaire.

La présentation du Groupe Westco était attendue des citoyens de Rivière-Verte.
Photo : Radio-Canada / Allyson Dubé
On veut sortir de Saint-François et regarder à faire des plus petits sites, a expliqué Thomas Soucy, président-directeur général du Groupe Westco.
Thomas Soucy estime que les terrains visés à Rivière-Verte constituent un emplacement de choix pour le projet. Il cite sa proximité avec l’autoroute, le dénivelé plat, l'absence de résidences à moins de 500 mètres, la disponibilité en eau et un sol compatible. Le groupe Westco estime aussi que ces terrains sont suffisamment loin des cours d’eau.

Le président-directeur général du Groupe Westco, Thomas Soucy, a l'habitude de faire de présentation du genre.
Photo : Radio-Canada / Yves Levesque
Un projet de grande ampleur
À Rivière-Verte, l'entreprise souhaite bâtir quatre poulaillers d’un étage, sur deux terrains de la rue Industrielle. Ces installations permettraient d’accueillir jusqu’à 200 000 poules en même temps.
On parle ici de poules de 6 ou 7 livres à maturité. Sachant qu'un poussin prend huit semaines à maturer, ces poulaillers pourraient produire un peu plus de six lots par an.

Des petits poulets dans un poulailler. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Thomas Laberge
L’ensemble des poulaillers embaucherait trois ou quatre employés, un élément qui a fait sourciller plus d'un citoyen dans la salle.
Si les citoyens du quartier Rivière-Verte sont venus en grand nombre, c’est parce que le projet les préoccupe. Les odeurs, la proximité des cours d'eau et des maisons les inquiètent particulièrement.
Tous les gens qui sont ici n’ont rien contre la production de poulet, on est des gens carnivores. On est ici pour s’opposer, pas parce qu’on déteste Westco, mais on est contre l’emplacement où ils veulent s’établir présentement. Il y a amplement d’autres places dans le nord-ouest, a expliqué Philippe Bérubé, conseiller du quartier 2 du DSL de Rivière-Verte. Ce DSL est situé à proximité du quartier Rivière-Verte.
Peu de désagréments, selon Westco
Thomas Soucy a affirmé à mainte reprise que ces modèles de poulailler en béton n’émettent pas vraiment d’odeur.
C’est sûr qu’il peut y avoir des odeurs à 100 mètres, mais pas à 2 kilomètres, a-t-il confirmé.
Le fumier sera toujours à l’intérieur, sauf lors d’opérations de ramassage.
Chaque 8 semaines, on va effectuer du curage, donc l’équipement va entrer ramasser le fumier, et le fumier ne reste pas sur le site, le fumier sera chargé dans des camions. Il n’y aura pas d'entrepôt de fumier sur place. Chaque jour, les poulets morts sont mis dans une bâtisse réfrigérée, toutes les semaines, un camion va les récupérer, explique-t-il.

Le Groupe Westco opère plusieurs autres installations dans le nord-ouest, comme ici à Saint-François-de-Madawaska. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada
La présence d’un puits déjà creusé sur les terrains visés par le groupe Westco a aussi suscité des questionnements.
À cela, Groupe Westco a répondu qu’ils creusent toujours des puits sur les terrains potentiels avant de les acheter pour vérifier si la quantité d’eau est suffisante et de bonne qualité pour leur projet. Ce puits ne confirme pas l’achat des terrains.
Un projet encore embryonnaire
Le projet en est encore à ses premières étapes. Rien n’est coulé dans le béton.
Je pense qu’on ne peut pas être plus transparent que ça ce soir, même que la présentation du projet vient plus tard dans le processus, mais on l’a devancé parce qu’on savait que les gens avaient des questions, a commenté le maire d'Edmundston, Éric Marquis.
La municipalité a entamé les procédures de modification de zonage mardi soir, à la suite de la présentation.
Une première lecture de l’arrêté sera effectuée lors de la réunion publique du mois de novembre. La municipalité devrait prendre une décision en janvier.


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