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Le vélo s’ancre de plus en plus dans les habitudes de transport des Québécois. L'an dernier, près de 2,7 millions d’entre eux ont enfourché un vélo pour un déplacement utilitaire – aller à l'école ou au travail, faire des courses ou rendre visite à des proches, par exemple.
Seulement entre 2020 et 2025, le nombre de cyclistes utilisant le vélo comme moyen de transport plutôt que comme activité de loisir ou sportive a augmenté de 28 % chez les adultes et de 24 % chez les enfants.
C'est l'un des constats du rapport L’état du vélo au Québec en 2025, paru jeudi. Ce bilan quinquennal, préparé par Vélo Québec, est publié depuis 1995.
Selon l'organisme, ce sommet historique de cyclistes utilitaires s'explique principalement par le développement de pistes cyclables sécuritaires et entretenues tout au long de l’année depuis la pandémie : on peut penser notamment à la mise en place du Réseau Express Vélo (REV) à Montréal ou les Corridors VivaCité (CVC) à Québec.

Le PDG de Vélo Québec, Jean-François Rheault. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Arnaud Perron-Bouchard
Il y a eu une belle croissance, qui s'explique par le gouvernement du Québec qui, depuis 8 ans, a beaucoup augmenté les sommes disponibles pour les municipalités pour développer le réseau cyclable, s’est réjoui le PDG de Vélo Québec, Jean-François Rheault, en entrevue jeudi à Tout un matin, sur les ondes d'ICI PREMIÈRE.
Partout au Québec, on a ajouté plusieurs milliers de kilomètres de pistes cyclables depuis 5 ans, et c'est ce qui fait la différence.
Ces nouvelles infrastructures font augmenter la proportion de déplacements effectués à bicyclette dans plusieurs villes québécoises, selon Vélo Québec.
En cinq ans, la proportion des déplacements à vélo par rapport aux autres modes de transports a augmenté de 56 % dans la partie centrale de l’Île de Montréal (pour atteindre 7,8 % en 2023), de 50 % en 6 ans à Québec (2,4 % en 2023), mais aussi de 92 % en 11 ans à Gatineau (2,5 % en 2022), lit-on dans le rapport.

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Regardez le reportage de Valérie-Micaela Bain et l'entrevue de Jean-François Rheault, président-directeur général de Vélo Québec.
L'électrique et le libre-service ont la cote
Parmi les autres facteurs qui expliquent cette croissance continue de la popularité du vélo, M. Rheault cite la démocratisation du vélo à assistance électrique (VAE) et des vélos en libre-service.
Sur l’ensemble des Québécois ayant fait du vélo en 2025, plus du quart ont enfourché un vélo à assistance électrique (VAE), soit environ 900 000 personnes. Qui plus est, près du tiers des vélos vendus en 2025 étaient à assistance électrique.
Quant au vélo en libre partage, désormais disponible dans 22 villes au Québec, 19 % des cyclistes ont recours à ce service en 2025. Cela représente un total de 16 millions de trajets, contre 4 millions en 2020.

641 000 Québécois ont utilisé un vélo en libre-service pour se déplacer en 2025, dont le service BIXI.
Photo : Radio-Canada / Jean-Claude Taliana
Malgré cette popularité, le vélo ne remplace pas la voiture pour autant. 93 % des cyclistes ont un permis de conduire, 87 % ont une voiture. Un jour ils vont décider de se déplacer en voiture, un jour ils vont décider de se déplacer en vélo, expose M. Rheault.
Il souligne par ailleurs que les stations de vélos en libre-service BIXI les plus populaires durant la période estivale sont toutes situées à proximité de stations de métro, que ce soit à Longueuil, Montréal ou Laval. Les gens combinent vélo et transport en commun. Ce qu'on voit, c'est qu'il y a vraiment une complémentarité, une intermodalité, ajoute M. Rheault.
Ainsi, pour le PDG de Vélo Québec, il n’y a aucune raison d’opposer cyclistes et automobilistes, un réflexe de polarisation qu’il regrette avoir observé durant la dernière campagne électorale municipale à Montréal.
Quel avenir pour le vélo à Montréal?
M. Rheault admet tout de même avoir des inquiétudes quant à l'approche de l'administration de Soraya Martinez Ferrada face au vélo, qui a annoncé un audit de quatre pistes cyclables qu’elle juge problématiques, citant entre autres des enjeux de perte de places de stationnement ou encore de la congestion routière qui y seraient associés.
Qui plus est, Montréal a récemment suspendu le projet d'aménagement d’un REV sur le boulevard Lacordaire, dans l'est de Montréal.
Je pense que l'administration a un peu le fardeau de la preuve de dissiper le doute des cyclistes, croit M. Rheault.
Malgré tout, il dit avoir bon espoir pour l'avenir du vélo et le développement continu du réseau cyclable, peu importe les allégeances politiques de la mairie en place. En témoignent des exemples passés : Gérald Tremblay a mis en place les BIXI. Denis Coderre, en quatre ans, a fait deux fois plus de kilomètres de pistes cyclables que Valérie Plante, souligne-t-il.
Portrait des cyclistes québécois en bref
- En 2025, 4,45 millions de Québécois ont fait du vélo, soit 1,13 million d’enfants (79 %) et 3,41 millions d’adultes (52 %). Ce chiffre inclut à la fois les cyclistes utilitaires et ceux qui ont pédalé pour des raisons de loisir ou de sport.
- Parmi les Québécois, 3 % d’entre eux pratiquent tout au long de l’année, 11 % sont des cyclistes 3 saisons qui roulent au moins 3 fois par semaine, et 38 % sont des cyclistes 3 saisons qui roulent moins de 2 fois par semaine.
- Toujours en 2025, 42 % des femmes ont fait du vélo, contre 63 % des hommes. Cette disparité de genre, qui s’est creusée depuis 2015, s'explique entre autres par des craintes liées à la sécurité et des contraintes de mobilité liées aux responsabilités domestiques et familiales.
- Parmi les non-cyclistes, 19 % pensent s’y remettre dans les conditions actuelles. Par ailleurs, 13 % pourraient recommencer à rouler si les conditions de sécurité étaient améliorées et 6 % le feraient si on leur apprenait à pédaler. Enfin, 10 % se disent non intéressés par la pratique de la bicyclette.
Méthodologie : Le rapport 2025 de Vélo Québec se base sur un sondage mené à l’échelle de la province par la firme Léger à l’automne 2025 (2165 personnes répondantes; marge d’erreur associée de +/-2,1 % pour la population entière et de +/-3,1 % pour la population de cyclistes); sur des analyses de données de comptages automatiques; sur des analyses des données des enquêtes Origine-Destination; sur des données fournies par les systèmes de vélo en libreservice (BIXI, àVélo et Accès Vélo); sur des données ouvertes provenant de la Société de l’assurance automobile du Québec, d’une dizaine de municipalités québécoises via le portail Données Québec et de Statistique Canada; sur des études réalisées précédemment par ou pour Vélo Québec; ainsi que sur des données internes collectées et compilées par l’équipe de Vélo Québec.


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