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Lundi 6 juillet 2026, un homme ayant avoué le meurtre de sa compagne a été interpellé à Perpignan. L'épilogue tragique d'une relation marquée par des violences jamais signalées.
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Par Thibaut Calatayud Publié le 8 juil. 2026 à 21h22 ; mis à jour le 8 juil. 2026 à 21h34
Dix-neuf plaies au thorax, au dos et à la gorge. « La victime a été égorgée post mortem », confirme Jérôme Bourrier. Ce mercredi 8 juillet 2026, le procureur de la République de Perpignan a convoqué la presse pour évoquer le féminicide survenu à Perpignan, ce lundi 6 juillet. Les faits se sont produits en début de soirée, dans le quartier de la Porte d’Espagne. Une jeune femme de 29 ans a perdu la vie après un déchaînement de violence. Son compagnon de 30 ans, qui a reconnu les faits, évoque un « pétage de plombs ». Jérôme Bourrier révèle que ce « couple a priori paisible » vivait une relation toxique, marquée par une « emprise » et des menaces de l’homme sur sa compagne. Après le drame, les langues se délient enfin sur le calvaire que vivait la victime.
« Certaines lames étaient brisées, d’autres tordues »
« Il s’agit du premier féminicide de l’année à Perpignan », annonce le procureur. Face aux médias, le magistrat a décrit une scène « extrêmement violente, tragique et marquante ». La victime a été découverte gisant dans son appartement. Six couteaux ensanglantés ont été retrouvés à proximité du corps sans vie. « Certaines lames étaient brisées, d’autres tordues », révèle Jérôme Bourrier pour décrire la barbarie subie par cette éducatrice spécialisée.
C'est un déchaînement de violence qu'il n'est pas capable de décrire.
Quelques minutes plus tôt, la police nationale de Perpignan était alertée d’un féminicide dans le secteur de la Porte d’Espagne. C’est l’auteur présumé des faits qui a contacté les forces de l’ordre en leur donnant sa localisation et l’immatriculation de son véhicule. Selon nos informations, il a été appréhendé au volant de son véhicule par la brigade anticriminalité (BAC) de Perpignan, dans le secteur du pont Arago.
Le suspect n’était pas connu pour des violences conjugales
Le procureur a dressé le profil du trentenaire. Cet ancien chauffeur routier est actuellement sans emploi. Il est, comme la victime, originaire d’Isère. Son casier judiciaire fait notamment mention de plusieurs délits routiers et des faits liés au trafic de stupéfiants dans le quartier du Mistral, à Grenoble. L’homme serait connu pour être un « gros consommateur » de cannabis. Au moment de son interpellation, il n’était toutefois pas alcoolisé ni sous l’emprise de stupéfiants.
« Il n’y avait aucun antécédent pour des violences intrafamiliales et aucune enquête ni signalement en cours, malheureusement… », soupire Jérôme Bourrier. Les premiers éléments et témoignages recueillis montrent pourtant que cette jeune femme était sous une « emprise manifeste », décrit-il.
Des signaux existaient. Sa famille était inquiète pour elle.
Le couple s’était formé en 2017. Cette relation est très rapidement devenue toxique. Le conjoint exerçait « une forme de surveillance et des menaces parfois à l’égard de l’environnement familial » de la victime.
En 2019, le mis en cause aurait notamment pointé, avec une arme de poing, la tête de sa compagne pour qu’elle lui remette de l’argent afin de payer une dette. « Ces faits étaient malheureusement inconnus de la justice et des services de police. Aucune plainte ni aucun signalement n’avaient été réalisés », explique le magistrat.
« Il se décrit comme persécuté à Perpignan »
C’est après une énième dispute que le destin du couple a définitivement basculé dans l’horreur. Face aux enquêteurs, le suspect n’a pas contesté les faits. Il leur a également livré des déclarations confuses, « marquées par ce qui semble être des traits de personnalité à la fois paranoïaque et obsessionnel », poursuit Jérôme Bourrier. Une expertise psychiatrique a été réalisée.
Il se décrit comme persécuté à Perpignan, avec une espèce de complot à son égard. Il parle de vidéos tournées à son insu dans sa cabine, lorsqu'il était chauffeur routier. Il parle aussi d'un complot policier qui serait monté contre lui.
En garde à vue, le mis en cause aurait montré une « obsession jalouse » à l’égard de sa compagne. « Il la soupçonnait de le tromper », indique le procureur avant de préciser que la jeune femme n’avait pas montré de volonté de se séparer de son bourreau.
Il encourt la réclusion criminelle à perpétuité
Les investigations ont été confiées au service local de la police judiciaire. Une information judiciaire du chef d’homicide volontaire par conjoint a été ouverte. Un crime qui, rappelons-le, est puni par la réclusion criminelle à perpétuité.
L’homme va être déféré au palais de justice, ce mercredi 8 juillet, en début de soirée. Le parquet va requérir le placement en détention provisoire de l’individu.
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