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Élu pour la première fois en 2014, le maire sortant de Windsor, Drew Dilkens, sollicite un quatrième mandat, qu’il présente comme son dernier. Après 12 ans au pouvoir, quel regard porter sur son bilan?
En entrevue avec Radio-Canada, Drew Dilkens considère l'arrivée de l'usine de batteries NextStar Energy, un investissement de plusieurs milliards de dollars, comme l'une des principales réalisations de son administration.
Le maire rappelle avoir fait de la diversification économique une priorité dès 2018, dans un contexte d'incertitude pour l'industrie automobile.
Cette réflexion a notamment mené à l'élaboration du rapport Windsor Works, dont l'une des principales recommandations était d'attirer une usine de batteries.

Inaugurée officiellement en mars 2026, l'usine NextStar Energy de Windsor a créé 1300 emplois directs à Windsor. (Photo d’archives)
Photo : Avec l'autorisation de Stellantis
Nous avons décroché la perle rare, se réjouit aujourd'hui le maire, qui estime que cet investissement permettra à Windsor de mieux résister aux bouleversements de l'industrie automobile.
Logement et itinérance : des défis persistants
Sur le logement, Drew Dilkens défend notamment son programme Housing Solutions Made for Windsor, qui prévoit de mettre des terrains municipaux sous-utilisés à la disposition de promoteurs immobiliers.
Ce n'est pas nous qui construisons ces logements. Nous facilitons simplement l'utilisation de nos terrains, explique-t-il.
Pour Peter Graefe, professeur de science politique à l'Université McMaster et spécialiste de la politique municipale, cette approche présente toutefois des limites.
Il y a un coût très important à payer quand on fait ce choix-là. On perd un bien public [...] et on le met entre les mains du secteur privé, affirme le politologue.
M. Graefe remet également en question l'argument du maire selon lequel la construction de copropriétés haut de gamme, notamment au terrain de golf Roseland, permettrait de libérer d'autres logements sur le marché. Les gens qui vont habiter dans des unités d'un million de dollars ne libèrent pas des logements abordables, fait-il valoir.

Le projet immobilier du terrain de golf Roseland prévoit la construction de 48 copropriétés, dont les prix annoncés varient entre 450 000 $ et un million de dollars. (Photo d'archives)
Photo : Architecttura
Concernant l'itinérance, Drew Dilkens insiste sur les responsabilités des gouvernements provincial et fédéral, estimant que les municipalités ne disposent pas des ressources nécessaires pour répondre seules à cette crise.
Peter Graefe reconnaît ces contraintes financières, mais relève un certain paradoxe dans le discours des élus municipaux.
D'un côté, on a des politiciens qui se pètent les bretelles du fait que les hausses de taxes foncières ont été basses [...] En même temps, ils disent qu'ils n'ont pas de sous pour répondre à des crises importantes comme l'itinérance.
Il se demande ainsi si Windsor aurait pu faire davantage en acceptant d'augmenter ses impôts fonciers.
Drew Dilkens fait justement de la faible hausse des impôts fonciers un argument de campagne, rappelant que Windsor a enregistré, au cours du mandat actuel, la plus faible augmentation parmi les villes ontariennes.
Les pouvoirs de maire fort, un bilan controversé
Le troisième mandat de Drew Dilkens a été marqué par son utilisation répétée des pouvoirs de maire fort, accordés par la province en 2023.
Ces pouvoirs permettent notamment au maire de prendre certaines décisions administratives et, dans des circonstances prévues par la loi, de faire adopter des mesures avec l'appui d'une minorité du conseil municipal.
Drew Dilkens défend son utilisation de ces pouvoirs, affirmant avoir toujours consulté les conseillers municipaux avant de prendre des décisions importantes.
Je n'utilise pas ces pouvoirs à la légère, assure-t-il, précisant que la grande majorité des décisions du conseil ne peuvent pas être annulées par le maire.
Peter Graefe souligne toutefois les risques que ces pouvoirs représentent pour l'équilibre démocratique. Il évoque notamment la possibilité pour un maire de nommer ou de destituer certains hauts responsables municipaux, qui peut entraîner selon lui une politisation de l'administration.
Un dernier mandat pour terminer le travail
M. Dilkens souhaite maintenant poursuivre les projets entrepris, notamment le développement d'un vaste parc industriel dans le secteur de Sandwich South.
Je veux terminer le travail que j'ai commencé, affirme-t-il, promettant de quitter la mairie au terme d'un éventuel quatrième mandat.
Face à lui, le conseiller municipal Fred Francis se présente comme un candidat du changement. Cependant, Peter Graefe voit toutefois davantage de continuité que de rupture entre les deux hommes.

Peter Graefe, professeur de science politique à l’Université McMaster, rappelle que Drew Dilkens s'inscrit lui-même dans la continuité de l'administration d'Eddie Francis, ancien maire de Windsor et frère de Fred Francis. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada
On pourrait penser qu'il y aurait quand même une certaine continuité, peu importe le choix entre Drew Dilkens et Fred Francis.
Selon le politologue, tous deux défendent une approche relativement classique de la gouvernance municipale, notamment axée sur la limitation des hausses d'impôts fonciers et des solutions traditionnelles pour revitaliser le centre-ville, plutôt que des investissements dans de nouvelles approches.


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