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La présence d’un radar photo près d’un chantier de construction sur l’Autoroute 20 à la hauteur de Notre-Dame-du-Bon-Conseil a permis au gouvernement du Québec d’encaisser 12,4 millions de dollars. Le dispositif était présent lors des saisons estivales de 2025 et 2026. 29 000 constats d’infraction ont été donnés.
Avec 29 000 constats d’infraction sur un seul chantier, vous comprendrez que le monde n’a pas encore compris qu’il faut ralentir, déplore Carl Dufour, le président de la Centrale des syndicats démocratiques (CSD) Construction qui représente et protège des signaleurs routiers et travailleurs de chantiers.
Je suis à côté des cônes. Je fais une entrevue et il y a une vanne qui est passée à 120km/h. Les cônes tombent, mon casque tombe. C’est ce que les travailleurs et travailleuses vivent sur les chantiers. Quand tu as juste un cône pour te protéger, c’est un stress.
L’ajout de radars photo était une de leur demande. Ils ne font pas tout le travail. Vous en avez une belle preuve, 12 millions de dollars sur un chantier. Si ça faisait le travail, il y aurait moins [de contraventions] sur les chantiers de construction, précise M. Dufour. La vitesse est un enjeu bien réel à l’heure actuelle, selon lui. On en parlera jamais assez.
Afin d’améliorer davantage leur sécurité, le président de la CSD Construction propose l’installation de pancartes qui avertissent si des travailleurs sont sur les lieux ou non. Ça les force à ralentir un peu plus, estime-t-il.
Un piège à contraventions?
CAA Québec rappelle que l’objectif de ces radars doit être d’améliorer la sécurité routière et des travailleurs. Selon son porte-parole, Simon Bourassa, ces derniers doivent être installés à des endroits stratégiques, comme sur des chantiers de construction ou des zones accidentogènes.
Il faut déployer ces appareils-là quand le chantier est actif pour ne pas alimenter le cynisme des automobilistes, précise-t-il. Dans ce contexte précis, M. Bourassa estime qu’il s’agit plus d’une trappe à contraventions et que l’objectif de protéger les travailleurs n’est plus autant mis de l’avant.
Selon lui, ces dispositifs ne doivent pas remplacer la présence policière ou celle des signaleurs. Il faut les installer là où la surveillance traditionnelle ne peut pas être effectuée ou est plus difficile, précise-t-il.
Avec un montant de 12 millions de dollars, CAA Québec estime qu’il faut une reddition de compte de la part du ministère des Transports et de la Mobilité durable du Québec sur la performance des équipements.
Surtout sur les effets du déploiement d’une telle mesure. Il faut démontrer qu’il y a une réduction du nombre d’accidents. Que ça a fonctionné, que les gens ont ralenti, ajoute M. Bourassa. Si on a un montant important, est-ce que l’appareil est vraiment efficace? Si les gens ne ralentissent pas, se questionne-t-il.
Un radar photo installé aux abords du chantier de réfection du pont Laviolette à Trois-Rivières a aussi permis d’épingler de nombreux automobilistes. En un mois et demi, près de 18 600 contraventions ont été données. Au total, les contribuables ont dû payer un peu moins de 8,5 millions de dollars.


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