La plus grande vertèbre de mégalodon jamais découverte — 23 centimètres de diamètre — avait disparu en 1989 lors d’un transfert catastrophique. Elle vient d’être retrouvée dans une boîte oubliée au Danemark, confirmant les estimations d’un monstre des mers de 24 mètres de long. Et parmi les fragments, une surprise : des restes de requin pèlerin, probablement son dernier repas.
Ce que vous allez apprendre
- Comment cette vertèbre cruciale a disparu puis été redécouverte 28 ans plus tard dans une collection muséale
- Pourquoi confirmer son diamètre de 23 cm était scientifiquement indispensable pour valider les estimations de taille maximale du mégalodon
- Ce que les écailles de requin pèlerin trouvées dans les sédiments révèlent sur le régime alimentaire des plus grands individus
Découverte, perte, redécouverte
En 1978, des fouilles dans les carrières d’argile de Gram au Danemark ont livré une vingtaine de vertèbres d’un seul mégalodon — dont une de 23 centimètres de diamètre, la plus grande jamais trouvée. Cette vertèbre est devenue la pièce maîtresse des estimations de taille maximale du mégalodon, suggérant un prédateur pouvant dépasser 24 mètres.
En 1989, lors d’un transfert entre entrepôts, le spécimen a été gravement endommagé. Le paléontologue Frank Osbæck en a sauvé les fragments, qui ont ensuite été rangés dans une boîte… et oubliés. C’est en 2017 que Bent Erik Kramer Lindow, conservateur au Musée d’histoire naturelle du Danemark, a reconnu le contenu de cette boîte. L’inventaire complet a pris plusieurs années supplémentaires.
Une reproductibilité scientifique retrouvée
Le problème posé par la disparition du spécimen original était crucial : toutes les estimations récentes de la taille maximale du mégalodon reposaient non pas sur le fossile lui-même, mais sur des photographies. Une incertitude inacceptable pour la science, qui exige la reproductibilité des données.
Quand Kenshu Shimada, paléobiologiste à l’Université DePaul de Chicago et premier auteur de l’étude, a appris que l’une des vertèbres avait conservé son centre, il a pu mesurer directement son rayon : 11,5 centimètres, confirmant un diamètre de 23 centimètres — exactement comme annoncé en 1978. Sa réaction, dit-il, a été un « Oui ! » spontané.
Cette confirmation élimine tout doute sur le diamètre vertébral maximal qui sous-tend l’estimation d’un mégalodon de 24,3 mètres — environ deux autobus urbains mis bout à bout.
Crédit : Shimada et al., Palaeontol. Electron. , 2026Ce que la boîte contenait
La boîte renfermait deux vertèbres partiellement conservées, au moins 185 petits fragments et plusieurs morceaux de roche contenant des moulages de vertèbres. Une partie du spécimen original est peut-être irrémédiablement perdue, mais ce qui reste a livré une surprise inattendue.
En analysant les sédiments entourant les vertèbres, Shimada a trouvé au microscope de nombreuses écailles d’un requin pèlerin fossile. L’interprétation proposée : ces restes représentent le contenu stomacal du mégalodon, figé dans le temps depuis sa mort.
Crédit : Musée du Jutland du Sud, DanemarkUn prédateur encore plus généraliste qu’on ne le pensait
Des études récentes montrent que le mégalodon était un prédateur opportuniste au régime alimentaire plus varié qu’on ne le supposait. La présence de restes de requin pèlerin dans l’estomac du plus grand individu connu suggère que les mégalodons atteignant leur taille maximale chassaient peut-être même de grands requins.


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