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Ce jeudi 15 janvier 2026, la Fédération française d'athlétisme transforme son Parcours de Prévention Santé (PPS) en Pass Prévention Santé. Il coûtera désormais cinq euros.
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Par Maxime T'sjoen Publié le 14 janv. 2026 à 20h59
C’est une décision polémique pour le monde grandissant de la course à pied. Le Parcours de Prévention Santé (PPS), indispensable pour participer à une course, se transforme en Pass Prévention Santé ce jeudi 15 janvier 2026 à 13 h.
Et s’il était jusqu’alors gratuit, le PPS – il garde le même acronyme – devient payant. Cinq euros. Mais ce n’est pas le seul changement. La Fédération française d’athlétisme (FFA) a subi de violentes critiques avec cette décision, les pourfendeurs du PPS payant avançant ce tarif de cinq euros comme un frein à la pratique, expliquant que la fédération voulait gagner de l’argent.
Des critiques justifiées, mais « le pratiquant va y trouver son compte », avance Emmanuelle Jaeger, présidente déléguée de la FFA, sollicitée par actu.fr pour comprendre les raisons de ce passage au payant.
PPS : késako ?
En mars 2022, une loi mettait fin au certificat médical obligatoire pour participer à des compétitions. Aussi, depuis 2024, la FFA, qui jugeait nécessaire d'avoir un acte de prévention, demandait aux athlètes désireux de participer à une course de passer par une plateforme, avec plusieurs vidéos, afin de valider leur participation à la course. L'idée derrière ? Que chaque coureur soit au courant des risques de santé avant de prendre part à une épreuve.
Ce qui change concrètement
C’est le principal changement : le nouveau Pass Prévention Santé coûtera cinq euros. Un tarif qui « n’est pas un frein à la pratique, pas discriminatoire », estime Emmanuelle Jaeger, qui le met en perspective avec les 554 euros d’équipements dépensés en moyenne en 2024 par les coureurs réguliers.
Une responsabilité civile sera désormais incluse. Alors même que cette responsabilité civile était obligatoire pour participer à une course, les organisateurs ne pouvaient pas le vérifier. À partir de maintenant, ce sera automatique.
Il n’empêche qu’avec environ deux millions de personnes ayant rempli un PPS, ces cinq euros représentent un coût supplémentaire à mettre en plus du prix des dossards qui augmentent ces dernières années.
Un dossard au marathon de Paris, en 2026 (n’essayez pas de vous inscrire, il est complet), c’est 135 euros, contre 130 en 2025 et 119 en 2019. Une inflation à laquelle il faudra désormais ajouter cinq euros. Ok, mais en revanche le Parcours de Prévention Santé n’était valable que trois mois, « ce qui était contraignant pour les coureurs et les organisateurs », affirme la présidente déléguée de la FFA. Aussi, ce nouveau PPS sera valable un an.
Un budget de la Fédé en déficit en 2024 et une plainte
La FFA a déposé plainte en mai 2025 contre X pour « abus de confiance » et « recel d'abus de confiance ». Cette plainte intervient après la validation comptable d'un déficit de 3,6 millions d'euros en 2024. Maître Alexandre Plantevin, avocat de la FFA dans ce dossier, expliquait à l'AFP : "Des chiffres qui apparaissent dans différents bilans et comptes de résultat laissent planer des interrogations". Cette plainte déposée auprès du procureur de la République de Paris vise, selon l'avocat, « à faire la lumière sur la façon dont les fonds de la fédération ont été utilisés au cours des derniers exercices au moment où une nouvelle équipe a été élue à la tête de la fédération et veut ouvrir un nouveau chapitre en n'ayant aucun doute sur la situation financière ».
Le journal L'Équipe se voulait néanmoins rassurant, affirmant que la FFA était assise sur un "trésor de guerre", sans donner de montant, qui permettrait de boucher ce trou.
Les raisons
Cinq euros, pour un an. Un argument qui n’a pas suffi à faire taire les critiques. Alors, il faut se plonger dans les raisons de cette décision.
Si on pouvait assurer notre mission de service public avec uniquement des fonds publics, on l'aurait fait et cela aurait été très bien.
L’enjeu de service public en question est celui de prévenir les blessures. Dans un contexte où les engagements augmentent sur les courses et compétitions, la Fédé était en 2024 en déficit de 3,6 millions d’euros (10 % de son budget environ) dans un contexte tendu avec l’ancienne direction de la FFA et un contexte budgétaire global en France très incertain.
Le passage du PPS au payant est une partie seulement de la stratégie running de la FFA, « une association à but non lucratif », qui permet de faire rentrer plus de financements « pour la formation des juges arbitres, pour la lutte antidopage ou même pour la sécurisation du parcours », énumère Emmanuelle Jaeger. Objectif : développer le sport, encore et toujours.
Aujourd’hui, ces coûts sont supportés par les 330 000 licenciés de la fédération et des dotations gouvernementales fléchées vers l’athlétisme. Demain, tous les participants à des courses, avec ces cinq euros, participeront à l’effort. Si on résume l’idée de la FFA : « Tous ceux qui bénéficient des avantages doivent contribuer. » Un effort partagé. Les licenciés, eux n’auront pas de surcoût.
Pour rappel, l’athlétisme n’est pas la seule à faire payer l’accès à la compétition. La fédération de triathlon fait payer une licence à la journée à ceux qui ne sont pas dans un club et qui voudraient faire une compétition. Et ce n’est qu’un exemple.
Des avantages pour les coureurs
Si ces arguments ne suffisent pas, la fédération a fait le choix de doter les pratiquants qui paieront ce PPS de deux plateformes.
La première permettra d’avoir accès à des contenus « sport santé » en lien avec la course à pied.
Il y a une demande de coaching santé plus importante et une envie d'un accompagnement renforcé.
Les athlètes auront ainsi « accès à un contenu santé renforcé, avec du contenu ciblé sur leur pratique », promet la présidente déléguée. Des exemples sont donnés avec des vidéos dédiées aux blessures susceptibles de survenir en trail par le médecin de l’équipe de France, ou des vidéos sur la nutrition. « Toute l’expertise de la fédération sera mise à disposition. »
Pour les plus compétiteurs, ou les amoureux de statistiques, la Fédé mettra en ligne une plateforme, DataRunning, au printemps 2026, qui permettra « de se mesurer aux autres athlètes, d’avoir l’historique de ses courses », détaille Emmanuelle Jaeger.
Malgré tout cela, les critiques, parfois violentes, pleuvent. L’obligation de payer pour des services dont les coureurs n’avaient pas forcément besoin et la crainte, dans le futur, d’un prix plus élevé, sont dans les têtes des coureurs.
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