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Yaël Braun-Pivet bloque la commission Epstein : Le Média en 4-4-2 réplique

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Donc le Parlement ne contrôle plus rien dès que ça devient gênant ?

Le 10 février 2026, Yaël Braun-Pivet a rejeté l’idée d’une commission d’enquête parlementaire sur les implications françaises de l’affaire Epstein, au nom d’une prétendue “confusion des pouvoirs” et de la nécessité de ne pas “faire concurrence” à la justice.
Dit comme ça, ça sonne sérieux. En réalité, c’est surtout une manière élégante de dire : “le Parlement ne regardera pas”.

1) La séparation des pouvoirs n’est pas une muselière pour le Parlement

Personne ne demande au Parlement de condamner qui que ce soit à la place d’un tribunal. Une commission d’enquête n’est pas une cour d’assises : c’est un outil de contrôle démocratique pour comprendre des défaillances, des angles morts, des complicités administratives, des dysfonctionnements de services, et en tirer des réformes.

Et d’ailleurs, la proposition de résolution déposée à l’Assemblée (n°2452, 5 février 2026) annonce précisément des objectifs de contrôle : évaluer d’éventuelles défaillances des services de renseignement et d’enquête, identifier d’éventuels soutiens logistiques/politiques, permettre aux victimes de témoigner, etc.
Bref : ce que fait un Parlement quand il sert à quelque chose.

2) “On ne doit pas gêner la justice” : argument facile… et contournable

Oui, il existe un cadre juridique : une commission d’enquête ne peut pas porter sur des faits ayant déjà donné lieu à des poursuites judiciaires tant que ces poursuites sont en cours, et son travail peut être interrompu si une information judiciaire s’ouvre sur les faits qui ont motivé sa création.

Mais c’est précisément là que le discours de Braun-Pivet ressemble à une pirouette : Quand on veut, on cadre. Quand on ne veut pas, on se cache derrière le droit.

Le Sénat rappelle même une position déjà tenue à l’Assemblée : l’existence de poursuites n’empêche pas une commission si l’on écarte du champ les faits visés par ces poursuites.
Donc l’argument “justice = silence parlementaire” n’est pas une fatalité : c’est un choix politique.

3) Ce qui choque, ce n’est pas la prudence : c’est le refus d’ouvrir la lumière

Quand une présidente de l’Assemblée explique qu’enquêter serait “confus”, elle oublie un détail gênant : la confusion, c’est plutôt quand on demande au pays de faire confiance les yeux fermés.

Si l’objection est vraiment “juridique”, alors la réponse responsable est simple :

  • soit une commission strictement centrée sur les défaillances institutionnelles et la protection des victimes,

  • soit, a minima, une mission d’information (plus souple, plus rapide), avec auditions, documents, rapport public.

Refuser l’idée même d’un format d’investigation, c’est envoyer un message clair : “circulez”.

4) Le vrai fond du problème : on veut du contrôle… sauf quand ça dérange

Le Parlement sait organiser des commissions quand il s’agit d’autres sujets sensibles. Mais dès que ça touche des réseaux, des protections possibles, des noms haut placés, des angles morts d’État, soudain on découvre une passion tardive pour l’argument “la justice d’abord”.

Or la proposition n°2452 vise aussi à transmettre des informations à la justice et à faire émerger la parole des victimes — l’inverse d’une “concurrence”.
Faire passer cela pour une menace institutionnelle, c’est renverser le réel : la transparence encadrée protège l’État de droit ; l’opacité l’abîme.

Conclusion : la réplique qui tient debout

Madame Braun-Pivet, la séparation des pouvoirs n’est pas un prétexte pour désarmer le Parlement.
On ne vous demande pas un tribunal politique. On vous demande un contrôle démocratique : des auditions, des documents, un rapport, des réformes, et un cadre strict pour ne pas gêner une éventuelle procédure.

Si vous refusez une commission au nom du droit, proposez immédiatement le cadre alternatif.
Sinon, ce n’est pas de la prudence : c’est une esquive.

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