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Avec son projet Record Ridge, la compagnie albertaine West High Yield Resources (WHY) veut construire une mine de magnésium à ciel ouvert à 7 km de Rossland, dans le sud-ouest des Kootenays. Or, la Cour suprême de la Colombie-Britannique a accordé une injonction provisoire à des opposants, ce qui va suspendre le projet.
La Save Record Ridge Action Committee Society (SRRACS) et la Sinixt Confederacy sont opposées au projet, alors que le Bureau des évaluations environnementales (EAO) de la province a statué l’an dernier qu’il n’exigerait pas d’évaluation environnementale.
Ces groupes aimeraient une décision de justice imposant la délivrance d'un certificat environnemental. La décision de la Cour, du 11 mars, signifie que la construction et l'exploitation de la mine ne peuvent pas se poursuivre tant que les arguments des groupes n'auront pas été examinés par le tribunal.
La prochaine audience est prévue le 5 mai.
Plus cette affaire est retardée [...] sans mesure d'injonction, plus WHY peut avancer sur le projet et ainsi rendre la [poursuite] sans objet. Ce résultat ne peut être ni juste ni équitable.
La capacité de production est au cœur des désaccords entre WHY et les opposants concernant la nécessité d’une évaluation environnementale.

L'entreprise albertaine West High Yield Resources souhaite construire une mine de magnésium à ciel ouvert à environ 7 km de Rossland.
Photo : Radio-Canada
Le juge Dley a déclaré que les avocats de WHY ne s'étaient pas rendus disponibles pour des dates d'audience préliminaires après le dépôt de la plainte par le groupe, et qu'ils n'étaient disponibles qu'en août.
WHY avait d’abord fait des demandes de permis en 2019 avec une capacité de production proposée de 200 000 tonnes de minerai par an, ce qui aurait automatiquement déclenché une évaluation environnementale, selon la décision de l’EAO.
L’entreprise a ensuite modifié sa demande en 2024 avec une capacité de 63 500 tonnes par an, ce qui ne dépasse pas le seuil de 75 000 tonnes nécessitant une évaluation environnementale.
Multiples craintes de résidents
Cette injonction temporaire a été bien reçue par des résidents qui s’opposent au projet depuis 2023.
Mélanie Mercier, membre et fondatrice de la SRRACS, explique que les opposants craignent la pollution de l'air avec des particules d'amiante, possiblement d'autres fines particules de métaux, la pollution de l’eau, la coupe de forêts anciennes ou encore des impacts sur des espèces en voie d’extinction.
On a une liste de 200 items qui seraient des gros problèmes pour la santé humaine et du public.
Mélanie Mercier se demande pourquoi l’EAO avait déterminé qu'il y avait besoin d’une évaluation, puis que l’entreprise était « venue à s’en soustraire ».
L'aire du projet reste la même, donc, on dit que ce projet-là devrait avoir quand même une étude environnementale, étant donné aussi que c'est un projet de mines à ciel ouvert qui serait le plus proche d'une communauté en Colombie-Britannique.
Certains habitants vivent à 2 ou 3 km du projet, ajoute-t-elle. Elle assure que quatre Premières Nations souhaitent également une évaluation environnementale et que l’enjeu concerne tous les Britanno-Colombiens, parce que ça pourrait arriver dans n'importe quelle communauté, un [tel] projet de mine.
La géologue retraitée dit être émue du soutien, notamment financier, des résidents et de ceux qui adorent Rossland.
Le fait d'avoir à financer une bataille judiciaire comme ça et que ça vienne des poches de résidents contre une entreprise albertaine, c'est fou, juge-t-elle.
Avec des informations d’Akshay Kulkarni, Jacqueline Gelineau, Lauren Vanderdeen, Kimberly Davidson et les émissions Daybreak South et Panorama


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