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Une infirmière autorisée de Fredericton, au Nouveau-Brunswick, interpelle la première ministre de la province, car sa grand-mère est soignée dans une unité médicale de fortune installée dans un garage pour ambulances.
Dans une lettre ouverte qu’elle a publiée mercredi sur sa page Facebook, cette infirmière, Katarina Lekborg, écrit que sa grand-mère âgée de 88 ans a été admise à l’Hôpital régional Dr. Everett Chalmers de Fredericton dans un état de confusion mentale et conduite sur une civière vers un secteur que l’établissement appelle MTU.
Cet acronyme signifie unité de transition médicale.
Ce n'est pas une unité, c'est un garage avec des rideaux, écrit Katarina Lekborg.
Il n'y a pas de toilettes. Il n'y a pas d'eau courante. Pas de lavabo pour se laver les mains, poursuit-elle.
Elle affirme que sa grand-mère mange à quelques pouces de ce qu'elle doit utiliser pour faire ses besoins, que cette unité improvisée n’a pas de fenêtre et que les lumières sont allumées nuit et jour.

Sur cette photo prise par le député David Coon, on voit l'un des espaces de fortune où des patients hospitalisés sont hébergés, dans un garage d’ambulances de l’hôpital Dr Everett Chalmers, à Fredericton.
Photo : fournie par David Coon
L’existence de cette unité de transition médicale a été confirmée jeudi par le ministre de la Santé du Nouveau-Brunswick, John Dornan.
Elle est utilisée depuis au moins un an. Le ministre dit ne pas être au courant d’arrangements du genre dans d’autres hôpitaux.

Le ministre de la Santé, John Dornan (à droite), et la première ministre du Nouveau-Brunswick, Susan Holt (au centre), le 30 avril 2025, à Moncton.
Photo : Radio-Canada / Nouemsi Njiké
En entrevue jeudi à Fredericton, où elle présentait la nouvelle stratégie du Nouveau-Brunswick sur la maladie d'Alzheimer et les troubles neuro-cognitifs, la première ministre Susan Holt a qualifié la situation de terrible.
Ce serait très difficile de dire que c'est mieux que rien, parce que c'est terrible, mais l'alternative en ce moment, c'est rien. Aucuns soins, pas d’endroit où poser sa tête. Nous sommes vraiment dans une mauvaise situation, il n’y a pas de doute, a-t-elle admis.

La première ministre Susan Holt, jeudi
Photo : Radio-Canada
David Coon, le député de Fredericton-Lincoln et chef du Parti vert, dit avoir constaté les conditions en personne à l’hôpital Chalmers, lorsqu’il est allé y visiter un patient.
C’est consternant, a-t-il déclaré en entrevue, jeudi.
Le couloir juste à côté est bondé d’ambulanciers qui attendent avec les patients jusqu’à ce qu’ils soit pris en charge, dit David Coon.
C’est comme dans M*A*S*H, illustre-t-il, en référence à la série télévisée classique mettant en scène des médecins pendant la guerre de Corée dans les années 1950.

David Coon est le chef du Parti vert du Nouveau-Brunswick et le député de Fredericton-Lincoln. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Pascal Raiche-Nogue
Margaret Melanson, la cheffe de la direction du Réseau de santé Horizon, responsable de l’hôpital Chalmers, a indiqué que l’unité de transition médicale peut héberger 13 patients. Elle confirme qu’elle n’est pas équipée de toilettes ou d’eau courante.
L’existence de cette unité reflète les pressions sévères subies par notre système de soins de santé, a-t-elle écrit dans un courriel.
Elle explique que le réseau de santé fait face à des choix difficiles à cause du nombre élevé de personnes qui occupent des lits d’hôpitaux en attendant qu’une place, plus appropriée pour eux, se libère dans un centre de soins de longue durée.
Ce type de patients occupaient 35 % des lits de l’hôpital Chalmers, jeudi, a indiqué Margaret Melanson.

Margaret Melanson est la cheffe de la direction du Réseau de santé Horizon. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada
Si nous pouvions, en toute sécurité, transférer aujourd’hui ces 121 patients dans un environnement approprié — comme un centre de soins de longue durée — nous n’aurions pas besoin de réquisitionner ces espaces d’appoint, déclare-t-elle.
Nous avons aussi des patients sur des civières dans les couloirs, les espaces de rangement et les salles à manger. Il n’est pas acceptable que ces conditions soient une réalité à long terme, conclut la dirigeante d’Horizon.
Katarina Lekborg n’a pas répondu aux demandes d’entrevues.
Dans sa publication interpellant la première ministre, elle soutient que sa grand-mère était confuse, effrayée et entièrement vulnérable.
En tant qu’infirmière autorisée, j’ai été formée selon les principes fondamentaux des soins sécuritaires, éthiques et empreints de compassion, écrit-elle. Ces conditions contreviennent à chacun d’entre eux.
D'après les reportages de Silas Brown et de Savannah Awde (CBC)


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