NE LAISSER PAS LE 5G DETRUIRE VOTRE ADN Protéger toute votre famille avec les appareils Quantiques Orgo-Life® Publicité par Adpathway
Au lendemain de la menace de Glencore de mettre la fonderie Horne à l’arrêt si aucune entente n’est conclue avec le gouvernement Legault, Rouyn-Noranda retient son souffle. Impossible ici de ne pas penser à 1976, quand la mine Horne a cessé ses activités. Cinquante ans plus tard, à l’approche de son centenaire, c’est maintenant la fonderie qui est menacée.
Dans la municipalité de près de 45 000 habitants, on dit se sentir « oublié » : des centaines d’emplois sont dépendants de la multinationale. « Le volet psychologique [d’une fermeture de la fonderie] est extrêmement négligé », avance le président du Syndicat des travailleurs de la Mine Noranda–CSN, Shawn Smith, qui craint des conséquences dramatiques pour les travailleurs qu’il représente. Depuis les derniers mois, le syndicat a comptabilisé près d’une soixantaine de départs. « Pour la majorité, ils quittent en raison de l’incertitude. Ils ne peuvent pas se permettre de se ramasser sans job », dit-il.
Le président du conseil d’administration de la Chambre de commerce et d’industrie de Rouyn-Noranda, Éric Beaupré, soutient que ce sont près de 1200 emplois directs et indirects qui seraient touchés par cette fermeture. « Ce sont nos pères qui ont bâti ça. C’est pas parfait, cette fonderie-là, mais ça reste que ça fait 100 ans qu’elle est là. »
Selon lui, le gouvernement a tardé à trouver un compromis acceptable avec Glencore, qui conjuguerait respect de l’environnement, santé publique et économie locale. La ville et ses travailleurs se retrouvent maintenant au pied du mur.
Depuis qu’il a été révélé en juillet 2022 que de l’air de Rouyn-Noranda était pollué par une concentration d’arsenic allant jusqu’à 100 nanogrammes par mètre cube (ng/m³), les citoyens ont en tête le possible scénario d’une fermeture de l’usine si elle n’arrive pas à se conformer aux normes québécoises, qui sont établies à 3 ng/m³. Le gouvernement avait ensuite, dans un premier temps, demandé à Glencore de réduire 15 ng/m³ d’ici mars 2027.
La multinationale demande maintenant 18 mois de plus pour s’y conformer, en plus d’assurances qu’elle n’aura pas à descendre sous le seuil des 15 ng/m³ d’arsenic dans l’air avant 2033. Devant l’absence de réponse du gouvernement québécois, Glencore a décidé d’abandonner ses projets d’investissement de 300 millions de dollars, qui sont nécessaires pour se conformer aux normes québécoises, et prévoit fermer la fonderie Horne d’ici un an.
L’heure des « choix déchirants »
Le président syndical Shawn Smith comprend la position de son employeur. « Force est d’admettre que le statu quo demeure dans le dossier. Il vient un moment donné où tu dois faire des choix déchirants. Certains disent que c’est du bluff, des menaces. Non, je vous le dis, c’est réel », martèle-t-il.
Pour Rodrigue Turgeon, porte-parole de la Coalition Québec meilleure mine et coresponsable du programme national chez MiningWatch Canada, Glencore « tente par tous les moyens de faire plier les gouvernements à ses propres conditions, en cherchant de l’argent public pour investir à sa place et, d’autre part, de pouvoir opérer avec des privilèges et des permissions. »
L’avocat souhaite donc que Québec garde la ligne dure avec la multinationale et ne succombe pas à son « chantage ».
Si les citoyens de Rouyn-Noranda ne s’entendent pas tous sur la norme qui devrait être imposée — certains croient qu’une concentration d’arsenic de 15 ng/m³ dans l’air du site est tout à fait acceptable, alors que d’autres militent pour la norme québécoise de 3 ng/m³ —, tous craignent les répercussions de la fermeture de la fonderie Horne. « Ça aurait des conséquences sévères sur la vie de centaines de familles, d’une communauté qui se déchire à un point encore plus prononcé que ce qu’on a vu dans les dernières années », estime ainsi Rodrigue Turgeon.
L’homme d’affaires Éric Beaupré croit qu’il est temps que Québec exprime clairement ses intentions par rapport à l’avenir de la fonderie Horne. « Ce n’est pas la première fois au Québec qu’il y a des entreprises où les enjeux environnementaux, de santé et d’économie s’entrecroisent. Le gouvernement doit trancher », affirme le président du conseil d’administration de la Chambre de commerce et d’industrie de Rouyn-Noranda.
Les citoyens de Rouyn-Noranda et les travailleurs de la fonderie, de leur côté, n’attendent que de passer à autre chose. « Plus vite on va régler ce dossier-là, plus vite on va accommoder tout le monde et réussir à faire plaisir au plus de personnes », conclut Shawn Smith.


1 week_ago
35



























.jpg)






French (CA)