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L’adaptation des infrastructures publiques aux changements climatiques permettrait au Canada d’économiser entre 5,4 milliards et 9,9 milliards de dollars par année, d’après un nouveau rapport de l’Institut climatique du Canada.
Pour ce faire, préconise le rapport (nouvelle fenêtre), l’ensemble des gouvernements au pays devraient débourser un total de 3 milliards de dollars par an, en moyenne, pour l’adaptation de ces infrastructures.
Les coûts de l’adaptation des infrastructures publiques aux changements climatiques seraient de 3 milliards de dollars par an, en moyenne. Selon l’Institut, il s’agit d’un montant 2,5 % plus élevé que le montant habituellement déboursé pour maintenir les infrastructures publiques au Canada en bon état.
Ce sont les municipalités qui seront en première ligne face aux dommages climatiques [à venir], indique Ryan Ness, directeur en matière d'adaptation à l'Institut climatique du Canada. Mais elles ne disposent pas des moyens financiers suffisants pour financer d'importants travaux de mise en résilience.
Les autres ordres de gouvernement doivent appuyer les municipalités peut-être avec des fonds, mais aussi des outils et des pouvoirs pour générer des revenus au niveau local , propose M. Ness.
L’Union des municipalités de la Colombie-Britannique accueille très favorablement cette recherche, affirme la première vice-présidente de l’organisation, Jenna Stoner.

Jenna Stoner est conseillère municipale du district de Squamish et première vice-présidente de l'Union des municipalités de la Colombie-Britannique.
Photo : UBCM
Le changement climatique a un impact significatif. Il accélère l'usure des routes, des ponts, des réseaux d'eau et d'égouts, qui sont des services et des infrastructures que les collectivités locales fournissent à nos communautés , dit-elle.
Mme Stoner, qui est aussi conseillère municipale du district de Squamish, constate qu’en Colombie-Britannique, il y a des besoins particuliers pour renforcer les infrastructures de digues pour la gestion des inondations. De plus, à travers la province, les feux de forêt sont toujours au centre des préoccupations.
La décision la plus judicieuse sur le plan financier est de se concentrer sur la prévention plutôt que d'avoir à réparer et à rétablir la situation après coup .
D'après le rapport, les municipalités détiennent plus de 60 % de ces infrastructures. Par contre, 8 à 10 cents de chaque dollar provenant des impôts est reçu par les municipalités , souligne Mme Stoner.
Il y a un grand manque à pourvoir pour financer les infrastructures publiques , dit-elle. C’est pour cette raison que l'UBCM a longtemps revendiqué un financement plus stable et durable de la province et du gouvernement fédéral.
Une adaptation difficile à mettre en place
Danielle Pilette, professeure associée à l'École des sciences de la gestion de l'UQAM, estime que les municipalités et les grandes villes ont un très grand rôle à jouer dans l'adaptation des infrastructures publiques aux changements climatiques.
Elle observe qu’il y a plus d'initiatives d’adaptation, telles que des bassins de rétention, des toits végétalisés et un détournement d'eau des toits, par exemple, qui sont mises en avant dans le secteur commercial ou industriel.

Danielle Pilette est professeure associée à l’École des sciences de la gestion de l’UQAM.
Photo : Radio-Canada
Néanmoins, cela reste des initiatives qui sont pionnières, [qui viennent] de la part de convaincus du [changement] climatique, croit-elle.
L’adaptation des infrastructures publiques est plus difficile à promouvoir dans le climat politique actuel, trouve-t-elle. Avec les changements qui s' opèrent dans l'administration américaine, on voit qu'il y a un recul [...] sur la priorité à accorder au changement climatique.
C'est difficile pour un pays comme le Canada d'imposer davantage de normes en développement durable, en reconnaissance des changements climatiques et de leurs impacts, si cela a des répercussions sur l'économie canadienne, pense Mme Pilette.


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