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Alors que les dossiers médicaux des Albertains de 12 ans et plus leur étaient confidentiels, leurs parents peuvent désormais y avoir accès jusqu’à leurs 18 ans.
Des médecins avertissent que cette nouvelle mesure du gouvernement provincial qui augmente l’accès des parents et tuteurs à ces informations de santé pourrait mettre des adolescents à risque.
Le changement s’applique au portail en ligne MyHealth Records (nouvelle fenêtre)qui contient de l’information, notamment sur des résultats des tests en laboratoire, des diagnostics, des prescriptions, des sommaires de rendez-vous et le statut vaccinal d’un patient.
Sam Wong, le président de la section pédiatrique de l’Association médicale de l’Alberta, se dit inquiet, car cela pourrait compromettre les soins de santé de certains adolescents. C’est une très grande préoccupation pour les pédiatres, dit-il en précisant avoir été contacté par beaucoup de ses collègues ces derniers jours.
Selon lui, certains jeunes patients pourraient être moins enclins à aller chercher certains services de santé sensibles, comme des soins de contraception, par exemple. Cela pourrait mener à des grossesses risquées pour certaines personnes, ajoute-t-il.
La Société canadienne de pédiatrie clame aussi que la confidentialité est une partie à part entière de la qualité des soins pour les adolescents.
En s’assurant que les soins sont privés, les cliniciens peuvent encourager les adolescents à développer de l’autonomie, de la confiance et un sens des responsabilités sur leur propre santé.
Une déclaration du regroupement de pédiatres publiée en 2023 affirme que les adolescents seraient moins enclins à partager des informations sur leur consommation de substances illicites, leur santé mentale ou leur sexualité lorsque leur confidentialité n’est pas garantie.
L’association avance que les jeunes n’ont pas tous l'appui de leurs parents. Sans oublier que, dans certains cas, le dévoilement de certaines informations sensibles peut engendrer des risques d’abus, de maltraitance ou d’expulsion du domicile familial.
Des effets sur le long terme
D'après Stephen Freedman, un professeur en médecine d’urgence à l’École de médecine de l’Université de Calgary, il est commun pour les urgentologues de parler en tête-à-tête avec de jeunes patients. Il s’agit d'une relation confidentielle qu’il est préférable de ne pas brimer.

Stephen Freedman croit que la nouvelle mesure pourrait nuire à la relation de confiance entre les médecins et les adolescents en plus de celle entre les adolescents et leurs parents. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Jo Horwood
Le professeur cite par exemple une situation où une adolescente qui ressent des douleurs abdominales ne serait pas à l’aise de discuter de sa sexualité devant ses parents ou tuteurs.
Dans ce cas, les effets pourraient s’inscrire sur le long terme, puisqu’une infection transmise sexuellement non traitée pourrait augmenter les risques d’inflammation pelvienne et donc affecter la capacité de quelqu’un d’avoir des enfants.
Il s’inquiète aussi puisque des informations inscrites au dossier avant l’instauration de la nouvelle mesure, alors que la confidentialité était assurée, seront maintenant accessibles aux parents.
Les adolescents de 16 et 17 ans pourront demander à leur fournisseur de soins que l’accès de leurs parents soit révoqué.
Le mineur mature
Au Canada, il existe un principe de mineur mature dans le droit de common law qui reconnaît la capacité des adolescents de prendre des décisions, explique Lorian Hardcastle, professeure à la Faculté de droit de l’Université de Calgary.
La plupart des provinces reconnaissent le droit des mineurs de recevoir des traitements sans que leur parent soit impliqué, explique-t-elle. La nouvelle mesure créée une perte d'équilibre entre la capacité d’avoir accès à des soins sans leurs parents et le fait que les parents ont accès au dossier.
Maddison Mckee, l'attachée de presse du ministre des Services de soins primaires et préventifs, Adriana LaGrange, mentionne, dans une déclaration écrite, que protégez la vie privée des patients et le concept de mineurs matures sont des exigences législatives.
Le gouvernement reconnaît le concept de mineur mature, mais soutient qu’il n’y a pas d’approche universelle quant à l’accès aux informations de santé personnel à travers les provinces.
Il y a des procédures permettant de limiter ou retirer l’accès parental afin de minimiser les effets sur les jeunes qui reçoivent des soins sensibles ou essentiels, fait remarquer l’attaché de presse.
Les parents et tuteurs jouent un rôle essentiel pour la santé de leurs enfants. L’accès à l’information les aide à prendre des décisions éclairées, à obtenir les soins requis et à s’assurer des suivis.
La province rapporte avoir soumis une étude d’impact sur la vie privée au Bureau du commissaire à l’information et à la vie privée de l’Alberta. Le Bureau évalue les documents soumis par la province.
Avec les informations (nouvelle fenêtre) de Jennifer Lee


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