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Meurtres à Montréal et à Laval : une épreuve douloureuse pour les familles

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La chasse à l'homme est peut-être terminée, mais pour les proches d'André Fernand Lemieux, de Mohamed Salah Belhaj et d'Alex Levis-Crevier, le deuil ne fait que commencer.

Tous trois sont morts sous les balles cette semaine. Le suspect principal dans cette affaire, Abdulla Shaikh, a lui-même abattu jeudi lors d'une intervention policière au motel Pierre, dans l'arrondissement de Saint-Laurent, à Montréal.

Les motivations de ce dernier ne sont pas encore connues. Cependant, on sait que l'homme de 26 ans avait des antécédents judiciaires, qu'il était aux prises avec des troubles mentaux – il avait notamment reçu un diagnostic de schizophrénie – et qu'il avait déjà séjourné dans plusieurs institutions psychiatriques.

Les deux premiers meurtres ont été commis mardi soir. André Fernand Lemieux a été le premier à mourir. L'homme de 64 ans a été tué dans Saint-Laurent. Il était le père du boxeur David Lemieux.

Mohamed Salah Belhaj a péri environ une heure plus tard, dans l'arrondissement d'Ahuntsic-Cartierville. Ce père de famille de 48 ans travaillait comme agent d'intervention à l'Hôpital en santé mentale Albert-Prévost, où Abdulla Shaikh avait déjà séjourné, mais on ne sait pas si les deux hommes se connaissaient.

Enfin, Alex Levis-Crevier a été tué mercredi soir alors qu'il se promenait en planche à roulettes sur le boulevard Clermont, dans le secteur de Laval-des-Rapides.

Le jeune homme de 22 ans était en route vers le domicile de sa sœur aînée, Roxanne, lorsqu'il a été abattu.

On s'écrivait tous les jours, toutes les heures, confie-t-elle. Il venait à la maison trois ou quatre fois par jour. Il venait avec moi en auto faire des commissions... C’est sa présence qui va me manquer. Je la ressens toujours, mais elle n’est pas là physiquement. Ma tête le sait, mais mon cœur ne veut pas y faire face.

Alex Levis-Crevier au bout d'une échelle près d'un pommier.

Alex Levis-Crevier avait 22 ans lorsqu'il a été tué à l'intersection du boulevard Clermont et de la 1re rue, mercredi soir, à Laval-des-Rapides.

Photo : Roxanne Levis-Crevier

Le meilleur ami d'Alex, Billy Bellemare, regrette de n'avoir jamais fini sa dernière conversation avec lui. On s'envoyait des messages vocaux et paf, plus rien, a-t-il raconté à La Presse canadienne.

Les deux jeunes hommes s'étaient rencontrés en 2019 alors qu'ils travaillaient en même temps dans un commerce de pneus à Saint-Jérôme. C'était plus qu'un frère pour moi, nous parlions 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, raconte Billy.

Alex venait de se trouver un emploi dans la construction, dit-il. Il était gentil, sympathique, une très bonne personne, résume-t-il.

Selon les premiers éléments d'enquête, André Fernand Lemieux, Mohamed Salah Belhaj et Alex Levis-Crevier sont morts de la même façon : les trois hommes ont été atteints mortellement par une balle à la tête tirée par le suspect, qui possédait une arme semi-automatique légère, possiblement un TEC-9.

Le frère de Mohamed Salah Belhaj, tué mardi soir Ahuntsic-Cartierville, est encore sous le choc, trois jours après les événements. Il réclame de l'aide pour soutenir sa famille.

Faire comprendre à un petit ange de quatre ans que papa n'est plus là, je pense que ça va être une mission très difficile, déplore Mohsen Belhaj.

On lui a raconté qu'il était en voyage et qu'il allait revenir tantôt, mais je pense qu'on aurait besoin que les autorités fournissent les moyens nécessaires pour soutenir ses enfants et surtout son épouse, dit-il. Ils auront besoin de ça dans les prochains jours.

Une libération qui dérange

Tous les proches des victimes interrogés vendredi par Radio-Canada se demandent pourquoi Abdulla Shaikh se trouvait en liberté, malgré les troubles mentaux pour lesquels il avait été interné jusqu'en janvier 2021.

D'autant plus que des juges administratifs avaient reconnu en mars dernier qu'il constituait toujours un risque important pour la sécurité du public en raison de son état mental.

Selon nos informations, Abdulla Shaikh aurait même terrorisé des employés de la Cité-de-la-Santé de Laval à l'époque où il séjournait au département de psychiatrie de l'hôpital.

La personne qui avait son dossier entre les mains aurait dû voir qu'il n'était pas apte à sortir, a notamment déclaré Roxanne Lévis-Crevier.

Mélissa Beauchamp est du même avis. Cette amie d'Alex est inconsolable depuis qu'elle a appris la nouvelle de la mort du jeune homme. Selon elle, Abdulla Shaikh n'aurait jamais dû obtenir de libération.

« Il n'a pas été évalué comme il faut, quant à moi. Il n'aurait pas dû sortir. »

Les trois meurtres, commis en moins de 24 heures, ainsi que la chasse à l'homme qui s'est soldée par la mort d'Abdulla Shaikh, ont fait réagir jusque dans les hautes sphères de l'État québécois, cette semaine.

Le premier ministre François Legault a notamment déclaré vendredi être content qu’on soit débarrassés du tueur.

À titre de ministre de la Sécurité publique, la numéro 2 du gouvernement, Geneviève Guilbault, a également convoqué les chefs de la Sûreté du Québec, du Service de police de la Ville de Montréal et du Service de police de Laval pour faire le point sur leurs stratégies de lutte contre la violence armée.

À Ottawa, la députée fédérale d'Ahuntsic-Cartierville Mélanie Joly, qui est aussi ministre des Affaires étrangères, a évoqué la récente tragédie en annonçant l'interdiction temporaire, dès le 19 août, de l’importation des armes de poing.

La veille, Ottawa avait également annoncé l'octroi à Québec de 42 millions de dollars pour lutter contre la violence armée.

Avec les informations d'Hadi Hassin et de La Presse canadienne

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