Avouons-le d’emblée: nous n’avons jamais compris l’engouement critique pour les frères Josh et Benny Safdie depuis la présentation à la Quinzaine des cinéastes du Festival de Cannes, en 2008-2009, alors qu’ils n’étaient que vingtenaires, de The Pleasure of Being Robbed puis Lenny and the Kids. Par la suite, Heaven Knows What (avec Caleb Landry Jones), Good Time (avec Robert Pattinson) et Uncut Gems (avec Adam Sandler, une production Netflix) ont installé dans le paysage leur style «brut de décoffrage», censément garant d’une indépendance affichée. Ce rappel pour bien planter le décor en une année qui a vu les frères, en général coréalisateurs, se faire produire chacun son propre film par A24, la nouvelle compagnie refuge des auteurs américains.
Après la déception que fut The Smashing Machine, biopic balourd de Benny sur un combattant d’arts martiaux mixtes avec le massif Dwayne Johnson, voici donc Josh avec Marty Supreme, biopic plus nerveux consacré à un champion de tennis de table avec le filiforme Timothée Chalamet! Et il n’y a pas photo: en s’inspirant librement de la figure d’un champion d’après-guerre, Marty Reisman, en restant pour l’essentiel basé à New York et en misant sur la star montante du moment, l’aîné de la fratrie remporte le duel haut la main. Mais de là à faire de Marty Supreme un chef-d’œuvre, comme le clame l’essentiel de la presse anglo-saxonne à l’approche des Oscars, il y a un pas qu’on se gardera bien de franchir.


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