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Les fast-foods restent solidement implantés en Région bruxelloise. Si le nombre total d'établissements est stable, leur répartition continue de poser question dans plusieurs quartiers, où la concentration est jugée excessive par des habitants, mais également par certains restaurateurs concurrents et certaines communes, qui prennent des mesures pour limiter la présence de ces restaurants.
Selon les chiffres les plus récents de hub.brussels, 635 fast-foods et friteries sont recensés en 2025 à Bruxelles. Ils représentent 12,5 % des 5 120 établissements Horeca de la Région. Un ratio qui n'évolue guère ces dernières années, mais qui cache de fortes inégalités géographiques.
Près de 20 % dans certaines zones de Bruxelles
Dans certaines communes densément urbanisées comme Saint-Josse, Schaerbeek ou Molenbeek-Saint-Jean, la restauration rapide atteint près de 19 % de l'offre Horeca. À l'opposé, des communes plus résidentielles telles que Woluwe-Saint-Pierre ou Watermael-Boitsfort affichent des proportions nettement plus faibles, entre 4 et 6 %.
Les écarts sont tout aussi frappants au sein des pôles commerciaux. Le piétonnier du centre-ville compte 17 fast-foods, soit 14 % de l'offre Horeca locale. La rue Neuve, située à quelques mètres du piétonnier, en recense 25, ce qui représente 27 % des établissements de l'artère. Une concentration qui alimente régulièrement les plaintes liées aux nuisances, à la gestion des déchets et à l'uniformisation de l'offre commerciale dans une zone de Bruxelles considérée comme la "malbouffe valley".
Si la Région bruxelloise surveille la question, sur le plan réglementaire, les possibilités d'action restent limitées. "Le principe général demeure la liberté d'implantation commerciale", indique le ministre-président bruxellois, Rudi Vervoort. Concrètement, les autorités d'urbanisme ne peuvent refuser un projet "sur la seule base d'une prolifération locale". Leur rôle consiste à vérifier la conformité aux plans d'affectation du sol et à évaluer la compatibilité avec l'environnement, notamment en matière de nuisances.
Des commerçants d'une célèbre galerie bruxelloise sont mécontents : "On modifie les anciennes structures pour des restaurants"Toute restriction doit par ailleurs respecter le cadre européen. La directive "Services" impose que toute limitation soit "non discriminatoire, nécessaire et proportionnée". Des exceptions existent, notamment pour des raisons de santé publique ou de protection de l'environnement urbain. "C'est sur cette base que des moratoires ciblés ont pu être instaurés dans certains périmètres", souligne le ministre-président, afin de préserver la diversité commerciale.
Une taxe sur les fast-foods
La saturation commerciale, en tant que notion, n'a toutefois jamais été étudiée formellement. Un outil cartographique développé récemment permet néanmoins d'analyser la répartition des commerces de proximité à différentes distances. L'objectif est d'identifier les zones suréquipées ou sous-dotées et mieux orienter les implantations futures.
"On ne peut pas refuser un commerce parce que c'est un fast-food"
Le contexte économique complique encore la donne. Bruxelles affiche déjà "l'une des offres commerciales les plus denses d'Europe", rappelle Rudi Vervoort, alors que "le panier de consommation global n'a pas augmenté". Télétravail, e-commerce et effets durables de la crise Covid ont réduit la fréquentation de certains quartiers, tandis que les surfaces commerciales ont continué à croître, y compris en périphérie.
Un restaurant à Ixelles va devoir fermer ses portes chaque jeudi soir: "On me dit que je dérange"Enfin, limiter certaines implantations reste juridiquement délicat. "On ne peut pas refuser un commerce parce que c'est un fast-food", insiste le ministre-président.
Faute de base légale claire pour agir sur les concentrations, les communes doivent souvent recourir à d'autres moyens, comme des règlements de police liés à la propreté ou à l'ordre public. La commune d'Auderghem a instauré une nouvelle taxe sur les fast-foods, souhaitant ainsi limiter la présence de ces restaurants autour des écoles. Recalé une première fois, ce dossier est observé par d'autres communes qui attendent de voir ces effets avant de potentiellement prendre des mesures similaires.
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