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«Le nouveau gouvernement est l'incarnation parfaite du “en même temps”»

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FIGAROVOX/ENTRETIEN - Avec ce nouveau gouvernement, Emmanuel Macron a envoyé à la fois un message à gauche sociétale et un message à la droite en maintenant ou attribuant la plupart des ministères régaliens à des personnalités issues du chiraquisme et du sarkozysme, explique David Desgouilles.

David Desgouilles est chroniqueur à Marianne. Il a publié Dérapage (éd. du Rocher, 2017) et Leurs guerres perdues, (éd. du Rocher, 2019).


FIGAROVOX. - Que vous inspire la composition du nouveau gouvernement ? Quel message a voulu envoyer Emmanuel Macron et Élisabeth Borne ?

David DESGOUILLES. - À vrai dire, je me demande s'ils ont souhaité nous envoyer un message global. Emmanuel Macron a peut-être souhaité envoyer quelques petits messages, comme celui du maintien d'Éric Dupond-Moretti alors que ce dernier est sous le coup d'une procédure judiciaire. Est-ce un message envoyé aux juges de la Cour de justice de la République ? Il a envoyé un message à la gauche sociétale avec le ministre de l'Éducation nationale et un message à la droite en maintenant ou attribuant la plupart des ministères régaliens à des personnalités issues du chiraquisme et du sarkozysme. On est dans le «en même temps».

Plusieurs ministres d'envergure restent à leur poste (Gérald Darmanin, Bruno Le Maire…) ou conservent un portefeuille. Le quinquennat qui suit sera donc dans la lignée du précédent ?

En effet, les personnalités les plus en vue du gouvernement précédent demeurent en place. Le Maire, Darmanin et Dupond-Moretti. D'autres bénéficient d'une belle promotion (Lecornu, Attal, Fesneau). Et finalement, les nouvelles têtes, ce sont des «coups», comme il l'avait déjà fait il y a cinq ans: la prise de guerre LR avec Abad, le débauchage de la directrice de la Fédération française de tennis, la désignation de sa conseillère Culture au ministère éponyme…

Emmanuel Macron n'est pas dans la même lignée, car il n'y a pas vraiment de ligne. Sa composition du gouvernement répond en revanche aux mêmes équilibres que dans le précédent quinquennat.

Passer de Jean-Michel Blanquer, républicain intransigeant et défenseur de la laïcité, à Pap Ndiaye est un signal fort.

David Desgouilles

Pour traverser ces temps incertains (guerre en Ukraine, pouvoir d'achat, insécurité), n'est-ce pas plutôt des «profils» que les Français attendent, mais la clarté d'un récit ?

Bien sûr, mais ce n'est pas sa conception. Je le répète, Emmanuel Macron, c'est le «en même temps» permanent. Il en a fait son mantra. Il nous sert ce plat à chaque occasion, et surtout à l'occasion de la composition d'un gouvernement.

Pap Ndiaye, ex-directeur du musée national de l'histoire de l'immigration, a été nommé ministre de l'Éducation nationale. Comment interpréter ce choix ?

Passer de Jean-Michel Blanquer, républicain intransigeant et défenseur de la laïcité, à Pap Ndiaye, qui flirte passionnément avec le mouvement «woke» et sympathise avec les thèses indigénistes, c'est en effet un signal fort. Cette personnalité aurait largement eu sa place si Jean-Luc Mélenchon avait été élu le mois dernier. Emmanuel Macron a-t-il voulu faire un cadeau à la jeunesse urbaine qui a voté pour le candidat de LFI au premier tour avant de se reporter sur lui au second ? C'est possible. Mais cela aura des conséquences.

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