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Le gouvernement albertain a exempté le projet de mégacentre de données de Grande Prairie d'étude d’impact environnemental.
Le ministère de l'Environnement et des Aires protégées justifie sa décision en affirmant que le projet Wonder Valley a été examiné par un agent d'approbation indépendant.
Selon le Ministère, le parc de centres de données n’était pas soumis à l'évaluation environnementale en raison de son utilisation prévue de réseaux d'alimentation en eau et en énergie conventionnels.
Des permis demeurent toutefois nécessaires avant que la construction puisse commencer. Wonder Valley doit fournir des évaluations techniques détaillées sur les conséquences touchant l'air, le sol et l'eau, et démontrer que le projet peut être construit et exploité en toute sécurité, a déclaré le cabinet du ministre dans un communiqué.
Le professeur de droit à l'Université de Calgary David Wright observe pour sa part un déclin du nombre d'évaluations environnementales sur les plans fédéral et provincial : C'est décevant, mais pas surprenant. Le principe même d'une évaluation environnementale est d'avoir une vision d'ensemble regroupée en un seul endroit.
Il souligne que cette vision globale est d'autant plus indispensable que les centres de données d'intelligence artificielle sont des infrastructures relativement nouvelles dont les impacts à long terme restent à documenter.
Le plus grand centre au monde
À long terme, le multimillionnaire Kevin O’Leary, qui est à l'origine du projet, veut faire de Wonder Valley le plus grand centre de données au monde.
L’homme d'affaires, connu entre autres du grand public pour son passage à l’émission Shark Tank, s’est dit résolument engagé à concrétiser son projet.

Kevin O’Leary souligne l'importance stratégique du centre de données pour la souveraineté numérique du Canada. Le climat froid et l'accès au gaz naturel, dit-il, offrent un avantage concurrentiel mondial.
Photo : Radio-Canada
Il attend désormais le feu vert administratif pour lancer les travaux. Il insiste sur le fait qu'il est impossible de le faire ou de financer le projet tant que les permis ne sont pas obtenus.
Dès que nous obtenons le permis, cela déclenche toute une série d'autres activités : le mode de financement, le lancement de l'ingénierie, la conception, et tout le reste, a-t-il déclaré au sujet de son projet de 70 milliards de dollars, qui offrira une capacité de 7,5 gigawatts.

L'emplacement du projet proposé, le « Greenview Industrial Gateway », est pratiquement désert, note Ryan Ratzlaff, le préfet du district municipal de Greenview.
Photo : Radio-Canada / Eagle Andersen/CBC
Le préfet du district municipal de Greenview, Ryan Ratzlaff, voit un immense potentiel lorsqu'il observe le parc industriel. Selon lui, la question de l'évaluation d'impact environnemental n'a pas été ignorée, mais a déjà été réalisée, à bien des égards, en amont.
Le parc industriel a été conçu pour des activités industrielles à fort impact. Il s'agit d'installations de transformation à très haute demande [énergétique] et d'autres projets qui exigent une consommation d'eau extrêmement élevée.
Ryan Ratzlaff souligne que la Municipalité avait déjà travaillé avec le gouvernement provincial en fournissant toutes les données nécessaires, soit des études sur l'eau, la gestion des eaux pluviales, la faune et les espèces en péril. La province ne dit pas que nous n'avons pas besoin d'une évaluation d'impact environnemental. Elle dit qu'elle a déjà été faite, explique-t-il.
Une aberration
De son côté, Sheldon Sunshine, le chef de la Nation crie de Sturgeon Lake, dont la communauté est située à proximité, dénonce un manque de consultation et s'inquiète de l'impact sur les ressources en eau.
Il ne se dit pas nécessairement opposé au projet, mais rappelle qu’il y a beaucoup de questions en suspens lorsqu'il s'agit de centres de données, notamment celui-ci, en faisant référence à son envergure. Le fait qu'il n'y a pas d'évaluation environnementale provinciale est tout simplement aberrant.
Sheldon Sunshine dit avoir eu deux rencontres avec les dirigeants de Wonder Valley. L'une a eu lieu en personne, l'autre était virtuelle, et elles étaient espacées de presque un an. Donc, ça a été relativement calme jusqu'ici.
Nous avons eu une rencontre avec la première ministre précisément sur ce projet. Elle s’est engagée à avoir une discussion avec les différentes nations qui nous entourent et à voir comment nous pourrions faire avancer ce projet.
Avec les informations d’Eagle Andersen (nouvelle fenêtre)


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