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Le Brésil va-t-il déplier dimanche le tapis rouge à Lula?

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À la veille de la présidentielle au Brésil, la perspective d’une victoire du candidat de la gauche Luiz Inácio Lula da Silva, dès le premier tour, devient de plus en plus probable, au terme de quatre années du régime erratique et populiste mené par le président sortant d’extrême droite Jair Bolsonaro.

En tête dans les sondages, Lula, 76 ans, du Parti des travailleurs (PT), pourrait ainsi faire un retour spectaculaire dimanche prochain à la tête de la première puissance d’Amérique latine, qu’il a dirigée de 2003 à 2010, et ce, dans un climat politique toujours très tendu que Bolsonaro menace d’enflammer davantage en cas de défaite.

« Le Brésil est placé devant un scrutin crucial qui vise à vaincre la haine et à embrasser la démocratie », résume en entrevue la politicologue et spécialiste de la politique brésilienne Luísa Turbino Torres, jointe il y a quelques jours par Le Devoir à la Florida Atlantic University. « Les Brésiliens semblent sur le point de s’unir contre toute la violence et l’autoritarisme incarnés par Bolsonaro. »

Le changement de garde au sommet de l’État donne l’impression d’être en marche, à en croire la dernière mesure de l’opinion publique dévoilée mercredi par l’institut Genial/Quaest et qui crédite 46 % des intentions de vote à Lula au premier tour. Deux points de plus qu’il y a une semaine. Cela représente une avance de 13 points sur son opposant Jair Bolsonaro qui, lui, stagne depuis plusieurs semaines à 33 %.

Un candidat qui obtient plus de la moitié des votes exprimés — sans tenir compte des votes nuls et des bulletins blancs — remporte le scrutin dès le premier tour, évitant ainsi la tenue du second, prévue le 30 octobre prochain.

Après les illusions

Sans surprise, le candidat de la gauche, bête noire de Bolsonaro, a amorcé sa reconquête de l’électorat, après quatre ans d’une médecine populiste qui a été loin de redonner au pays la « grandeur » promise. À la veille du scrutin, le Brésil doit composer avec une faible croissance économique couplée à une inflation galopante, un chômage à la hausse, une baisse des revenus réels et une augmentation de la pauvreté, conséquences autant des politiques impressionnistes du président d’extrême droite que d’une pandémie qui a troublé le monde, et dont les effets ont été amplifiés par la guerre d’invasion russe en Ukraine.

En émule tropical de Donald Trump et admirateur de Vladimir Poutine, Bolsonaro a laissé sa marque en coupant, dès ses premières années au pouvoir, dans les budgets de l’éducation, de la santé et des services sociaux. Il a aussi encouragé la déforestation de l’Amazonie et soutenu l’expropriation des indigènes de leurs terres ancestrales au profit des minières et de l’agro-industrie.

Sa gestion de la crise sanitaire liée à la COVID-19 a été marquée par un manque de compassion à l’endroit de 687 000 victimes du coronavirus dans son pays, par sa promotion de traitements relevant du charlatanisme, son arrogance face aux règles sanitaires et les retards qu’il a induits dans la mise en place des campagnes de vaccination dans son pays. Un bilan sombre qui s’accompagne d’une mathématique claire : 52 % des Brésiliens affirment aujourd’hui qu’ils ne voteront jamais pour lui, quoi qu’il advienne.

Les Brésiliens semblent sur le point de s’unir contre toute la violence et l’autoritarisme incarnés par Bolsonaro.

— Luísa Turbino Torres

À l’inverse, Lula profite d’une image bien plus positive, après avoir subi la violence politique de son opposant qui a réussi à le rendre inéligible en 2018 par les poursuites du juge anticorruption à la solde du populiste, Sergio Moro, nommé par la suite ministre de la Justice. Le candidat de la gauche, envoyé alors derrière les barreaux, montait dans les sondages à l’aube du précédent scrutin présidentiel remporté par Bolsonaro. Trois ans plus tard, la Cour suprême du Brésil a invalidé les condamnations dont a fait l’objet Lula, reconnaissant en partie une certaine « persécution politique ».

Le chef du Parti des travailleurs profite également du souvenir des progrès socio-économiques importants réalisés par le Brésil au cours de ses deux premiers mandats et avec lesquels les Brésiliens rêvent désormais de renouer. Le contexte économique était alors à l’époque plus favorable qu’aujourd’hui toutefois, avec des prix historiquement élevés des produits exportés par le pays.

« Lula va remporter ce scrutin. Au premier ? Au second tour ? » C’est la seule inconnue, résume à l’autre bout du fil le sociologue Frédéric Vandenberghe, qui enseigne à l’Université fédérale de Rio de Janeiro. « Le rejet de Bolsonaro s’exprime de manière très forte et il pourrait faire face à une très belle humiliation. Mais nous savons aussi ce qui va se passer : il va être incapable de quitter le pouvoir dans le respect des règles et il va crier à la fraude. »

Le populiste met d’ailleurs la table depuis des mois en prévision d’une défaite annoncée qu’il pourrait chercher à transformer en crise constitutionnelle et, surtout, en marche pied pour poursuivre sa lente démolition de la démocratie brésilienne. L’homme, un ex-militaire, n’a jamais caché sa nostalgie de la dictature qui a frappé durement le Brésil entre 1964 et 1985, célébrant même durant sa présidence des figures controversées de cette époque.

Mercredi soir, à quatre jours à peine du vote, son parti a d’ailleurs donné un avant-goût de l’affrontement à venir en rendant publiques les conclusions d’un « audit » qu’il mène depuis juillet sur le système électoral et qui conclut, sans en apporter la preuve, qu’un groupe d’employés du gouvernement, avec la complicité d’entrepreneurs, disposent du « pouvoir absolu de manipuler les résultats du vote sans laisser de traces ». L’autorité électorale brésilienne a réagi prestement en dénonçant des affirmations « fausses et malhonnêtes, sans fondement dans la réalité ». Elle les a qualifiées de « tentative claire d’entraver et de perturber le cours naturel du processus électoral ».

Cette campagne de désinformation, amplifiée par ses partisans sur les réseaux sociaux, suit de près les déclarations menaçantes faites par Jair Bolsonaro début septembre à l’occasion de la fête nationale du pays.

Devant des milliers de partisans réunis à Brasília, la capitale, dont des réservistes, des militants proarmes et des groupes évangélistes, le président a alors annoncé que « seul Dieu » pouvait lui « enlever » le pouvoir, laissant ainsi planer au-dessus du Brésil le spectre d’un « 6 de Janeiro », remake brésilien de l’attaque du Capitole de Washington, le 6 janvier 2021, par les partisans de Donald Trump pour faire dérailler le processus de certification des résultats du vote reconnaissant la victoire par les urnes du démocrate Joe Biden.

Le Financial Times rapportait récemment que le fils du président, Eduardo Bolsonaro, ambassadeur informel de son père aux États-Unis, avait été d’ailleurs vu à Washington le jour de cette insurrection et y a rencontré plusieurs membres de l’entourage de l’ex-président américain, dont l’entrepreneur complotiste Michael Lindell, qui poursuivent leurs campagnes de dénigrement de la démocratie américaine.

Eduardo est également proche de Steve Bannon, un des architectes du trumpisme qui représente « The Movement » au Brésil, ce réseau de promotion du populisme nationaliste à travers le monde.

L’armée et les tribunaux

« Il est fort probable que Bolsonaro va affirmer que l’élection lui a été « volée » de la même manière que Trump, dit en entrevue la politicologue Maureen Donaghy, spécialiste du Brésil à la Rutgers University. Mais la question est de savoir si l’armée et les tribunaux le soutiendront ou non. »

« Cette menace de coup d’État, c’est du bluff, assure Frédéric Vandenberghe. C’est une manière pour lui de préparer le terrain pour négocier sa liberté, pour lui et son clan, après sa défaite. »

À la veille du scrutin, Jair Bolsonaro reste toujours traqué par le Tribunal suprême fédéral (STF) et le juge Alexandre de Moraes, qui a ordonné l’ouverture d’enquêtes contre lui et son entourage, notamment pour dissémination de fausses informations. Sa famille, tout comme des membres de son cabinet, s’englue également dans une succession de poursuites, d’enquêtes criminelles et législatives dans des affaires de corruption et d’abus de pouvoir.

« Les militaires ont profité de sa présence au pouvoir depuis 4 ans [en intégrant plusieurs sièges au sein du gouvernement], poursuit M. Vandenberghe, mais eux aussi sentent que le vent est en train de tourner. Et il devrait avoir une attitude pragmatique dans ce nouveau contexte », espère-t-il.

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