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Les Grands Ballets Canadiens de Montréal proposent à compter de jeudi une toute nouvelle entrée à leur répertoire : La Création. Alliant pas classiques et mouvements contemporains, cette chorégraphie, interprétée notamment par les premiers danseurs Maude Sabourin et Célestin Boutin, est sublimée par la musique magistrale de Haydn et par la peinture de Jean Paul Riopelle.
En 2024, l’œuvre de Jean Paul Riopelle s’est mêlée au cirque lors du spectacle immersif Riopelle grandeur nature, créé par Les 7 Doigts pour clôturer les célébrations du centenaire de ce grand artiste québécois.
Cette fois-ci, 30 tableaux de Riopelle sont associés à la chorégraphie imaginée au milieu des années 1980 par l’Allemand Uwe Scholz sur l’oratorio La Création, composé par Haydn à la fin du XVIIIe siècle.

Le danseur Marcel Gutierrez dans La Création.
Photo : Michel Trahan
Sensation tridimensionnelle
Les œuvres de Riopelle sont projetées en fond de scène ou directement sur la scène, les danseurs et les danseuses se retrouvant parfois comme habillés par l’art de Riopelle.
Les danseurs dansent sur les tableaux de Riopelle, explique Ivan Cavallari, directeur artistique des Grands Ballets Canadiens de Montréal. Le public peut avoir une sensation tridimensionnelle entre la musique, la danse et la partie visuelle.
Lors de la première répétition, Maude Sabourin s’est sentie un peu intimidée en voyant les œuvres de Riopelle projetées. J’ai dit : “Wow, c’est magnifique, grandiose!”, et je me suis dit : “Est-ce que nous, les danseurs, allons arriver à ne pas nous laisser submerger par cette beauté?”
On a la chance de danser littéralement sur des œuvres d'un artiste iconique. Pouvoir danser en harmonie avec un autre artiste aussi important pour notre culture me rend fière.
Riopelle et la danse
Curieux de toutes les formes d’art, Jean Paul Riopelle s’est aussi intéressé à la danse au cours de sa carrière.
En plus d’avoir partagé la vie de la danseuse et chorégraphe Françoise Lespérance, il a par exemple créé des décors pour la compagnie de danse de l’Américain Merce Cunningham.
Si le solo Danse dans la neige de Françoise Sullivan a été immortalisé en photographies par Maurice Perron, cette chorégraphie avait aussi été filmée par Jean Paul Riopelle un jour de février 1948. Toutefois, le film a été perdu par la suite.

La Création est présentée jusqu'au 1er mars à la Place des Arts.
Photo : Michel Trahan
Guidé par les formes et par les couleurs
Yseult Riopelle, fille de l’artiste et auteure du Catalogue raisonné de Jean Paul Riopelle, a laissé à Ivan Cavallari la liberté d’utiliser les œuvres de son choix.
C’est intéressant de voir le regard d’autres personnes sur l’œuvre, car évidemment, nous, on est tout le temps le nez dedans, explique-t-elle.
Ivan Cavallari a sélectionné les tableaux qui soulignent la sensibilité de la chorégraphie d’Uwe Scholz.
Je me suis laissé guider par mon instinct et par mon cœur. C’était une association très spontanée, mais ce n’était pas évident, car ce grand peintre a laissé un héritage énorme.
Pour laisser place à l’expérience visuelle, Ivan Cavallari a décidé de vêtir les danseurs de simples justaucorps.
Pour préparer le spectacle, les danseurs ont pu compter sur la répétitrice Roser Munoz, qui a travaillé avec Uwe Scholz.

Les mouvements de La Création ont été imaginés par le défunt chorégraphe allemand Uwe Scholz.
Photo : Michel Trahan
Un moment d’élévation et de joie
Dans son interprétation, Maude Sabourin se nourrit non seulement de la musique mais aussi des couleurs des toiles de Riopelle qui l’entourent sur scène.
J’essaie d’imaginer comment mes mouvements auraient pu influencer Riopelle s’il avait été encore là, comme si c’était nous [les danseurs] le pinceau en train d’exécuter l’œuvre projetée derrière nous, dit-elle.
Avec La Création, Ivan Cavallari espère offrir aux spectateurs un moment d’élévation et de joie en ces temps marqués par une actualité lourde.
Yseult Riopelle est satisfaite du résultat final. Ayant été danseuse moi-même, ça m’a touchée, confie-t-elle.
Ce spectacle d’une durée d'une heure 45 minutes est présenté à la salle Wilfrid-Pelletier de la Place des Arts en soirée de jeudi à samedi ainsi qu’en après-midi samedi et dimanche.
La direction de l’orchestre des Grands Ballets est assurée par Dina Gilbert. Les solistes Andréanne Brisson-Paquin, Philippe Gagné et Kennedy Clayton ajoutent leurs voix à celles du chœur.


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