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TRANSPORT. Le retour aux écoles de territoire, à l’automne 2024, est venu avec l’implantation des programmes pédagogiques particuliers (PPP) au secondaire à Drummondville. Ce changement a amené des difficultés sur le plan du transport d’élèves, notamment pour ceux inscrits dans un PPP exclusif à un établissement.
Depuis la rentrée scolaire 2024-2025, le Centre de services scolaire des Chênes (CSSDC) a attribué une école pour tous ses élèves selon le territoire couvert par celle-ci. Pour fréquenter une autre école secondaire, une demande de transfert doit être effectuée. S’il reste de la place, elle est acceptée.
Cependant, le transport par autobus n’est pas garanti. Les parents doivent faire une autre demande en début d’année scolaire afin d’obtenir une place de courtoisie dans un des parcours d’autobus passant à proximité de l’école. Le CSSDC leur envoie une réponse positive ou négative seulement en octobre, et ce, après que les parcours ont été testés et en fonction des places disponibles.
Yann Bergeron est père de cinq enfants et habite sur le territoire couvert par l’école secondaire Jeanne-Mance. Deux d’entre eux fréquentent un autre établissement que celui de leur quartier.
L’un des deux est actuellement en secondaire 3 et étudie en musique à Jean-Raimbault. En 2024, Yann a dû transporter lui-même son fils jusqu’à son école avant de recevoir une place de courtoisie deux mois plus tard.
Il reconnait la chance qu’il a en comparaison à d’autres parents d’élèves. «Je me trouve très chanceux parce que j’ai des amis qui sont à Saint-Nicéphore. Ils transportent leurs enfants depuis [deux ans] et ça peut devenir très exigeant», observe-t-il.
Cindy Beaubien-Couturier enseigne la danse à Jean-Raimbault depuis 17 ans. (Photo : Ghyslain Bergeron)Moins d’élèves
Certains PPP uniques à un établissement ont enregistré une baisse d’inscriptions depuis le retour aux écoles de territoire. C’est le cas notamment du programme de danse à Jean-Raimbault qui a vu son nombre d’élèves passé de 273 en 2023-2024 à 212 l’année scolaire suivante.
Pour celle de 2025-2026, ce sont 178 jeunes qui y sont inscrits, selon les données du CSSDC. Sa coordonnatrice, Cindy Beaubien-Couturier, affirme que, l’an dernier, seulement 26 élèves composaient son unique groupe de secondaire 1. Cette année, elle a accueilli quatre élèves de moins pour sa nouvelle cohorte.
Depuis la fin de la pandémie, l’enseignante en danse depuis 17 ans avait toujours deux groupes variant entre 25 et 28 élèves. Le retour aux écoles de territoire a eu un impact considérable pour le programme de danse.
«On avait beaucoup d’élèves qui venaient des villages extérieurs à Drummondville. Plus de la moitié des élèves de la cohorte de cette année ne viennent pas du territoire couvert par Jean-Raimbault, soit 12 sur les 22 inscrits. L’année passée, j’en avais juste une qui ne venait pas de mon territoire», affirme-t-elle.
Avec la diminution d’élèves en danse, Cindy Beaubien-Couturier estime que le programme particulier devra évoluer comme en revoyant des aspects des spectacles de fin d’année. (Photo : gracieuseté Diana Rodriguez)Cette baisse a entrainé le départ de trois enseignantes à la fin de l’année scolaire 2024-2025. «Passer de 273 élèves à 212 diminue la tâche enseignante. Donc, certains ont décidé de bouger avant [qu’on supprime leur emploi]. Il y aura assurément une diminution l’année prochaine puisqu’on va perdre notre plus grosse cohorte de 61 élèves à la fin juin», précise celle qui a pu, entre-temps, trouver une autre enseignante en danse.
Manque de places
Le programme de musique à Jean-Raimbault subit aussi les impacts du retour aux écoles de territoire. Son coordonnateur, Jean-François Dubois, met de l’avant le fait qu’il n’a accueilli que 21 élèves en secondaire 1 cette année, là où, habituellement, son groupe compte 28 inscriptions.
Il craint ne pas avoir assez de jeunes pour former un orchestre d’harmonie digne de ce nom pour participer à des concours d’envergure dès l’an prochain. «Par exemple, au lieu d’avoir deux percussionnistes, on en a juste un. Il faut un bassiste, une section de trompette et de clarinette avec moins de personnes jouant le même instrument, ce qui fait qu’il y a moins de diversité dans l’orchestre», détaille M. Dubois.
«Il faut aussi espérer que tes 21 élèves poursuivent jusqu’en secondaire 5. Normalement, les groupes de 28 à 32 jeunes peuvent diminuer jusqu’à 24 une fois rendu en secondaire 5. Mais déjà qu’on n’en a pas beaucoup d’inscrits, je ne sais pas combien vont rester tout leur secondaire en musique», se questionne l’enseignant.
Jean-François Dubois est le coordonnateur du programme pédagogique particulier en musique à l’école secondaire Jean-Raimbault depuis quatre ans. (Photo : Ghyslain Bergeron)Cette diminution s’explique notamment en raison du manque de place de courtoisie dans les autobus scolaire et que certains parents ne peuvent effectuer eux-mêmes le déplacement de leur enfant, selon lui. La coordonnatrice du programme de danse partage le même constat.
«Sur les 21 élèves, 10 viennent de l’extérieur du territoire couvert par Jean-Raimbault, met en évidence M. Dubois. Présentement, j’ai des élèves qui ont une place, mais d’autres qui l’ont juste le matin. Ce qui me dérange personnellement, c’est qu’on prive un élève de sa passion [parce qu’il ne reste plus de places].»
Pour l’année scolaire 2025-2026, les programmes de danse et musique de Jean-Raimbault ont reçu respectivement 47 et 29 demandes pour une place de courtoisie. Sur ces chiffres, 28 ont été refusées pour celui de danse et 14 pour celui de musique.
Il est a noter que d’autres PPP enregistrent un nombre supérieur de refus, par rapport au nombre total de demandes reçues, tels que GARAF (11 sur 16) et Santé-active (8 sur 11), aussi à Jean-Raimbault, ainsi que le programme de Hockey de Jeanne-Mance (14 sur 21) et celui de Langue et culture internationale de La Poudrière (8 sur 11).
Les PPP de Sports-études à Marie-Rivier et d’Éducation internationale à Jeanne-Mance sont les seuls à offrir le transport scolaire aux élèves, peu importe leur adresse de résidence. Pour la présidente du comité de parents du CSSDC, Marie Pier Bessette, ces exceptions ne font aucun sens, alors que les programmes d’arts écopent en contrepartie.
«Musique et danse [de Jean-Raimbault], et [théâtre et médias de communication de La Poudrière] devrait être considérés comme des programmes arts-études. Au comité, on a su que danse [et théâtre et médias] ont le statut d’arts-études auprès du ministère de l’Éducation. Donc, il y a une incompréhension au sein du comité. [Le problème] mérite d’être adressé», affirme-t-elle.
Le Centre de services scolaire des Chênes regarde en ce moment les solutions envisageables pour aider les élèves n’ayant pas reçu une place de courtoisie dans les parcours d’autobus. (Photo : Ghyslain Bergeron)Par ailleurs, le CSSDC ne compte pas renouveler le statut d’arts-études pour les PPP de Danse et Théâtre et médias de communication l’année prochaine. «Nous étions limites dans le respect des contraintes reliées à la grille-matières et l’enrichissement d’arts-études. L’obligation de sélection formelle ne permet pas l’accessibilité à tous et il y a peu d’avantages concrets sinon l’aide à la pension», explique par courriel le CSSDC.
Déjà en mode solution
Sur les 29 programmes disponibles au CSSDC, huit sont offerts dans une seule des cinq écoles secondaires. L’organisation assure regarder comment supporter les élèves qui ont fait une demande de choix d’école dans ces programmes, qui ont été acceptés, mais qui, après analyse, n’ont pas eu accès au transport.
Sa directrice générale par intérim, Maude Trépanier, a confirmé que le CSSDC est présentement en discussion avec la MRC de Drummond pour envisager un potentiel partenariat avec Mobilibus. «On regarde si ça peut dépanner des jeunes, ce qui leur permettrait d’aller à leur école choisie [tout en aidant leurs parents qui ne peuvent pas faire le transport]», explique-t-elle.
De leur côté, Jean-François Dubois et Cindy Beaubien-Couturier sont d’avis que cette solution aiderait plus d’élèves à rejoindre leur programme respectif, même si elle ne risque pas d’être mise en place à temps pour la prochaine rentrée scolaire.
«Je pense que ça va stabiliser la situation, pense Mme Beaubien-Couturier. Est-ce qu’on va revenir à l’époque où notre programme comptait plus de 200 élèves? Je ne pense pas, mais il ne faut pas poursuivre cette descente», conclut-elle.


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