Language Selection

Retrouvez votre bien-être dans ces temps dure sur Terre , Essayez le MedBed Quantique!
Cliquez ici pour réserver votre séance

Famille et pour toute la Famille avec Le Medbed Quantique® Orgo-Life® une technologie du Canada

Advertising by Adpathway

         

 Advertising by Adpathway

«L’aventure rêvée»: Conan la Barbare

2 week_ago 16

         

NE LAISSER PAS LE 5G DETRUIRE VOTRE ADN Protéger toute votre famille avec les appareils Quantiques Orgo-Life®

  Publicité par Adpathway

Le 15 mai 1960 était présenté en compétition à la 13e édition du Festival de Cannes L’avventura de Michelangelo Antonioni. Devant ce drame austère en noir et blanc, composé de longs plans-séquences statiques, de regards silencieux et de non-dits pesants, les spectateurs se sont mis à glousser dès les premières images pour finalement pousser de longues huées. Le cinéaste italien a quitté la salle, tandis que l’actrice principale, Monica Vitti, a éclaté en sanglots. « Nous avions tous cru en ce film et tout s’effondrait, avec tous ces gens qui riaient, dans cette salle mondaine », a-t-elle confié par la suite.

En guise de consolation, L’avventura reçut un Prix du jury vantant sa « remarquable contribution à la recherche d’un nouveau langage cinématographique ». Aujourd’hui, le film est considéré comme un intouchable du 7e art, enseigné dans les cours de cinéma aux quatre coins du globe. Il figure d’ailleurs en 72e position au palmarès Sight & Sound, référence absolue de la cinéphilie mondiale. Ces sifflets cannois, devenus l’un des plus fameux scandales de l’histoire du festival, appartiennent désormais à la légende du chef-d’œuvre d’Antonioni, qui fut manifestement trop avant-gardiste pour son époque.

Présenté vendredi soir, L’aventure rêvée de la réalisatrice allemande Valeska Grisebach est en quelque sorte le cousin spirituel de L’avventura (on note d’entrée de jeu la similitude entre les deux titres). Comme chez Antonioni, un personnage central disparaît au terme du premier acte. Les films partagent par ailleurs une mise en récit opaque et l’absence de musique. Mais Grisebach va encore plus loin dans le dépouillement stylistique : pas d’éclairages artificiels ni de maquillage. Sans compter le recours à des acteurs non professionnels, dont plusieurs gueules burinées susceptibles d’intimider un public peu habitué au cinéma d’art et essai.

L’héroïne de L’aventure rêvée, Veska Zhitarova, est une archéologue travaillant sur le site de la forteresse de Matochina, en Bulgarie, tout près de la frontière turco-grecque. Une région venteuse, aride, peuplée de maraudeurs, et qui fut envahie par les peuples barbares à l’aube du Moyen Âge. Grisebach dépeint avec une acuité rare ce monde imprégné d’une nostalgie post-soviétique douce-amère, rythmée par des soirées interminables dans des cours arrière mal éclairées, infusées de rakija et de blagues salaces.

Seule contre tous

Au cours d’une conversation nocturne, Veska révèle que son personnage fétiche est justement Conan le Barbare. « Tu es une femme virile », lui lance plus tard le chef mafieux local, Ilya, un homme avec qui elle a entretenu une relation trouble ayant laissé des traces indélébiles. Se retrouvant souvent seule face à des mâles balkans frustes et libidineux, Veska ne se laisse pas faire. Et gare à celui qui confondrait son sourire quasi perpétuel — véritable outil d’autodéfense, au même titre que le pistolet Zastava dissimulé dans sa boîte à gants — avec une invitation.

Le renversement, ou du moins l’harmonisation, du rapport de force entre hommes et femmes traverse le film avec subtilité et ténacité. Il s’installe rarement par la confrontation directe, mais plutôt au gré de petites victoires, comme lorsque Veska saisit l’occasion de mener avec des consœurs une opération de trafic de carburant, prenant le volant d’un camion-citerne, au grand désarroi d’Ilya.

Petit à petit, on comprend que le retour de Veska dans la région ne tient pas tant à l’archéologie qu’au besoin de fouiller son propre passé, qu’elle est bien décidée à ne pas répéter. Cette résolution se manifeste symboliquement lorsqu’elle prend sous son aile une adolescente qui lui renvoie l’image de ce qu’elle fut. « Toutes les expériences ne méritent pas nécessairement d’être vécues », explique-t-elle, l’air pensif, à sa jeune protégée, qui fréquente les cercles de gangsters.

Délibérément énigmatique, le récit prend la forme d’un « polar à l’envers », pour reprendre la description qu’avait formulée Antonioni au sujet de L’avventura. Et si L’aventure rêvée n’a pas été huée comme le fut son aîné, le film n’a certainement pas fait l’unanimité non plus. Une bonne douzaine de journalistes ont quitté la salle au cours des quelque trois heures qu’a duré la projection — un record en cette 79e édition. À noter que ces protestations silencieuses sont peut-être moins la faute au film lui-même qu’au moment choisi pour le projeter.

On se demande en effet pourquoi Thierry Frémaux, le délégué général du festival, a décidé de programmer cette œuvre aussi puissante qu’exigeante au dernier jour du marathon cannois, en tandem avec Histoires de la nuit de Léa Mysius, un thriller bancal mettant en vedette Monica Bellucci dans le rôle d’une artiste peintre glaciale et Benoît Magimel dans celui d’un criminel cabotin.

Ce témoignage sur le réseau social X du critique américain Brian Tallerico, qui prend soin de ne pas identifier L’aventure rêvée pour cause d’embargo, résume parfaitement les circonstances peu propices à la réception d’une telle œuvre. « J’ai abandonné un film qui m’endormait tellement que je savais que je ne pourrais pas vraiment en parler. Voilà ce qui arrive le 11e jour à Cannes. »

Espérons que le jury de Park Chan-wook était bien reposé. Parce que dans un monde juste, Valeska Grisebach deviendra samedi soir la quatrième femme de l’histoire du festival — après Jane Campion, Julia Ducournau et Justine Triet — à décrocher la Palme d’or.


Jozef Siroka est à Cannes à l’invitation du festival et grâce au soutien de Téléfilm Canada.

read-entire-article

         

        

Une nouvelle Vibration dans le Monde entier avec les Franchise Medbed Quantique®!  

Protéger toute votre famille avec la technologie Orgo-Life®

  Advertising by Adpathway