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Après avoir annoncé en 2023 la cessation de ses entraînements à Suffield, l’armée britannique s’apprête à faire son retour dans cette base militaire du sud de l'Alberta durant les mois de juin et juillet 2026.
Ce sera pour s’exercer à l’utilisation des drones de haute technologie, en compagnie d'entreprises spécialisées dans ces engins volants sans pilote.
C’est le ministère de la Défense britannique qui l’a indiqué, sans préciser le nombre de soldats qui prendront part à ces manœuvres.
Au printemps prochain, la Grande-Bretagne devrait publier ses projets à long terme au sujet de l’utilisation qu’elle compte faire de la base militaire de Suffield.

Compte tenu des nouvelles tendances observées en Ukraine, la Grande-Bretagne veut préparer son armée à l'évolution des tactiques de combat, dont la technologie des drones.
Photo : Associated Press
En janvier dernier, le secrétaire d'État à la Défense britannique a indiqué devant le Parlement que l’utilisation future de ce champ de tir dépendrait d'un examen approfondi des priorités d'investissement qui seront présentées au printemps prochain.
Le plan actuel consiste à créer un « centre d'excellence pour les essais et l'expérimentation dans les domaines des systèmes aériens sans équipage, des contre-systèmes d'observation aérienne, des essaims de systèmes d'aéronefs sans équipage et des tests de guerre électronique », a-t-il précisé.
L’objectif est de préparer l'armée de Sa Majesté à l'évolution des tactiques de combat, dont la technologie des drones, compte tenu des nouvelles tendances observées dans la guerre entre la Russie et l'Ukraine.

La base de Suffield accueille par ailleurs des formations sur les agents biologiques et chimiques ainsi que des formations pour les hélicoptères des forces armées américaines. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Radja Mahamba
Un laboratoire de drones de combat
Située à 260 kilomètres à l'est de Calgary, sur une superficie de près de 2700 kilomètres carrés, la base militaire de Suffield est le plus grand centre d’entraînement du Canada. Elle fait plus de deux fois la taille de New York.
Cela en fait un lieu idéal pour tout type d’entraînements militaires et notamment pour des exercices de vol de drones.
En juin 2024, le ministère de la Défense nationale du Canada avait ouvert la base à des entreprises pour qu’elles testent leur technologie de détection et d’élimination des drones.
Le Ministère prévoit d’organiser un autre concours de ce genre pour les concepteurs de ces engins, durant l’automne prochain.

La base de Suffield a accueilli en 2024 des entreprises pour qu'elles testent leur technologie de détection et d’élimination des drones. (Photo d'archives)
Photo : DRDC/DND
Pour sa part, le gouvernement albertain considère que Suffield pourrait constituer un point d'ancrage dans ses projets visant à attirer les investissements dans l'aérospatiale et la défense en Alberta.
C’est ce qu’a indiqué Justin Wright, député provincial de Cypress-Medicine Hat, expliquant qu’il y a beaucoup à faire dans le domaine des drones, qui donne plus de poids au secteur de la défense.
Spencer Fraser, un concepteur de drones de la région, a créé la Canadian Target Alliance, afin de promouvoir les engins produits au Canada.
Intervenant en 2025 à l’émission The National, sur CBC, il avait affiché ses ambitions : maintenir au Canada les centaines de millions de dollars que le gouvernement fédéral dépense chaque année en achetant des drones militaires aux États-Unis et en Europe.
Et cela semble tomber à pic, car Ottawa a récemment lancé une nouvelle stratégie d'approvisionnement en matière de défense, qui vise notamment à renforcer les chaînes d'approvisionnement nationales et les entreprises canadiennes.
Spencer Fraser estime que cette initiative pourrait jeter les bases d'un pôle du secteur de la défense dans le sud de l'Alberta.

La base militaire de Suffield est située à 260 kilomètres à l'est de Calgary. (Photo d'archives)
Photo : La Presse canadienne / Jeff McIntosh
La région esquisse un sourire
Depuis le début des années 1970, l’armée britannique envoie des milliers de soldats à la base de Suffield, qu’elle exploite conjointement avec les Forces canadiennes, dans le cadre d'une série d'accords.
En 2020, en raison de la pandémie de COVID-19, elle y a interrompu les entraînements de ses soldats, puis les a annulés, avant de les déplacer finalement vers l'Europe de l'Est.
En 2023, le ministère de la Défense britannique avait annoncé l'arrêt des entraînements de ses forces armées à Suffield pour une durée d’au moins deux ans.
Cette annonce avait eu l’effet d’une douche froide pour les bars et les hôtels de la région de Medicine Hat, qui accueillaient les soldats en permission durant les fins de semaine.
Le choc a été d’autant plus dur à accepter que la région connaît une croissance économique et démographique lente depuis l'effondrement du secteur du gaz naturel, il y a 15 ans.
Selena McLean-Moore, directrice du bureau de développement économique de Medicine Hat, espère que le retour des soldats britanniques permettra de redynamiser l’économie locale.
Avec les informations de Collin Gallant


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