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Depuis la capture du président Nicolás Maduro le 3 janvier, le Venezuela est tiraillé entre l’envie d’avancer et l’impossibilité de sortir du régime actuellement en place à Caracas.

VALERIE MACON / AFP
L’acteur vénézuélien Édgar Ramírez, ici en septembre 2025, lors d’une soirée Golden Globes au Toronto International Film Festival.
EN BREF • Édgar Ramírez exprime des sentiments ambivalents après la capture de Nicolás Maduro, mêlant soulagement, peur et incertitude quant à l’avenir politique du Venezuela.
• Malgré la chute de Maduro, la dictature persiste avec Delcy Rodríguez à la présidence par intérim, sans changement fondamental.
• Ramírez, impliqué dans le film It Would Be Night in Caracas, souligne la crise humanitaire et l’instabilité persistante au Venezuela.
Sentiments partagés. Acteur vénézuélien d’envergure et star hollywoodienne, Édgar Ramírez connaît bien la situation politique dans son pays d’origine. Au point d’avoir incarné le terroriste vénézuélien Carlos au cinéma, devant la caméra du Français Olivier Assayas.
L’acteur de 48 ans a été invité à revenir sur les conséquences de l’opération américaine pour capturer le dirigeant Nicolás Maduro afin de le traduire en justice sur le sol américain. Une situation surréaliste survenue le 3 janvier qui semble tirailler le comédien césarisé en 2011.
Auprès du Hollywood Reporter ce mardi 13 janvier, Édgar Ramírez confie les sentiments ambivalents qui le traversent depuis le début de l’année : « Pour l’instant, je ressens du soulagement, mais aussi de l’excitation, de la peur et de l’épuisement ».
« Il y a un sentiment de soulagement à l’idée que ce terrible dictateur ait été destitué. Mais l’incertitude règne. Ce que les gens doivent comprendre, c’est qu’il n’existe aucune solution viable pour le Venezuela. Il faut choisir entre le mal et le pire », estime-t-il.
S’il est facile de comprendre pourquoi une partie de la population vénézuélienne se réjouit du départ forcé de Nicolás Maduro, l’avenir politique de Caracas reste très incertain, comme le souligne le comédien aperçu dans Zero Dark Thirty, le remake de Point Break ou Emilia Pérez. « La dictature est toujours au pouvoir », avance-t-il. Il faut dire que l’opération militaire américaine a peut-être fait chuter Nicolás Maduro, mais elle n’a pas fondamentalement bouleversé l’équilibre politique du Venezuela.
« C’est la réalité du Venezuela depuis 25 ans »
Preuve en est avec la décision de Donald Trump de mettre à l’écart l’opposante politique María Corina Machado, lauréate en 2025 du prix Nobel de la paix pour son combat contre le pouvoir en place. Pour l’heure, c’est la vice-présidente de Nicolás Maduro, Delcy Rodríguez, qui occupe la présidence par intérim du Venezuela.
Mais les problèmes vénézuéliens résonnent encore plus personnellement pour Édgar Ramírez. En cause ? Sa position de producteur de It Would Be Night in Caracas. Un film présenté à la dernière Mostra de Venise − encore sans date de sortie en France − qui évoque à travers un drame personnel les violentes manifestations survenues en 2017 dans la capitale. Une instabilité qui fait forcément écho au départ de Nicolás Maduro.
« Le film nous montre ce que c’est que de se réveiller dans un pays qu’on ne reconnaît plus », explique celui qui porte à bout de bras ce projet, au point d’avoir contribué à l’acquisition des droits du roman d’origine et d’y apparaître dans un petit rôle à l’écran. « Il n’y a ni nourriture, ni médicaments, ni avenir. C’est la réalité du Venezuela depuis 25 ans. Un Vénézuélien sur quatre a quitté le pays. C’est du jamais vu. Le film montre ce que font les gens, les gens ordinaires, lorsqu’ils sont acculés face à une situation impossible et contraints à un choix impossible. C’est la tragédie du totalitarisme, où tout le tissu social est déchiré. »


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