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International 14/01/2026 12:08 Actualisé le 14/01/2026 12:13
Dans le pays, cette accusation est passible de la peine de mort. L’exécution d’un manifestant poursuivi pour ce chef pourrait avoir lieu ce mercredi.

SEBASTIAN GOLLNOW / dpa Picture-Alliance via AFP
Une manifestation en soutien aux Iraniens, à Berlin, en janvier 2026.
EN BREF • En Iran, l’accusation de « moharebeh » ou « ennemi de Dieu », est passible de la peine de mort, suscitant des craintes d’exécutions massives.
• Amnesty International et d’autres ONG alertent sur l’exécution possible, ce mercredi, d’Erfan Soltani, un manifestant de 26 ans.
• Les États-Unis menacent de réagir fortement si l’Iran procède à ces exécutions.
Des déclarations publiques jugées « extrêmement préoccupantes » par l’ONU. Ce mardi 13 janvier, le parquet iranien a annoncé qu’un nombre indéterminé de manifestants seraient poursuivis pour « moharebeh », un mot qui pourrait se traduire en français par « guerre contre Dieu », ou « ennemi de Dieu ». Il s’agit de l’un des chefs d’accusation les plus graves en Iran, passible de la peine de mort.
Selon les spécialistes du droit iranien et des militants contre la peine de mort dans le monde, ce chef d’accusation découle de la charia, la loi islamique, mais il est surtout un fourre-tout législatif sujet aux interprétations. De quoi en faire une arme redoutable puisqu’il peut même viser quelqu’un qui a été arrêté pour avoir bloqué une route.
« Du point de vue du régime de la République islamique d’Iran, qui se considère comme la représentation de Dieu sur Terre, s’il y a un mouvement, un groupe ou un individu qui veut changer ce régime, ils font déjà guerre contre Dieu et sont donc automatiquement accusés de mohabereh », expliquait il y a quelques années le rédacteur en chef du service persan de la BBC.
Le « moharebeh » est d’ailleurs spécifique au Code pénal iranien, puisqu’on ne le « retrouve pas, par exemple, dans le Code pénal saoudien », signalait à Ouest-France Raphaël Chenuil-Hazan, président d’Ensemble contre la peine de mort (ECPM). Ce chef d’accusation a, selon une avocate toujours citée par le quotidien régional, été particulièrement utilisé à la fin des années 70 pour exécuter les opposants au nouveau régime.
Lequel ne s’est pas arrêté depuis. L’Iran est deuxième au classement mondial en nombre d’exécutions après la Chine, selon des ONG : en 2025, le pays a exécuté au moins 1 500 condamnés à mort, dénombre l’organisation Iran Human Rights (IHR). Douze personnes avaient été exécutées lors de la dernière grande vague de manifestations entre 2022 et 2023, d’après cette ONG basée en Norvège. Et douze autres ont été exécutées pour espionnage au profit d’Israël, depuis la guerre de juin entre les deux pays ennemis.
Une première exécution possiblement ce mercredi
Alors que des centaines, voire des milliers de personnes ont été tuées ces dernières semaines en Iran dans la répression, Amnesty International et d’autres ONG ont dit avoir des informations sur l’exécution prévue d’un premier manifestant ce mercredi, Erfan Soltani, âgé d’une vingtaine d’années.
Des informations également avancées par la diplomatie américaine. « Plus de 10 600 manifestants ont été arrêtés (...) Erfan Soltani, 26 ans, dont l’exécution a été programmée pour le 14 janvier, est l’un d’eux », a écrit le département d’État dans un message en farsi sur X. Amnesty a demandé à l’Iran de « surseoir immédiatement à toutes les exécutions, y compris celle d’Erfan Soltani ».
Selon l’ONG Hengaw, les autorités iraniennes ont informé sa famille que son exécution était prévue pour mercredi et qu’elle serait autorisée à lui rendre une dernière et brève visite avant. Le jeune homme aurait été également privé d’avocat. « L’imposition et la planification de l’exécution d’une peine de mort dans des conditions où l’accusé est privé d’avocat, d’une défense effective et d’un procès indépendant et impartial, s’apparentent à une exécution extrajudiciaire », a également dénoncé dans un communiqué Hengaw.
Donald Trump a assuré que les États-Unis agiraient « de manière très forte » si les autorités iraniennes commençaient à exécuter des personnes arrêtées lors des manifestations mais Téhéran, de son côté, accuse Washington de chercher un « prétexte » en vue d’une intervention militaire pour faire tomber le pouvoir.


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