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Alors que l’Iran impose un black-out numérique total pour étouffer la contestation, Starlink a rendu son service gratuit dans le pays. Une bouffée d’oxygène pour les terminaux clandestins déjà sur place, mais qui tranche par la discrétion autour de la manœuvre : contrairement au Venezuela, Elon Musk a cette fois choisi d’agir sans faire de bruit.
C’est une discrétion qui tranche singulièrement avec le cas vénézuélien. Dans le sillage de l’assaut militaire américain à Caracas, destiné à capturer le président Nicolas Maduro, Starlink a médiatisé sa décision d’ouvrir son accès Internet au pays. Et Elon Musk, le propriétaire du service, n’a pas non plus tardé à en parler.
Mais dans le cas de l’Iran, où se déroulent d’importantes manifestations, c’est silence radio. Pourtant, il apparaît que le fournisseur d’accès américain n’est pas inactif : dans son édition du 13 janvier 2026, Bloomberg signale que Starlink a fini par autoriser la population iranienne à se connecter à son réseau, via les terminaux circulant clandestinement dans le pays.
Selon l’ONG Holistic Resilience citée par le média, cette activation se fait à titre gracieux : en supprimant les frais d’abonnement, Starlink permet l’utilisation immédiate de kits qui ne pouvaient de toute façon pas être payés depuis l’Iran.
Un black-out du net qui dure depuis des jours en Iran
L’implication de Starlink en Iran était déjà évoquée ces jours-ci. Des rapports de mi-janvier indiquent d’ailleurs que Téhéran s’efforce de contrer ces liaisons Internet irrégulières, car Starlink n’opère pas officiellement dans le pays. En riposte, des mesures de brouillage ont été évoquées pour entraver les signaux, potentiellement avec l’aide de la Russie.
Cette ouverture s’inscrit alors que le régime a décidé de couper Internet dans tout le pays. Selon l’ONG NetBlocks, qui fournit un observatoire sur les restrictions d’accès en ligne, cela fait une semaine que l’Iran est dans un black-out numérique. L’effondrement de la connectivité a aussi été mesuré par Cloudflare, l’un des géants des réseaux.
Sur les réseaux sociaux, Starlink n’a jamais évoqué l’Iran sur son compte X. Quant à Elon Musk, l’intéressé, pourtant si prompt à s’exprimer souvent et sur une vaste étendue de sujets, fait preuve d’une réserve notable. La plus récente évocation de l’Iran sur X remonte à janvier 2025. Et en 2022, il disait vouloir fournir le service dans le pays.

Compte tenu des relations très dégradées entre Washington et Téhéran, et de l’embargo commercial américain, la décision d’ouvrir Starlink ne s’est sans doute pas déroulée sans l’assentiment de la Maison-Blanche. Donald Trump a récemment pris fait et cause pour les protestataires iraniens, tout en assurant que « l’aide est en route », sans plus de précision.
Avec des milliers de satellites en orbite terrestre basse, Starlink a largement de quoi couvrir l’Iran. Cependant, il ne suffit pas de survoler le pays pour que la connexion Internet arrive. Il faut également des terminaux au sol pour que la liaison puisse être établie — et, donc, les faire rentrer en contrebande, ce que le régime cherche à empêcher.
Toutefois, la base installée est loin d’être négligeable : on estime qu’environ 50 000 terminaux sont déjà disséminés sur le territoire.
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